14.10.2009

Le livre des choses perdues - John Connolly

connolly.jpg"Le livre des choses perdues" est un roman d'apprentissage, dans lequel le narrateur, David, 12 ans, pénètre dans une réalité parallèle et y est amené à affronter ses plus grandes peurs.

Malheureux dans sa vie de petit londonien au début de la seconde guerre mondiale, il passe par un trou dans son jardin dans le monde de l'Homme biscornu, qu'il avait déjà aperçu ça et là dans de mystérieuses pertes de connaissance. Il rencontrera des êtres étonnants, parfois amicaux, souvent carrément hostiles, avec lesquels il devra composer pour tenter de retourner dans son monde...

Ce roman est tout à fait prenant, aimable et sympathique; on vit au rythme du héros, la plume sait nous faire frissonner ou sourire, nous émouvoir et proposer en arrière-plan une explication plus rationnelle pour les esprits cartésiens. Je ne sais pas exactement pourquoi je ne suis pas plus emballée que ça, il me semble que je l'aurais adoré si je l'avais lu à l'adolescence, et que, peut-être, éventuellement, le cas échéant, je suis un poil trop âgée sur ce coup-là. Ou pisse-vinaigre, au choix.

Je pensais que le fait qu'il sorte en version Jeunesse et Adultes simultanément ne changeait rien au texte, mais finalement je me pose la question. Je l'ai lu en Jeunesse.

 

Ed. de l'Archipel, octobre 2009, 346 p.

Traduit de l'anglais (Irlande) par Pierre Brévignon

Titre original : The Book of Lost Things

 

Les jeunettes emballées : Karine, Enna, Emeraude, Fashion, Cathulu.

21.04.2009

Roi du Matin, Reine du Jour - Ian McDonald

 

mcdonald.png

Que l'Irlande soit magique, on le sait tous plus ou moins. Ce qu'on connaît moins c'est le Mygmus, très difficile à expliquer en quelques mots, et pourtant élément central de ce roman. Disons que les mythes proviennent de l'inconscient collectif, et s'accumulent en un endroit (le Mygmus) que seules certaines personnes sont capables de percevoir (avec des lunettes spéciales, qui offrent une vision des bords des mythes). Quelques très rares autres personnes peuvent interagir avec cet autre monde, et notamment donner incarnation à différents mythes (les phages par exemple) pour leur plus grand effroi...

Trois époques différentes et trois femmes : nous commençons en 1913 par Emily Desmond, puis la génération de sa fille (Jessica Caldwell, un sacré numéro !) et enfin Enye MacColl de nos jours, la petite-fille de Jessica.

Emily vit près du bois de Bridestone, et entend l'appel des lutins et des fées. Par le biais de son journal intime, croisé avec celui de son père, nous sommes pris dans un tourbillon fortement teinté d'humour, des photos attestent sans aucun doute la présence physique de l'Ancien peuple, ceux qui vivent à jamais, à ses côtés. Son père, astronome, se pique de la nature extra-terrestre d'une comète en approche de la terre (ce qui va le discréditer et entraîner sa ruine). Jessica est une jeune fille rebelle et farouche, elle jure comme un charretier et ment en permanence comme un arracheur de dents. Enfin Enye est une jeune femme moderne et bien trempée, adepte des arts martiaux.

Le fil rouge est la psychologie, incarnée en un patricien, proposant une interprétation concrète (le secret d'Enye retentit comme un gong !) ou offrant simplement une alternative au Merveilleux.

C'est un roman profond, fortement teinté de Fantasy mais ne se limitant aucunement à ce genre, qui lace et entrelace son intrigue à l'Irlande et à ses mythes, mais propose également de superbes portraits de la féminité à plusieurs étapes de la vie. C'est beau et impressionnant, d'une maîtrise folle.

 

Prix Philippe K. Dick et Prix Chimérique ! (Peu décerné, le second ;o))

 

Ed. Denoël, Collection Lune d'encre, 2009 480 p.

Titre original : King of Morning, Queen of Day (1991)

Traduit de l'anglais (Irlande) par Jean-Pierre Pugi

 

La critique du Cafard Cosmique, l'avis de Laure.

