31.10.2010
Rien de grand, rien de noble, juste la réalité de la quête
Nous sommes dans un monde de ténèbres, au sens propre comme au figuré (il fait nuit tout le temps et on croit que la terre est plate, en gros). Des enfants sont "formés" et envoyés à intervalles réguliers depuis des lustres "en quête" : il leur incombe de trouver la lumière. C'est à la fois très simple et très compliqué, car il semblerait que l'obscurantisme ait été finalement voulu et tout le monde ne cesse de dire ou de faire des trucs insensés au nom du Seigneur : l'extrêmisme religieux à son paroxysme.
Voici un roman de Fantasy bien costaud, qui m'a grandement emportée entre ses pages. Nous évoluons au milieu d'êtres physiquement monstrueux, bébés qui naissent avec une tête de rat ou prince héritier à la tête de chèvre sur un corps difforme, plein d'articulations mal placées et de veines protubérantes. D'autres sont d'une beauté apparente irréelle mais ruminent un fondamentalisme religieux sectaire. Tous évoluent dans les chemins subtils du dit, du non-dit, du sous-entendu, du possiblement pensé, des menaces transversales, du court et du long-terme, des alliances d'une seconde et des rancoeurs d'une vie.
Et ça fonctionne, ma foi, ça roule même du feu de Dieu (hu hu hu), par la grâce de personnages principaux fascinants bien ancrés dans les rouages du genre. Ici on se bat pour survivre, pour comprendre, on compte avec des interventions surnaturelles et on se fait dézinguer sans merci.
Quelque peu haletant, même.
Dehors les chiens, les infidèles - Maïa Mazaurette
Ed. Mnémos 2008 & Folio SF 2010, 443 p.
17:24 Publié dans Livres : Pourquoi pas | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : fantasy, batailles, intrigues, trahisons, soif de pouvoir, tout ça tout ça |
23.10.2010
Homicide par pelle à tarte
"Le courage claquait discrètement des dents à l'arrière-plan et elle n'avait que le recours, bien plus creux, de l'audace..."
Elle a 16 ans, elle s'appelle My (Mydria), elle est tellement belle qu'on ne sait pas exactement où commence la lumière du soleil et où finissent ses cheveux. Elle croit qu'elle est une jeune fille de bonne famille qui arrivera à la cour en intriguant. Or elle est l'héritière d'une dynastie renversée depuis des siècles, le trône lui revient de droit.
Par une mystérieuse lettre qui apparaît un jour cachée dans le bec d'un non moins étrange sifflet (et qui lui apprend qu'elle possède un don...), elle se lance à son corps défendant dans une quête : l'inaccessible île contenant le trésor des Darcer...
L'auteur est toute jeunette, et en commençant ce roman j'étais assez incrédule. Le tout est tellement maîtrisé et réussi que je ne pouvais m'empêcher de douter. Puis j'ai lu ceci :
"Un air étrange envahissait peu à peu toute sa figure, quelque chose entre les larmes et le flétrissement. Malgré sa chevelure sans fils blancs, son teint rehaussé par la poudre, tous ces artifices qui avaient fini par faire partie d'elle, sa mère se révélait lentement telle qu'elle était. Une femme de quarante ans, que l'âge commençait à faner tout autant qu'une tristesse vague et douce."
Ok, elle a 18 ans :/
Au rayon moqueries, j'ai noté aussi ce moment où tout va mal, super mal, c'est l'horreur, My est perdue, désespérée, tout ça, et elle s'écrie : "Flûte, mais ce n'est pas vrai !"... Et une couverture révélant ce qu'on n'apprend que page 127, dommage (tiens d'ailleurs je ne la montre pas).
Mais tout ceci est détail, alors que c'est un vrai bon roman de Fantasy qui nous est ici offert. De facture classique (quête, épreuves, énigme, monstre, batailles, magie), il est prenant et distille de jolies valeurs morales. L'Aventure n'est pas absente, et une histoire d'amour se fraye lentement un chemin, on ne décroche à aucun moment. Il n'est pas publié en Jeunesse, mais peut être lu dès 12 ans sans problèmes.
