15.04.2011

Elle ne lui répondit que par phonèmes surchauffés, avec une approche théorique de première bourre :

" A tes sauteries, c'est pas que je m'emmerde, mais je me fais chier", elle avait résumé.

Je découvre le format mini-poche de la collection "Quelqu'un m'a dit", des nouvelles d'anticipation sociale, aux éditions de l'Atelier In8.

pouy.gif"Liliane, fais les valises" de Jean-Bernard Pouy (60 pages, 2011) m'a fait glousser d'un bout à l'autre.

Ce futur a décidé que les intellectuels étaient par trop improductifs. Terminées les éditions sur papier, la toile suffit bien. C'est comme ça et pas autrement. Mais nos chercheurs s'organisent en colloques discrets dont le point culminant consiste en une édition de leurs thèses.

Celui-ci se déroule en Normandie, pas loin de Cabourg. On y assiste, entre autres, à une conférence sur la traduction pas piquée des vers : "La traduction du français en français, Ladislas Brizard et la révélation", thèse un tant soit peu provocatrice du professeur belge Jan-Ferdinand Platée, qui tente de démontrer que la traduction par Brizard est en général bien supérieure à l'original et qu'on y voit enfin le génie de l'auteur premier s'exprimer avec clarté, élégance, sans les scories inévitables qu'un écrivain paranoïaque ou schizophrène aveuglé par son propos et son soi-disant génie méconnu, ne peut s'empêcher d'écrire.

Le professeur Marchet doit intervenir le 3° jour avec sa thèse : "Les factures EDF et Pierre Boulez, du sérieux au sériel", mais il sent que quelque chose se trame, et tenter de s'esquiver. Seulement...

Tout à fait absurde et donc, jouissif. (Titre inspiré, évidemment, de Georges Marchais, 1977 : Alors j'ai dit : Liliane, fais les valises, on rentre à Paris, Mitterand y veut pas d'l'union !")