25.09.2011
Comedy isn't jokes, it's looking at the real world round you and still being able to laugh
Une réécriture de Pride and Prejudice, avait annoncé la prêtresse des english romances, que l'on trouve à 0,01 euros d'occas sur le net, il ne m'en fallait pas plus. Kate Fenton signe ici (en vo, jamais traduit) un petit roman très malin et plutôt drôle.

Nicholas Llewellyn Bevan est un écrivain de thrillers pas très connu (mais de bon niveau) qui vit dans un petit village du Yorkshire, dans la ferme retapée par son ex-beau-frère John (avec qui il est très pote). Il est divorcé depuis 3 ans et s'entend toujours bien avec Caro, son ex, qui mène une brillante carrière à Londres et qui est la mère de Christopher, leur fils de 17 ans. Or, voici qu'une énième adaptation de P&P est tournée dans le village, et que la réalisatrice (une américaine, horreur-malheur) tape dans l'oeil de Nick, tandis que John tombe raide de l'actrice incarnant Lizzie et que Christopher ne rêve que d'entrer dans le monde merveilleux des médias, prêt à tout pour cela. Notre Nick, en rade d'inspiration, décide alors sur 12 chapitres d'écrire une version moderne et inversée du roman de Jane Austen, avant d'être rattrapé par le réel et d'en vivre la conclusion (j'ai adoré la lettre de Marie)...
Imaginez donc que Mister Darcy soit Marie Dance, un grand cheval d'américaine sûre d'elle toute en dents et crinière, qui décrète Nick "Halfway presentable" (avant de la gratifier, lorsqu'elle commence à l'apprécier, d'un "You bastard" des plus affectueux), un Nick (pardon, Llew)/Elisabeth Bennett malin et impertinent mais financièrement très juste, un Christopher/Lydia tout foufou avec une Sasha/Wickham junkie dont le premier "pigeon" s'est fait choper à Heatrow avec de la drogue qu'elle avait placé dans ses bagages, j'en passe, tout est adapté et inversé et c'est formidablement drôle à dérouler.
Mention spéciale au récit de débat radiophonique autour du roman de Jane Austen, fidèle à la réalité mais mis en abime par Nick dans sa propre adaptation. Darcy est-il l'ultime fantasme en raison de sa taille, de son côté ténébreux et beau garçon ? Ou est-il le seul être pensant capable de tenir la distance avec une Lizzie elle-même très intelligente pour son milieu ? P&P est-il une comédie, une étude de moeurs, un roman sur le sexe et le pouvoir ou le portrait aux accents féministes de la condition féminine de l'époque ?
C'est en tous les cas un roman merveilleux que celui-ci m'a - encore - donné envie de relire.
Lions and Liquorice - Kate Fenton 1995 (réédité en 2005 sous le titre "Vanity and Vexation"