L'épilogue appelle évidemment une suite, que je lirai avec plaisir.
L'héritage des Darcer - Marie Caillet
Ed. Michel Lafon, 2010, 407 p.
09:55 Publié dans Livres : Pourquoi pas | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note | Tags : fantasy, aventure, quête, obstacles, solidarité, amour, tout, il y a tout dans ce roman, premier roman, d'ailleurs, et c'est vachement bien |
21.04.2009
Roi du Matin, Reine du Jour - Ian McDonald

Que l'Irlande soit magique, on le sait tous plus ou moins. Ce qu'on connaît moins c'est le Mygmus, très difficile à expliquer en quelques mots, et pourtant élément central de ce roman. Disons que les mythes proviennent de l'inconscient collectif, et s'accumulent en un endroit (le Mygmus) que seules certaines personnes sont capables de percevoir (avec des lunettes spéciales, qui offrent une vision des bords des mythes). Quelques très rares autres personnes peuvent interagir avec cet autre monde, et notamment donner incarnation à différents mythes (les phages par exemple) pour leur plus grand effroi...
Trois époques différentes et trois femmes : nous commençons en 1913 par Emily Desmond, puis la génération de sa fille (Jessica Caldwell, un sacré numéro !) et enfin Enye MacColl de nos jours, la petite-fille de Jessica.
Emily vit près du bois de Bridestone, et entend l'appel des lutins et des fées. Par le biais de son journal intime, croisé avec celui de son père, nous sommes pris dans un tourbillon fortement teinté d'humour, des photos attestent sans aucun doute la présence physique de l'Ancien peuple, ceux qui vivent à jamais, à ses côtés. Son père, astronome, se pique de la nature extra-terrestre d'une comète en approche de la terre (ce qui va le discréditer et entraîner sa ruine). Jessica est une jeune fille rebelle et farouche, elle jure comme un charretier et ment en permanence comme un arracheur de dents. Enfin Enye est une jeune femme moderne et bien trempée, adepte des arts martiaux.
Le fil rouge est la psychologie, incarnée en un patricien, proposant une interprétation concrète (le secret d'Enye retentit comme un gong !) ou offrant simplement une alternative au Merveilleux.
C'est un roman profond, fortement teinté de Fantasy mais ne se limitant aucunement à ce genre, qui lace et entrelace son intrigue à l'Irlande et à ses mythes, mais propose également de superbes portraits de la féminité à plusieurs étapes de la vie. C'est beau et impressionnant, d'une maîtrise folle.
Prix Philippe K. Dick et Prix Chimérique ! (Peu décerné, le second ;o))
Ed. Denoël, Collection Lune d'encre, 2009 480 p.
Titre original : King of Morning, Queen of Day (1991)
Traduit de l'anglais (Irlande) par Jean-Pierre Pugi
La critique du Cafard Cosmique, l'avis de Laure.
04:40 Publié dans Livres : Pourquoi pas | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note | Tags : fantasy, de haut niveau, irlande, pouvoir de la féminité |
27.01.2009
La Mallorée - David Eddings
Tome 1. Les Gardiens du Ponant
C'est avec l'enfance de Mission que débute le cycle de La Mallorée, tout comme en son temps Garion était le jeune foufou de La Belgariade. On prend des nouvelles de tout le monde, les différents peuples continuent à intriguer les uns contre les autres, et plein de nouveaux-nés couronnent les unions. Notamment le fils de Garion et Ce'Nedra, dont l'enlèvement lance la nouvelle prophétie (enfin, le changement de couleur de l'orbe l'avait déjà initiée) : une nouvelle quête doit être entreprise, dont l'issue signera l'arrêt définitif des deux destins possibles; que ce soient les ténèbres ou la lumière, celui qui vaincra installera son monde pour le reste des temps (qui est d'ailleurs très étrangement considéré par le genre humain, nous apprend un vieil arbre).