27.01.2009

La Mallorée - David Eddings

eddings 6.jpgTome 1. Les Gardiens du Ponant

C'est avec l'enfance de Mission que débute le cycle de La Mallorée, tout comme en son temps Garion était le jeune foufou de La Belgariade. On prend des nouvelles de tout le monde, les différents peuples continuent à intriguer les uns contre les autres, et plein de nouveaux-nés couronnent les unions. Notamment le fils de Garion et Ce'Nedra, dont l'enlèvement lance la nouvelle prophétie (enfin, le changement de couleur de l'orbe l'avait déjà initiée) : une nouvelle quête doit être entreprise, dont l'issue signera l'arrêt définitif des deux destins possibles; que ce soient les ténèbres ou la lumière, celui qui vaincra installera son monde pour le reste des temps (qui est d'ailleurs très étrangement considéré par le genre humain, nous apprend un vieil arbre).

N'en déplaise à Chimère, on s'installe dans ce premier tome en chaussons : tout nous est immédiatement familier, l'humour est peut-être un poil forcé (voir caricatural dans certaines scènes) et il y a abus de petits clichés (les rires cristallins, tout ça) mais tout passe, tant on aime nos personnages.

Ainsi j'ai été ravie de faire la connaissance de Liselle, mes antennes ont vibré à l'unisson de celles de Silk, et j'ai été horrifiée par son traitement lors de l'attaque de Jarviksholm, avant de comprendre, comme nos héros, de quoi il retournait. Ouf, j'avais bondi dans mon siège ! Ravie aussi de retrouver, même très brièvement, les charmants palustres.

Et toujours impatiente de me plonger dans le tome suivant !

 

Ed. Pocket, 1992, 439 p., 7,70 € Titre original : Guardians of the West

 

 

Tome 2. Le roi des Murgos

Ce tome est bouillonnant, riche en action et révélations diverses. C'est la première fois que je renâcle quelque peu, j'ai eu du mal à entrer eddings 7.GIFdedans et puis soudain j'avais englouti les trois quarts et je ne pouvais plus m'arrêter : comme Cheval, je me demande si Eddings ne fait pas effectuer au lecteur quelques cabrioles qui détendent le temps :-D

Alors quels sont les éléments marquants ? Le nom de Mission nous est révélé, Essaïon, et ce n'est que justice : ils ont tous au moins deux noms là-dedans et le pauvrinou se coltinait un surnom depuis le début. Et puis bien sûr arrive ce fabuleux personnage d'Urgit qui détonne, à tout le moins, en roi des Murgos ! De nombreuses scènes ont un traitement quasi cinématographique (ah, voir les différentes espèces matérialisées !) et je m'imaginais celle où le même acteur, évidemment, jouerait les deux rôles, quelque peu grimmé... Car Urgit est le demi-frère d'un de nos compagnons, ce qui lui octroie une agilité mentale bien inconnue chez son peuple :-D

J'ai rêvé de nez frémissants, de langage secret en langue des signes, de semaines sur un bateau qui se terminent par un échouage catastrophe, je crois que je suis totalement, irrémédiablement, et très volontairement, Eddingsisée :-D

 

Ed. Pocket, 1993, 447 p., 8,10 € Titre original : King of the Murgos

 

eddings 8.gifTome 3. Le Démon Majeur de Karanda

 

Où nous faisons plus ample connaissance avec les démons, donc. Sont fort peu avenantes, ces bestioles-là. Déjà qu'ils se retournent quasi systématiquement contre la personne qui les a invoqués au moindre relâchement de la concentration, ils essayent en plus de se reproduire avec des humaines et je vous laisse deviner comment se passe l'accouchement... Sinon on rencontre également une belle épidémie de peste, et on se rend compte de plus en plus que cette nouvelle quête menant à la confrontation finale des enfants de Lumière et Ténèbres ressemble belle et bien à la quête de l'orbe : les épisodes s'enchaînent immanquablement dans le même ordre, même s'ils sont fort différents en Mallorée. On nous rappelle de temps en temps que l'un d'entre eux doit mourir pour la réalisation de la prophétie, et je ne cesse de me demander qui sera le malheureux...

