05.03.2012

Librairie Le Divan (203 rue de la convention Paris XV°)

Il se passe un truc dans cette librairie, inexplicable, la tentation est partout, tout est bonne surprise, j'ai noté une liste de titres d'un longueur indécente et pire, je n'ai pas pu repartir les mains vides, mais alors là, pas vides du tout (oups). Grande, spacieuse, ouverte pratiquement tout le temps (de 10 h à 20 h du lundi au samedi et de 10 h à 13h30 le dimanche), la librairie Le Divan crépite de bonne humeur et donne envie d'y passer des heures.

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Ils aiment Daniel Pennac !

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La boutique est profonde, le rayon littérature française important (très grand rayon poésie également !) et sur les côtés de petits escaliers mènent aux coins littérature étrangère / polars / SF-Fantastique-Fantasy sur la gauche, BD / Mangas sur la droite; derrière les caisses, un mur de Pléiades. Et des livres partout, un espace "coups de coeur", des petits mot sur un tas d'ouvrages. Résister est illusoire, on trouve réellement son bonheur dans ces lieux.

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(Nombre de rencontres également organisées en ces lieux, consulter leur site ! (Nanti de meilleures photos...))

20.10.2011

Message personnel : Chiff, on est JEUDI.

J'ai vu Jacques Weber sur scène dans "Eclats de vie" et j'ai admiré un acteur d'exception. Pas super fan à la base, je reconnais avoir lutté quelques petites fois contre une torpeur costaude, j'étais à deux doigts de piquer du nez sérieusement, la faute à l'heure tardive, le fauteuil moelleux et la mise en lumière tout en ombres, mais rassurez-vous, j'en ai honte. Le spectacle, rythmé, souvent drôle, et débordant de citations diverses et de grands textes, se termine par un moment magique et un grand éclat de rire : les Stances à Marquise de Corneille. Il faut assister de ses yeux à la transformation de Jacques Weber en vieillard cacochyme, et l'éclat malicieux avec lequel il jette la stance finale, signée Tristan Bernard :))

 

Stances à Marquise

Marquise si mon visage
A quelques traits un peu vieux,
Souvenez-vous qu'à mon âge
Vous ne vaudrez guère mieux.

Le temps aux plus belles choses
Se plaît à faire un affront,
Et saura faner vos roses
Comme il a ridé mon front.

Le même cours des planètes
Règle nos jours et nos nuits
On m'a vu ce que vous êtes
Vous serez ce que je suis.

Cependant j'ai quelques charmes
Qui sont assez éclatants
Pour n'avoir pas trop d'alarmes
De ces ravages du temps.
Vous en avez qu'on adore;
Mais ceux que vous méprisez
Pourraient bien durer encore
Quand ceux-là seront usés.

Ils pourront sauver la gloire
Des yeux qui me semblent doux,
Et dans mille ans faire croire
Ce qu'il me plaira de vous.

Chez cette race nouvelle,
Où j'aurai quelque crédit,
Vous ne passerez pour belle
Qu'autant que je l'aurai dit.

Pensez-y, belle Marquise.
Quoiqu'un grison fasse effroi,
Il vaut bien qu'on le courtise,
Quand il est fait comme moi.


******

Peut-être que je serai vieille,
Répond Marquise, cependant
J'ai vingt-six ans, mon vieux Corneille,
Et je t'emmerde en attendant.

10.04.2011

Les cafeteurs sont aussi nombreux que les cocus sur la terre et cela doit expliquer bien des drames

Philippe Langon, à cinquante-sept ans, est devenu récemment un personnage médiatique. D'abord étonné desde bondt.jpg réactions à son essai polémique "L'Etat providence", cet universitaire aux idées libérales a fini par considérer sa popularité comme normale, et la savoure. Père de famille et même grand-père, il a un physique banal, quelques kilos en trop, les tempes grisonnantes, ne sait pas s'habiller. Il aime toujours sa femme, comme quelqu'un sur qui il sait pouvoir compter inconditionnellement, leur couple est sexuellement inactif (ou tout comme) depuis des années. Déboule Léna, vingt-huit ans. Coup de foudre pour lui, elle est flattée. Débute alors une liaison dans laquelle Philippe risque de perdre beaucoup...

Contrairement à ce que mon titre (citation) pourrait laisser entendre (c'est juste que je l'aime bien, cette citation) (cafeteurs de tous pays, et surtout les adeptes du "c'est pour ton bien", songez-donc à la fermer un peu, merci), la tonalité de ce roman n'est pas au clash. On suit le cheminement intérieur de Philippe, on tâtonne à ses côtés, et il est plein de candeur, n'étant pas un habitué des coups de canif au contrat. Il pourrait être le père de Léna, il en est l'amant. Elle pourrait être une profiteuse, elle est attendrie. Mais le décalage entre eux ne fera que grandir, jamais vraiment sur la même longueur d'onde.

Et ce que perd Philippe, au fond, c'est surtout sa tranquilité intérieure, la possibilité de réfléchir vraiment. Je n'ai pas eu l'impression qu'il était brillant à la base, les sentiments (qui évoluent) qu'il éprouve le fourvoient, au moins dans sa façon d'exprimer ses idées. La vie n'est pas tendre pour les petits garçons, quel que soit leur âge.

Entre ce roman et moi rien ne s'est passé, il fait partie de ceux qui ne me laissent aucune impression finale, et je n'aime pas très beaucoup ça. Mais concrètement, je n'ai rien à lui reprocher non plus, il n'est ni plat ni mal construit. Juste pas tellement mon truc. Le vôtre, peut-être ? Il faut essayer pour savoir :)

 

Un délicieux naufrage - Frank de Bondt

Buchet-Chastel 2011, 282 p.