29.07.2010
L'Hystéricon - Christophe Bigot
Jason a une grand-mère qui a une demeure sur une presque-île, il invite quelques amis de fac à y
passer un week-end, ils se retrouvent coincés pour 10 jours en plein blocage social de la France. Ils ne se connaissent pas très bien, s'entendent encore moins, et instaurent un jeu : chaque soir, à tour de rôle, ils doivent raconter une histoire vraie et incroyable, suivie d'un débat collectif.
Dès le départ, l'auteur installe l'ambiance sur les bases de la démonstration, énonçant ses paramètres avec une distance ironique : les personnages sont volontairement caricaturaux, les évènements des archétypes : on repassera pour l'immersion.
"Et maintenant, alors que le brasier révolutionnaire s'allumait un peu partout, il vivait dans un palace à l'écart du monde, avec des dégénérés qui pratiquaient le fouillage de merde et l'enculage de mouches le plus futile, nappant le tout de références à Boccace et à Molière pour tenter de se justifier."
On peut voir les choses comme ça, à l'instar d'un personnage. Pourtant on se laisse faire jusqu'au bout, parce qu'au fond c'est tout ce qu'on demande, qu'on nous raconte des histoires, et dix récits explorant plusieurs genres (gothique, policier, conte de fées, confession intime...) enrobés du mouvement des relations ancillaires entres nos prisonniers d'un temps n'est pas pour nous déplaire.
"S'inspirant des recueils de nouvelles de la Renaissance, comme L'Heptaméron de Marguerite de Navarre, L'Hystéricon célèbre l'art du récit."
Certes. Encore eût-il prévalu que les personnages aient suffisamment de consistance pour s'incarner dans leur rôle, et que leurs histoires soient parfois moins maladroites, ou plus intéressantes...
Ed. Gallimard, 2010, 467 p.
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