 

Ed. Pocket, 1993, 412 p., 8,10 € Titre original : The Demon Lords of Karanda

 

Tome 4. La sorcière de Darshivaeddings 9.jpg

"Moi, j'veux rein chavoir d'toutes ches j'hichtoires"

Oh my, il n'y a plus qu'un tome après celui-ci, l'angoisse commence à m'étreindre, d'autant plus que l'on se rapproche de l'affrontement final. Quel plaisir de débuter le tome avec Porenn, que l'on retrouve aussi au chapitre 12, cette petite reine est chère à mon coeur, et la voir s'occuper de Vella me plaît infiniment. Je trouve les personnages féminins beaucoup plus réussis que ces messieurs, qui sont quand même dans leur immense majorité dépeints comme de parfaits benêts (sauf le mirifique Silk...). Et puis c'est très bon aussi de voir les anciens compagnons se creuser la cervelle pour suivre Garion malgré tout, sans gêner la prophétie. Quel plaisir enfin de faire connaissance avec la louve ! A ce stade de lecture, je me doute qu'Essaïon jouera un grand rôle et je regrette qu'il soit mis de côté pour le moment, j'aurais aimé connaître dès à présent le secret de sa sérénité imperturbable !

Ed. Pocket, 1994, 508 p., 7,20 € Titre original : The Sorceress of Darshiva

 

eddings 10.gifTome 5. La Sibylle de Kell

Contrairement à l'épilogue de La Belgariade, ce tome final est construit de manière apaisante, et l'on tourne la dernière page avec un sentiment de sérénité et de plénitude.

Chaque chose se produit ainsi qu'il en avait été décidé de tout temps, l'ultime confrontation est digne, et il nous est accordé de prendre congé individuellement avec chaque personnage qui nous tenait en haleine depuis 10 tomes.

De manière peut-être un peu plus prononcée encore que dans le reste des tomes, on sent une grande nonchalance dans l'humour, ça vanne à tout va, ça ne se prend pas du tout au sérieux.

"- J'ai faim, Garion, et quand j'ai le ventre creux mon cerveau tourne à vide.

- Ce phénomène de vases communicants expliquerait bien des choses, nota platement Beldin. Tu n'as pas dû manger beaucoup quand tu étais plus jeune."

Mention spéciale à Mandorallen dont le langage plein de fioritures m'a enchantée tout du long. Morceau choisi :

"Messire, reprit Mandorallen en tournant sa grande carcasse vers le baron, je Te trouve la silhouette des plus disgracieuses et la face pareille à un derrière de singe. Ta barbe me semble de plus une offense au bon goût, par sa semblance avec certaine bourre scabreuse, plus propre à orner, si l'on ose dire, le postérieur d'un chien bâtard qu'un visage humain. Se pourrait-il que Ta mère ait eu, dans un moment de sauvage lascivité, des rapports avec un bouc de passage ?

[...] Il ôta son gantelet.

La coutume voulait que l'on jette son gantelet à terre, devant son ennemi, pour le défier. Mandorallen rata le sol. Le jeune baron recula en crachant du sang et quelques dents."

Je confesse les yeux qui piquent au moment très précis où Vella remet ses dagues... Et je dois à Polgara la découverte du porridge, aussi étrange que cela paraîsse. J'en avale depuis des bols entiers, tout comme je buvais des litres de tisane en lisant Robin Hobb... De l'influence des cycles de Fantasy sur la vie quotidienne : ils font maigrir ;o)

Bref, un cycle incontournable, à plus d'un titre, des heures délicieuses et souriantes. Merci, David Eddings.

 

Ed. Pocket, 1994, 446 p., 7,20 €

Titre original : Seeres of Kell

 

Traduction (USA) de Dominique Haas

 

(Prochaine étape les 4 tomes relatifs à la jeunesse de Belgarion et Polgara)

17.01.2009

La Belgariade Tome 5. La fin de partie de l'enchanteur - David Eddings

"Vous avez entendu quelque chose ?

