12.12.2006
LE pavé qui fait plaisir
Jeffrey Eugenides – Middlesex
Editions de l’Olivier, 2003
Points, 2004
On peut passer des heures à lire sur le net ce qui s’est déjà dit sur cet excellent roman, et se perdre complètement quant à savoir qu’en dire soi-même.
En même temps je répugne à entrer dans les détails, ils contribuent grandement au plaisir de lecture, c’est tout un art de faire manger le lecteur dans sa main en l’emmenant des années 20 en Grèce à la fin des années 80 à Détroit. (Paresse ? Sûrement un peu, aussi. Ca a déjà été fait, et super bien fait, tellement de fois).
Très rapidement alors, ceci est l’histoire de Calliope Stéphanides, né(e) avec un cinquième chromosome récessif. Hermaphrodite, voici un truc qu’on connait mal. Mais nous ne nous pencherons sur son cas précis qu’après avoir suivi de près ses grands-parents, puis ses parents, depuis leur adolescence.
Il y a du génie dans la plume de Jeffrey Eugenides. Le sujet ne m’emballait pas des masses, j’ai rechigné plusieurs années avant de me lancer dans ce pavé, et je n’en ai que plus savouré chacun de ses mots. Il est drôle, inventif, lyrique, poétique, léger et grave, amical et proche, pointu et ouvert.
J’ai fait des tas de recherches sur Smyrne, la Turquie et la Grèce, parcouru les rues de Détroit pendant la prohibition, j’ai roulé sur un lac gelé et dévalé des pentes ensoleillées.
J’ai adoré le mauvais anglais de yia yia et ses « poupée mou », j’ai essayé de prononcer le nom de Marius Wyxzewixard Challouehliczilczese Grimes. (désastreux !)
J’ai suivi pas à pas chaque étape de cette fresque foisonnante en aimant chacun de ses personnages, même le père Mike.
Bref, j’ai A-Do-Ré, et j’espère que vous aussi !
Traduction (USA) de Marc Cholodenko
678 p.
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