02.04.2009
Des roses rouge vif - Adriana Lisboa
"Un homme grand-petit-gros-maigre assis-debout sur un banc-de-pierre-en-bois disait sans parler qu'un sourd avait entendu un muet dire qu'un aveugle avait vu un boiteux courir à toute vitesse."

C'est l'histoire de deux soeurs, qui se retrouvent à l'aube de la cinquantaine, après des années sans se voir. C'est une histoire triste et douloureuse, compensée en permanence par le tissage subtil de sa construction et par une puissance d'évocation conséquente. Avec une plume très belle et très littéraire, Adriana Lisboa nous invite au Brésil, à Rio, dans une fazenda isolée, dans une nature riche, chaude et odorante.
Sans que l'essentiel soit jamais formulé (hormis en toute fin), on le devine derrière les mots, les répétitions (comme des refrains), on s'imprègne complètement d'une atmopshère à la fois pesante et douce. Pas de chronologie, du vrac, mais tout est paradoxalement très ordonné, la progression est lente et aisée.
C'est l'histoire de deux petites filles à l'avenir radieux, qui sont devenues grandes.
C'est comme de la musique, un texte riche, une plume vraiment singulière et très émouvante.
Fascinant.
Ed. Métailié, avril 2009, 223 p.
Traduction du portugais (Brésil) par Béatrice de Chavagnac
Titre original : Sinfonia em branco
04:00 Publié dans Livres : J'aime | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note | Tags : brésil, histoire familiale, secret, douleur, douceur |
13.11.2006
Lecture d'hiver
Stewart O’Nan – Des anges dans la neige
Editions de l’Olivier, 1997
Dire que c’est le premier roman de Stewart O’Nan ! On ne pourrait s’en douter, tant tout est déjà en place et maitrisé. Sa façon inimitable de raconter une histoire, avec une telle multitude de détails qu’on en devient partie prenante, et son ton détaché et clairvoyant…
Arthur, à l’aube de la trentaine, vient passer les fêtes chez sa mère, avec sa grande sœur. Dès que l’avion se pose en Pennsylvanie, le bouton mélancolie se déclenche, et tout, absolument tout, lui remémore quelque chose. Notamment l’hiver de ses quatorze ans, riche en évènements importants : La fin du mariage de ses parents, la naissance de son propre premier amour, la mort de la petite Tara et l’assassinat d’Annie, son ancienne baby-sitter. On s’approche au plus près de tout ce petit monde, et on constate, le cœur débordant d’empathie, que oui, on s’acharne tous à détruire ce qu’on aime, en commençant souvent par soi-même…
On accole souvent à Stewart O’Nan l’appellation de « conteur exceptionnel », mais que pourrait-on dire d’autre, tant il sait toucher au plus profond de l’intime par le biais de la quotidienneté la plus épurée ?
Ce n’est pas des plus joyeux, mais c’est tellement, tellement bien écrit.
Traduction (USA) de Suzanne V. Mayoux
298 p.
15:00 Publié dans Livres : J'aime | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : pennsylvanie, histoire familiale |

