02.11.2006

Se non è vero, è ben trovato


Laurence DeflassieuxD’excellente famille

Seuil, 2004

 

1964 – 1989
De leurs quatorze ans aux trente-neuf où nous les quittons, à regret, les jumelles Fiona et Suzanne s’échangent des lettres. Bien nées, ces demoiselles n’en ont pas pour autant leur langue dans la poche, et leur petit monde décrit par le bout de la lorgnette le plus irrévérencieux est un régal à parcourir !
On commence par des vacances d’été. Les frangins ont été envoyés en Ecosse, chez un ami de la famille, (ah, son français !! « Si délicieux. Réellement. »), nantis d’une feuille de route à respecter. Or, si Octave tient la ligne dans une rigidité toute personnelle, Marc-Aurèle déploie ses charmes et son tempérament de jouisseur.

D’années en années, la fratrie se délie, s’invective, et se tient les coudes, dans des situations de plus en plus problématiques.

C’est hilarant, tordant, méchant, persifleur, extrêmement maitrisé et sensationnel.

D’autres intervenants prennent sporadiquement la plume, pour éclairer certains angles de leurs opinions toujours… surprenantes.
Les quelques lettres de la tante Berthe contiennent des à peu près croquignolets qui font son charme, et des exagérations si archaïques qu’elles en ont impayables. Ainsi, au lendemain de l’élection de 1981 se prépare-t-elle à « vivre en otarie » avec moult provisions pour tenir un siège…

Sans oublier les petites citations qui rythment les époques, toutes parfaites !

« Non seulement Jésus était le Fils de Dieu, mais il était d’excellente famille du côté de sa mère. » Mgr Hyacinthe Louis de Quelen, archevêque de Paris (1821-1839)

« Personnellement, j’ai beaucoup d’admiration pour la stupidité. Une sorte de sympathie, je suppose. » Oscar Wilde

Mais ne croyez pas pour autant vous plonger seulement dans une moquerie acerbe de l’aristocratie : la peinture est superbement réussie parce qu’elle est aussi pleine de tendresse.

Un coup de cœur.

293 p.

 

 

L‘avis d’Agapanthe