- Je crois que j'ai entendu ramper un ver, mais il ne m'a rien dit de spécial."

eddings 5.GIF

Je n'ai pas pu m'empêcher d'éprouver une petite déception avec ce tome achevant le cycle de La Belgariade, malgré l'habileté de David Eddings. Les 3/4 du volume installent une tension croissante, on désespère d'arriver un jour à la confrontation finale, en voyant le nombre de pages s'amenuiser je craignais même qu'elle n'ait pas lieu dans ce cycle. C'est un récit circonstancié de stratégie militaire. Et puis fatalement quand elle arrive, l'attente étant trop grande, elle frustre. Pourtant elle respecte évidemment à la lettre la prophétie, rien à dire, c'est carré, nickel. Mais Torak m'intéressait en tant que personnage, surtout après avoir lu un extrait de son Livre en prologue, c'est fascinant cette façon de tout réinterpréter à l'aune seule de soi-même. La mégalomanie installée comme préalable, couplée à la puissance d'un Dieu : on n'a fatalement pas envie qu'il meure trop vite. Mais bon ! J'ai toujours éprouvé plus de tristesse que d'exultation lors des finales, quelles qu'elles soient.

En route à présent sur les voies de La Mallorée !

 

Ed. Pocket Fantasy, 1992, 413 p., 8,10 €

Traduit de l'américain par Dominique Haas

Titre original : Enchanter's end game

08.01.2009

La Belgariade Tome 4. La Tour des Maléfices - David Eddings

Ah quel tome, les cocos; j'ai senti mes yeux s'étrécir, s'écarquiller, se plisser et même s'embuer : il n'y a pas meilleur public que moi pour qui eddings 4.gifsait me bercer de mots enchantés.

L'action avance à grands pas, on fonce, on fonce, et on note tout au passage. La rencontre du poulain et du petit Mission (petit tintement de cloche signifiant lecteur, n'oublie pas cette scène), la cérémonie de remise de l'orbe avec l'éclatante révélation du Roi de Riva (une solennité palpable, de l'émotion qui jaillit hors des pages), la rencontre des palustres (j'ai complètement craqué sur ces petits animaux) et puis Silk :

"Il n'avait jamais réalisé l'importance que Silk avait prise dans sa vie, depuis un an et demi qu'il le connaissait. L'esprit sardonique, l'aplomb démesuré du Drasnien à la tête de fouine constituaient une certitude rassurante. Silk n'était pas dépourvu de travers et de bizarreries. C'était un petit homme tendu comme la corde d'un arc, complexe, mais doté d'un sens de l'humour à toute épreuve et d'une agilité mentale qui les avait tirés de bien des situations désagréables."

*soupirs* Pas loin de l'idéal masculin, nonobstant la tête de fouine !

"- Quelqu'un aurait-il eu l'idée d'emporter à boire ? s'informa-t-il (Silk)

- Vous n'en avez pas eu assez hier ? rétorqua Belgarath.

- C'était pour oublier. Là, c'est pour des raisons thérapeutiques.

- De l'eau ? suggéra Garion

- Garion, j'ai la gorge sèche, pas les pieds sales."

Ceci dit Adara me semble très prometteuse également avec son humour glacial... Ah la la,  frottements de mains, j'ai le tome 5 à disposition :-D

 

Ed. Pocket Fantasy, 1991, 439 p., 8,10 €

Traduit de l'américain par Dominique Haas

Titre original : Castle of Wizardry

 

(Par contre, mon exemplaire est bourré d'absences de ponctuation, très pénible !)

05.01.2009

La Belgariade Tome 3. Le Gambit du Magicien - David Eddings

eddgings 3.jpgAinsi la prophétie était-elle en chemin, et la troupe de compagnons presque au complet : Mandorallen Le Chevalier Protecteur, Silk Le Guide, Barak L'Ours Terrifiant, Hettar Le Seigneur des Chevaux, Durnik Celui aux Deux Vies, Ce'Nedra La Reine du Monde, Belgarion L'Elu, encadrés par Belgarath et Polgara. Ne manquait qu'une dernière personne, sur laquelle ils tomberont dans les grottes menant au terrible Ctuchik.

Ce troisième tome est palpitant, Relg se joint à la troupe avec ses pouvoirs très spéciaux et son caractère impossible. On apprend avec Belgarion à utiliser le Pouvoir (plutôt comique sa démonstration avec le rocher), on regarde Ce'Nedra lui tourner autour, on fait la connaissance du Dieu Ul et on assiste à un final époustouflant qui met en pratique les enseignements de Belgarath et Polgara : il ne faut jamais utiliser le Pouvoir pour détruire (notons au passage que tuer n'est pas détruire ;o)), sous peine de le voir se retourner contre soi...

