13.12.2011

You are an American wannabe, aren't you ? That is perhaps the most horrid thing you could say to an englishman.

- Worse than French wannabe ?

- Well, there is that.

 

i don't think i could explain it to a man,if you were a woman,all i'd have to say is,colin firth in a wet shirt,and you'd say,ah.

La dédicace en exergue dit ceci : "For Colin Firth. You're a really great guy, but I'm married, so I think we should just be friends." Et Shannon Hale, dans ce Austenland (Bloomsbury, 2007, 194 pages, pas traduit en français) tient toutes les promesses de cette dédicace malicieuse : on rit.

Voici le topo de cette Austenerie délicieuse : Jane est une trentenaire (thirty something, as she says) new-yorkaise ultra moderne. Graphiste, elle est over busy et tout, même si question sexe dit fort elle n'assure pas des masses (les fiches fournies sur ses ex-boy-friends sont des modèles du genre). Son problème, c'est qu'elle bovaryse à mort, et pas sur n'importe qui, sur Mister Darcy himself. Évidemment jauger les specimen modernes à l'aune de Fitzwilliam entraîne moult déconvenues, et bien qu'elle en soit consciente, elle ne peut s'empêcher d'espérer et d'attendre son beau ténébreux à elle. Mais les années filent.

Arrive alors LE cadeau inattendu, par une tante éloignée : trois semaines de vacances à Pembrook Park, l'endroit le plus secret du monde. S'y retrouvent les plus fortunées des Austen addicts, pour vivre  dans la campagne anglaise selon les strictes règles en vigueur à l'époque, avec fantaisies autour des héros austéniens à la clef. Dans cet endroit incroyable, tout est "on dirait que". Par exemple, une grosse dondon américaine voyante se présente comme une Miss Charming anglaise de 22 ans, et durant trois semaines c'est ainsi que tous la traiteront. Seulement Jane est une actrice plus que médiocre, et pire, elle n'a pas un sou.

Alors comment sera-t-elle intégrée au scénario par la maîtresse du jeu, cela la guérira-t-elle de ses fantasmes, parviendra-t-elle à ne pas devenir folle en vivant le quotidien incroyablement ennuyeux de la femme période Angleterre Georgienne, y a-t-il un Darcy quelque part en ce monde pour chacune d'entre nous et est-on capable de discerner la sincérité dans un immense jeu de dupes organisé de main de maître ?

Au final, Austenland est un roman hyper malin qui mine de rien soulève bien des points parmi les plus intéressants du monde, carrément. Pour un mardi matin pluvieux et venteux, tout au moins.

Vivent les Austeneries.

 

Lu également par : La boite de Pandora (qui parle également de l'adaptation à venir) et Karine (qui l'a trouvé super léger).