N'en déplaise à Chimère, on s'installe dans ce premier tome en chaussons : tout nous est immédiatement familier, l'humour est peut-être un poil forcé (voir caricatural dans certaines scènes) et il y a abus de petits clichés (les rires cristallins, tout ça) mais tout passe, tant on aime nos personnages.
Ainsi j'ai été ravie de faire la connaissance de Liselle, mes antennes ont vibré à l'unisson de celles de Silk, et j'ai été horrifiée par son traitement lors de l'attaque de Jarviksholm, avant de comprendre, comme nos héros, de quoi il retournait. Ouf, j'avais bondi dans mon siège ! Ravie aussi de retrouver, même très brièvement, les charmants palustres.
Et toujours impatiente de me plonger dans le tome suivant !
Ed. Pocket, 1992, 439 p., 7,70 € Titre original : Guardians of the West
Tome 2. Le roi des Murgos
Ce tome est bouillonnant, riche en action et révélations diverses. C'est la première fois que je renâcle quelque peu, j'ai eu du mal à entrer dedans et puis soudain j'avais englouti les trois quarts et je ne pouvais plus m'arrêter : comme Cheval, je me demande si Eddings ne fait pas effectuer au lecteur quelques cabrioles qui détendent le temps :-D
Alors quels sont les éléments marquants ? Le nom de Mission nous est révélé, Essaïon, et ce n'est que justice : ils ont tous au moins deux noms là-dedans et le pauvrinou se coltinait un surnom depuis le début. Et puis bien sûr arrive ce fabuleux personnage d'Urgit qui détonne, à tout le moins, en roi des Murgos ! De nombreuses scènes ont un traitement quasi cinématographique (ah, voir les différentes espèces matérialisées !) et je m'imaginais celle où le même acteur, évidemment, jouerait les deux rôles, quelque peu grimmé... Car Urgit est le demi-frère d'un de nos compagnons, ce qui lui octroie une agilité mentale bien inconnue chez son peuple :-D
J'ai rêvé de nez frémissants, de langage secret en langue des signes, de semaines sur un bateau qui se terminent par un échouage catastrophe, je crois que je suis totalement, irrémédiablement, et très volontairement, Eddingsisée :-D
Ed. Pocket, 1993, 447 p., 8,10 € Titre original : King of the Murgos
Tome 3. Le Démon Majeur de Karanda
Où nous faisons plus ample connaissance avec les démons, donc. Sont fort peu avenantes, ces bestioles-là. Déjà qu'ils se retournent quasi systématiquement contre la personne qui les a invoqués au moindre relâchement de la concentration, ils essayent en plus de se reproduire avec des humaines et je vous laisse deviner comment se passe l'accouchement... Sinon on rencontre également une belle épidémie de peste, et on se rend compte de plus en plus que cette nouvelle quête menant à la confrontation finale des enfants de Lumière et Ténèbres ressemble belle et bien à la quête de l'orbe : les épisodes s'enchaînent immanquablement dans le même ordre, même s'ils sont fort différents en Mallorée. On nous rappelle de temps en temps que l'un d'entre eux doit mourir pour la réalisation de la prophétie, et je ne cesse de me demander qui sera le malheureux...
Ed. Pocket, 1993, 412 p., 8,10 € Titre original : The Demon Lords of Karanda
Tome 4. La sorcière de Darshiva
"Moi, j'veux rein chavoir d'toutes ches j'hichtoires"
Oh my, il n'y a plus qu'un tome après celui-ci, l'angoisse commence à m'étreindre, d'autant plus que l'on se rapproche de l'affrontement final. Quel plaisir de débuter le tome avec Porenn, que l'on retrouve aussi au chapitre 12, cette petite reine est chère à mon coeur, et la voir s'occuper de Vella me plaît infiniment. Je trouve les personnages féminins beaucoup plus réussis que ces messieurs, qui sont quand même dans leur immense majorité dépeints comme de parfaits benêts (sauf le mirifique Silk...). Et puis c'est très bon aussi de voir les anciens compagnons se creuser la cervelle pour suivre Garion malgré tout, sans gêner la prophétie. Quel plaisir enfin de faire connaissance avec la louve ! A ce stade de lecture, je me doute qu'Essaïon jouera un grand rôle et je regrette qu'il soit mis de côté pour le moment, j'aurais aimé connaître dès à présent le secret de sa sérénité imperturbable !