Je pense souvent aux deux autres cycles de Fantasy qui m'ont marquée en lisant Eddings, L'assassin royal, avec le personnage du Bouffon vs Silk (sa capacité à se métamorphoser, son ironie constante, son physique fin) ou du père adoptif de Fitz vs Hettar (sa façon de communiquer avec les chevaux), ou Alvin le Faiseur, avec toute cette belle théorie sur l'acte de Faire et de Défaire. Je suis bien consciente qu'il s'agit de thèmes classiques en Fantasy, mais les voir mis en scène avec une belle maîtrise, pour le plus grand plaisir du lecteur, me réjouit !

Ed. Pocket, 1990, 358 p., 6,80 €

Traduit de l'américain par Dominique Haas

Titre original : Magician's Gambit

 

 

04.01.2009

La Belgariade Tome 2. La reine des sortilèges - David Eddings

"- Je suis Barak, comte de Trellheim, hoir du roi Anheg de Cherek, proclama-t-il d'une voix de stentor. Et force m'est de constater que certains nobles arendais ont encore moins d'usages que de cervelle.

- Les seigneurs d'Arandie ne se laissent pas impressionner par les prétendus titres que l'on s'adjuge au nord de la frontière, répondit le nommé Haldorin, d'un ton fruité.

- Je me considère comme offensé par ces paroles, l'ami, répondit Barak, d'un ton menaçant.

- Je me considère quant à moi comme fort diverti par Ta face de singe mal rasé, rétorqua Messire Haldorin."eddings 2.gif

 

Le ton est donné, dans ce tome 2 de La Belgariade, on va se bastonner à tout bout de champ, rencontrer moult peuples pittoresques et échanger nombre de propos melliflus et néanmoins caustiques. Garion va apprendre que son vrai nom est Belgarion, et saisir l'essentiel de leur quête : il faut empêcher l'orbe de réveiller Torak. La petite troupe va s'enrichir de nouvelles recrues, et c'est maintenant un véritable périple à la Tolkien qui nous occupe. Le ton reste pourtant résolument plus humoristique, et on s'attache fortement aux figures marquantes.

C'est presque impossible d'intercaler d'autres lectures une fois lancée dans ce cycle, et tout autant d'en dire quelque chose de sensé à ce stade de lecture : il faut tout lire d'abord :-D

 

Ed. Pocket 1990, 415 p., 7,20 €

Traduit de l'américain par Dominique Haas

Titre original : Queen of Sorcery

 

Chimère s'était lancée dans la relecture du cycle en Avril dernier.

30.12.2008

La Belgariade Tome 1. Le pion blanc des présages - David Eddings

"Il y a des rancunes que la cognée du pardon ne saurait jamais abattre"eddings.gif

 

Si on se réfère au prologue, l'intrigue de La Belgariade apparaît comme fort compliquée, avec tous ces peuples et leur histoire, cette géographie et les règles multiples. Mais en fait la lecture est toute simple, accrocheuse dès les premières phrases, et on peut simplifier :

C'est le petit Garion qui nous fait pénétrer dans le cycle de La Belgariade : élevé en Sendarie, dans la ferme de Faldor, il est couvé d'une main ferme par sa Tante Pol, qui gère les cuisines. C'est un enfant joyeux et vif, souvent quand même un peu long à la détente mais le lecteur a un avantage sur lui : il a lu le prologue. Garion, donc, ne sait rien de sa destinée, et tombe complètement des nues lorsqu'il est brusquement arraché à sa petite vie tranquille. Tout ce qu'on lui laisse entendre est que sa tante et le vieux conteur qui passe régulièrement depuis toujours à la ferme doivent urgemment se lancer sur la piste d'une "chose", et qu'ils ne peuvent le laisser seul à la ferme.

Débute alors une quête à l'enjeu crucial, qui en ce premier tome reste encore à ses balbutiements, le temps de faire connaissance avec Barak et Silk, membres importants de leur petite troupe, et de réaliser que Pol et Belgarath possèdent de puissants pouvoirs...

