19.12.2009

La chambre close - Maj Sjöwall & Per Wahlöö

Ce n'est pas le premier opus de la série mais ce n'est pas grave, c'est un vrai plaisir de découvrir ce duo d'auteurs suédois qui ont été les précurseurs du polar nordique tellement à la mode actuellement. En préface, Michael Connolly nous assure qu'on ne va pas le lâcher et il dit vrai.

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Le héros s'appelle Martin Beck, c'est un enquêteur d'une cinquantaine d'années qui reprend le boulot après avoir été salement blessé dans une affaire précédente, et par sa faute, apparemment. Il se sent mal, comme emprisonnée dans sa propre chambre close mentale. L'affaire qu'on lui confie est destinée à une reprise en douceur, de quoi gamberger assis tranquillement à son bureau, le classique cas d'un mort dans une pièce fermée de l'intérieur. En parallèle, ses collègues sont très focalisés sur les hold-up.

Nous sommes dans les années 1970 à Stockholm, et c'est une société totalement inopérante qui nous est décrite. Les policiers sont bêtes à bouffer du foin, occasionnant quelques scènes véritablement burlesques, les habitants n'ont d'autre choix que d'émiger ou de se suicider. Pour ceux qui ne peuvent faire ni l'un ni l'autre, la vie est dure, sombre, injuste.

L'opposition entre l'humour et la noirceur renforce encore l'effet addictif aux pages, et Martin Beck se sort avec brio de tout ceci. Ni un superman ni un bas du front, c'est quelqu'un qui se débat dans une époque, et il est très doux, en sa compagnie, de faire connaissance avec Rhéa.

J'ai hâte de me procurer d'autres enquêtes !

 

 

Ed. 10-18 1987 & Payot & Rivages 2009, 413 p.

Traduit du suédois par Philippe Bouquet

Titre original : Det Slutna rummet