Ed. Pocket, 1994, 508 p., 7,20 € Titre original : The Sorceress of Darshiva
Tome 5. La Sibylle de Kell
Contrairement à l'épilogue de La Belgariade, ce tome final est construit de manière apaisante, et l'on tourne la dernière page avec un sentiment de sérénité et de plénitude.
Chaque chose se produit ainsi qu'il en avait été décidé de tout temps, l'ultime confrontation est digne, et il nous est accordé de prendre congé individuellement avec chaque personnage qui nous tenait en haleine depuis 10 tomes.
De manière peut-être un peu plus prononcée encore que dans le reste des tomes, on sent une grande nonchalance dans l'humour, ça vanne à tout va, ça ne se prend pas du tout au sérieux.
"- J'ai faim, Garion, et quand j'ai le ventre creux mon cerveau tourne à vide.
- Ce phénomène de vases communicants expliquerait bien des choses, nota platement Beldin. Tu n'as pas dû manger beaucoup quand tu étais plus jeune."
Mention spéciale à Mandorallen dont le langage plein de fioritures m'a enchantée tout du long. Morceau choisi :
"Messire, reprit Mandorallen en tournant sa grande carcasse vers le baron, je Te trouve la silhouette des plus disgracieuses et la face pareille à un derrière de singe. Ta barbe me semble de plus une offense au bon goût, par sa semblance avec certaine bourre scabreuse, plus propre à orner, si l'on ose dire, le postérieur d'un chien bâtard qu'un visage humain. Se pourrait-il que Ta mère ait eu, dans un moment de sauvage lascivité, des rapports avec un bouc de passage ?
[...] Il ôta son gantelet.
La coutume voulait que l'on jette son gantelet à terre, devant son ennemi, pour le défier. Mandorallen rata le sol. Le jeune baron recula en crachant du sang et quelques dents."
Je confesse les yeux qui piquent au moment très précis où Vella remet ses dagues... Et je dois à Polgara la découverte du porridge, aussi étrange que cela paraîsse. J'en avale depuis des bols entiers, tout comme je buvais des litres de tisane en lisant Robin Hobb... De l'influence des cycles de Fantasy sur la vie quotidienne : ils font maigrir ;o)
Bref, un cycle incontournable, à plus d'un titre, des heures délicieuses et souriantes. Merci, David Eddings.
Ed. Pocket, 1994, 446 p., 7,20 €
Titre original : Seeres of Kell
Traduction (USA) de Dominique Haas
(Prochaine étape les 4 tomes relatifs à la jeunesse de Belgarion et Polgara)
05:44 Publié dans Livres : Pourquoi pas | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : fantasy, cycle long, incontournable |
17.01.2009
La Belgariade Tome 5. La fin de partie de l'enchanteur - David Eddings
"Vous avez entendu quelque chose ?
- Je crois que j'ai entendu ramper un ver, mais il ne m'a rien dit de spécial."
Je n'ai pas pu m'empêcher d'éprouver une petite déception avec ce tome achevant le cycle de La Belgariade, malgré l'habileté de David Eddings. Les 3/4 du volume installent une tension croissante, on désespère d'arriver un jour à la confrontation finale, en voyant le nombre de pages s'amenuiser je craignais même qu'elle n'ait pas lieu dans ce cycle. C'est un récit circonstancié de stratégie militaire. Et puis fatalement quand elle arrive, l'attente étant trop grande, elle frustre. Pourtant elle respecte évidemment à la lettre la prophétie, rien à dire, c'est carré, nickel. Mais Torak m'intéressait en tant que personnage, surtout après avoir lu un extrait de son Livre en prologue, c'est fascinant cette façon de tout réinterpréter à l'aune seule de soi-même. La mégalomanie installée comme préalable, couplée à la puissance d'un Dieu : on n'a fatalement pas envie qu'il meure trop vite. Mais bon ! J'ai toujours éprouvé plus de tristesse que d'exultation lors des finales, quelles qu'elles soient.