C'est un univers dans lequel on saute à pieds joints, tant est limpide la narration. Beaucoup d'humour, de nombreux sentiments (ce pauvre Durnik se consumant d'amour...) et toujours ce danger latent qui vient titiller le lecteur : l'ennemi peut lire dans les pensées, il peut entendre l'évocation de son nom à des milliers de kilomètres, les traîtres sont partout. Le personnage du jeune apprenti godiche qui va prendre peu à peu conscience de ses pouvoirs et de son rôle est un grand classique, tout autant que la multitude de peuples que tout oppose, la quête, etc. et pourtant il y a une constante fraîcheur dans le ton qui est vraiment agréable.

A noter également que David Eddings travaillait en collaboration avec son épouse, Leigh (décédée en 2007) qui s'occupait particulièrement des personnages féminins et de la fin des romans.

Me faut rapidement le tome 2 !

 

Ed. Pocket, 1990 (réédition 2008), 348 p.,7,20 €

Traduit de l'américain par Dominique Haas

Titre original : Pawn of Prophecy

 

L'avis d' Hydromielle.

 

22.12.2008

Waylander - David Gemmell

"Ce ne sont que des hommes, Sarvaj; il n'y a rien de surnaturel chez eux.

- Ce n'est pas le surnaturel qui me gêne, répondit le soldat. C'est le fait qu'ils gagnent toujours."

gemmell.jpg

Bonne pioche pour ma première incursion dans l'univers de David Gemmell, ce roman de Fantasy est tout à fait délectable.

Waylander fut un homme bon, autrefois. Le massacre de sa famille l'a conduit sur le chemin de la vengeance, et durant vingt ans il a commis nombre d'atrocité, se vendant au plus offrant. Sa rencontre avec un prêtre pas tout à fait ordinaire réveille une parcelle d'humanité, et le voici lancé à la recherche de l'armure qu'on dit seule capable de mettre un terme à la guerre sanglante qui agite le royaume. La rédemption existe-t-elle ?....

Épique, tonitruant et brave, ce roman vous agrippe dès les premiers mots pour ne plus vous lâcher. On y trouve tout ce qui fait la réussite de la Fantasy, de la magie, des monstres, des touches d'humour, des personnages intègres et du panache, beaucoup de panache qui ne niche jusque dans les actes les plus insignifiants.

 

Ed. Bragelonne 2001 & Milady 2008, 442 p., 7 €

Traduit de l'anglais (GB) par Alain Névant

 

Ils en parlent aussi : Biblioblog, Hydromielle,

16.12.2008

Les fantômes d'Ombria - Patricia A. McKillip

Nous sommes au royaume d'Ombria où, hors les murs du palais, il est très dangereux de se promener, spécialement la nuit. Deux sorcières mckillip.gifsemblent se partager le pouvoir, l'une au-dessus, la terrifiante Domina Pearl (dont personne ne sait de quoi elle est faite.); Elle a intrigué pour éliminer le prince régnant, et semble décidée à maintenir en vie son héritier, le tout jeune Kyel. Dans les sous-sol de la cité vit Faey, la sorcière sollicitée par tous (moyennant rétribution) y compris Domina Pearl. Elle a pour compagnie la jeune Mag, qu'elle nomme sa poupée de cire. Il se murmure que plusieurs mondes vivraient de concert, et que des portes permettraient à certains élus de passer de l'un à l'autre.

Les choses se maintiennent dans ce précaire équilibre jusqu'au jour où trois éléments se combinent : Mag se découvre plus humaine qu'elle ne le pensait, s'intéresse au sort de la maîtresse du défunt prince, ainsi qu'à celui de Duncan, le bâtard au fusain...

Un roman couronné de deux prestigieux Awards (World Fantasy Award 2003 et Prix Imaginales étranger 2006) qui m'a laissée plutôt indifférente. L'intrigue se résume en fait à un histoire de prise de pouvoir dans un univers médiéval,  avec un épilogue classique de mémoire effacée lors d'un grand bouleversement. Reste alors la poésie de l'écriture et des mondes dessinés, mais j'y suis restée insensible. Je précise que l'ensemble se lit avec facilité et que tout est d'une grande cohérence, la qualité à ce niveau-là est indéniable. C'est plutôt que ça ne m'a pas fait rêver, je suis restée à l'extérieur tout du long.

 

Ed. Mnémos, 2005 & Points Fantasy 2007, 7,50 €

Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Pascal Tilche

Titre original : Ombria in Shadow

 

 

Toutes les notes