En route à présent sur les voies de La Mallorée !
Ed. Pocket Fantasy, 1992, 413 p., 8,10 €
Traduit de l'américain par Dominique Haas
Titre original : Enchanter's end game
06:00 Publié dans Livres : Pourquoi pas | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : fantasy, cycle long, incontournable, combat final |
08.01.2009
La Belgariade Tome 4. La Tour des Maléfices - David Eddings
Ah quel tome, les cocos; j'ai senti mes yeux s'étrécir, s'écarquiller, se plisser et même s'embuer : il n'y a pas meilleur public que moi pour qui
sait me bercer de mots enchantés.
L'action avance à grands pas, on fonce, on fonce, et on note tout au passage. La rencontre du poulain et du petit Mission (petit tintement de cloche signifiant lecteur, n'oublie pas cette scène), la cérémonie de remise de l'orbe avec l'éclatante révélation du Roi de Riva (une solennité palpable, de l'émotion qui jaillit hors des pages), la rencontre des palustres (j'ai complètement craqué sur ces petits animaux) et puis Silk :
"Il n'avait jamais réalisé l'importance que Silk avait prise dans sa vie, depuis un an et demi qu'il le connaissait. L'esprit sardonique, l'aplomb démesuré du Drasnien à la tête de fouine constituaient une certitude rassurante. Silk n'était pas dépourvu de travers et de bizarreries. C'était un petit homme tendu comme la corde d'un arc, complexe, mais doté d'un sens de l'humour à toute épreuve et d'une agilité mentale qui les avait tirés de bien des situations désagréables."
*soupirs* Pas loin de l'idéal masculin, nonobstant la tête de fouine !
"- Quelqu'un aurait-il eu l'idée d'emporter à boire ? s'informa-t-il (Silk)
- Vous n'en avez pas eu assez hier ? rétorqua Belgarath.
- C'était pour oublier. Là, c'est pour des raisons thérapeutiques.
- De l'eau ? suggéra Garion
- Garion, j'ai la gorge sèche, pas les pieds sales."
Ceci dit Adara me semble très prometteuse également avec son humour glacial... Ah la la, frottements de mains, j'ai le tome 5 à disposition :-D
Ed. Pocket Fantasy, 1991, 439 p., 8,10 €
Traduit de l'américain par Dominique Haas
Titre original : Castle of Wizardry
(Par contre, mon exemplaire est bourré d'absences de ponctuation, très pénible !)
06:00 Publié dans Livres : Pourquoi pas | Lien permanent | Commentaires (15) | Envoyer cette note | Tags : fantasy, cycle long, incontournable, naissance d'un grand roi, des rires et de l'émotion |
05.01.2009
La Belgariade Tome 3. Le Gambit du Magicien - David Eddings
Ainsi la prophétie était-elle en chemin, et la troupe de compagnons presque au complet : Mandorallen Le Chevalier Protecteur, Silk Le Guide, Barak L'Ours Terrifiant, Hettar Le Seigneur des Chevaux, Durnik Celui aux Deux Vies, Ce'Nedra La Reine du Monde, Belgarion L'Elu, encadrés par Belgarath et Polgara. Ne manquait qu'une dernière personne, sur laquelle ils tomberont dans les grottes menant au terrible Ctuchik.
Ce troisième tome est palpitant, Relg se joint à la troupe avec ses pouvoirs très spéciaux et son caractère impossible. On apprend avec Belgarion à utiliser le Pouvoir (plutôt comique sa démonstration avec le rocher), on regarde Ce'Nedra lui tourner autour, on fait la connaissance du Dieu Ul et on assiste à un final époustouflant qui met en pratique les enseignements de Belgarath et Polgara : il ne faut jamais utiliser le Pouvoir pour détruire (notons au passage que tuer n'est pas détruire ;o)), sous peine de le voir se retourner contre soi...
Je pense souvent aux deux autres cycles de Fantasy qui m'ont marquée en lisant Eddings, L'assassin royal, avec le personnage du Bouffon vs Silk (sa capacité à se métamorphoser, son ironie constante, son physique fin) ou du père adoptif de Fitz vs Hettar (sa façon de communiquer avec les chevaux), ou Alvin le Faiseur, avec toute cette belle théorie sur l'acte de Faire et de Défaire. Je suis bien consciente qu'il s'agit de thèmes classiques en Fantasy, mais les voir mis en scène avec une belle maîtrise, pour le plus grand plaisir du lecteur, me réjouit !
Ed. Pocket, 1990, 358 p., 6,80 €
Traduit de l'américain par Dominique Haas
Titre original : Magician's Gambit
13:03 Publié dans Livres : Pourquoi pas | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note | Tags : fantasy, cycle long, incontournable, vif du sujet, constitution équipe |
04.01.2009
La Belgariade Tome 2. La reine des sortilèges - David Eddings
"- Je suis Barak, comte de Trellheim, hoir du roi Anheg de Cherek, proclama-t-il d'une voix de stentor. Et force m'est de constater que certains nobles arendais ont encore moins d'usages que de cervelle.
- Les seigneurs d'Arandie ne se laissent pas impressionner par les prétendus titres que l'on s'adjuge au nord de la frontière, répondit le nommé Haldorin, d'un ton fruité.
- Je me considère comme offensé par ces paroles, l'ami, répondit Barak, d'un ton menaçant.
- Je me considère quant à moi comme fort diverti par Ta face de singe mal rasé, rétorqua Messire Haldorin."
Le ton est donné, dans ce tome 2 de La Belgariade, on va se bastonner à tout bout de champ, rencontrer moult peuples pittoresques et échanger nombre de propos melliflus et néanmoins caustiques. Garion va apprendre que son vrai nom est Belgarion, et saisir l'essentiel de leur quête : il faut empêcher l'orbe de réveiller Torak. La petite troupe va s'enrichir de nouvelles recrues, et c'est maintenant un véritable périple à la Tolkien qui nous occupe. Le ton reste pourtant résolument plus humoristique, et on s'attache fortement aux figures marquantes.
C'est presque impossible d'intercaler d'autres lectures une fois lancée dans ce cycle, et tout autant d'en dire quelque chose de sensé à ce stade de lecture : il faut tout lire d'abord :-D
Ed. Pocket 1990, 415 p., 7,20 €
Traduit de l'américain par Dominique Haas
Titre original : Queen of Sorcery
Chimère s'était lancée dans la relecture du cycle en Avril dernier.
10:05 Publié dans Livres : Pourquoi pas | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : fantasy, cycle long, incontournable, quête de l'orbe |
30.12.2008
La Belgariade Tome 1. Le pion blanc des présages - David Eddings
"Il y a des rancunes que la cognée du pardon ne saurait jamais abattre"
Si on se réfère au prologue, l'intrigue de La Belgariade apparaît comme fort compliquée, avec tous ces peuples et leur histoire, cette géographie et les règles multiples. Mais en fait la lecture est toute simple, accrocheuse dès les premières phrases, et on peut simplifier :
C'est le petit Garion qui nous fait pénétrer dans le cycle de La Belgariade : élevé en Sendarie, dans la ferme de Faldor, il est couvé d'une main ferme par sa Tante Pol, qui gère les cuisines. C'est un enfant joyeux et vif, souvent quand même un peu long à la détente mais le lecteur a un avantage sur lui : il a lu le prologue. Garion, donc, ne sait rien de sa destinée, et tombe complètement des nues lorsqu'il est brusquement arraché à sa petite vie tranquille. Tout ce qu'on lui laisse entendre est que sa tante et le vieux conteur qui passe régulièrement depuis toujours à la ferme doivent urgemment se lancer sur la piste d'une "chose", et qu'ils ne peuvent le laisser seul à la ferme.
Débute alors une quête à l'enjeu crucial, qui en ce premier tome reste encore à ses balbutiements, le temps de faire connaissance avec Barak et Silk, membres importants de leur petite troupe, et de réaliser que Pol et Belgarath possèdent de puissants pouvoirs...
C'est un univers dans lequel on saute à pieds joints, tant est limpide la narration. Beaucoup d'humour, de nombreux sentiments (ce pauvre Durnik se consumant d'amour...) et toujours ce danger latent qui vient titiller le lecteur : l'ennemi peut lire dans les pensées, il peut entendre l'évocation de son nom à des milliers de kilomètres, les traîtres sont partout. Le personnage du jeune apprenti godiche qui va prendre peu à peu conscience de ses pouvoirs et de son rôle est un grand classique, tout autant que la multitude de peuples que tout oppose, la quête, etc. et pourtant il y a une constante fraîcheur dans le ton qui est vraiment agréable.
A noter également que David Eddings travaillait en collaboration avec son épouse, Leigh (décédée en 2007) qui s'occupait particulièrement des personnages féminins et de la fin des romans.
Me faut rapidement le tome 2 !
Ed. Pocket, 1990 (réédition 2008), 348 p.,7,20 €
Traduit de l'américain par Dominique Haas
Titre original : Pawn of Prophecy
L'avis d' Hydromielle.
17:58 Publié dans Livres : Pourquoi pas | Lien permanent | Commentaires (43) | Envoyer cette note | Tags : fantasy, cycle long, incontournable, jeune apprenti sur le chemin de la vérité |
29.03.2007
Avant, et pourquoi, et comment
Orson Scott Card – Ender Wiggin, Premières rencontres
L’Atalante, 2007
Si vous avez lu (et aimé) la trilogie d’Ender, vous ne pouvez pas manquer ce recueil de nouvelles, il vous le faut absolument.
Pourquoi ?
Parce qu’il vous offre la genèse, le début, les explications, et que c’est rien moins que jouissif.
En plus, ce livre est étonnant, il parle, et c’est ainsi qu’il a interpellé directement Chimère alors qu’elle se promenait innocemment dans les rayons d’une librairie. Il m’était destiné, il le lui a dit, la pauvre, que voulez-vous, fallait bien qu’elle s’exécute et l’achète pour me l’envoyer ! (Révérence, gratitude et courbettes enthousiastes)
Ecoutez donc les livres dans les librairies, ce sera mon conseil du jour.
En apéritif, Le petit polonais, le père d’Ender, Jean-Paul, quand il était tout petit-petit, mais déjà exceptionnel. Un joli éclairage sur les racines, bourré d’humour et déjà, de stratégie.
En entrée, L’étudiant, quand Jean-Paul rencontre Thérésa :
- « Mademoiselle Brown, je crois que vous pourriez bien être plus intelligente que moi. »
Elle lui rit au nez. « Bien sûr que je suis plus intelligente que vous. »
Il tendit vers elle un index triomphant. « Vous voyez ? Et vous êtes arrogante sur le sujet, en plus. Nous avons tant de points communs. Vous allez vraiment me fermer cette porte au nez ? »
Elle lui ferma la porte au nez.
En plat, La Stratégie Ender, la nouvelle qui a donné naissance au roman. C’est carrément émouvant de lire ça sous cette forme première, j’éprouvais une forme de révérence en tournant les pages.
Et en dessert, Conseiller financier, où nous assistons aux tous premiers pas de Jane, pour notre plus grand bonheur.
Seulement, je prends toujours un ou deux cafés après mon repas, alors là, franchement, ça manque !! J’en veux encore, encore !!
Traduction (USA) de Florence Bury
215 p.
15:00 Publié dans Livres : Pourquoi pas | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : fantasy |

