18.08.2011

Elle n'était pas ivre, simplement prise d'une mélancolie moelleuse

C'est l'histoire de Vida, ou celle de Paloma, ou de Taïbo, Adolfo, et derrière eux Gustavo, Eguzki,ovaldé.jpg Miguel, Chili, Teresa, quelques autres encore. Ce n'est pas une histoire, d'ailleurs, ce sont des morceaux de vie, très simples, tout simple, sans ce côté légèrement décalé qu'on trouve souvent dans les romans de Véronique Ovaldé, sans rien de fantastique (au sens du genre).

"Vida a quarante-trois ans. Et pour une raison inexplicable, au vu du bon état général de ses artères et de chacun de ses organes, de l'élasticité encore intacte de sa peau, de la chair de ses bras qui ne pend pas quand elle tente d'attraper quelque chose sur une étagère, malgré tous ces signes qui lui disent que le temps n'est pas encore venu de refermer sa porte, Vida se sent infiniment vieille. Elle se surprend à se demander pourquoi elle a accepté d'offrir sa vie entière à Gustavo, comment les humains en arrivent à ce genre d'arrangement."

Gustavo appelle la police, un jour, parce qu'en leur absence leur belle maison de gros richous a été squattée. C'est Taïbo qui vient prendre leur déposition, manière de dire d'ailleurs, car rien n'a été ni volé ni cassé, juste occupé. C'est Vida qui le reçoit. Il ne se passe rien, qu'une dame qui parle à un policier un peu plus jeune, beaucoup plus calme. Bien que Vida soit d'une placidité apparente à toute épreuve elle-même. Et puis Taïbo a ses failles lui aussi, dix ans que Térésa l'a quitté et il lui semble qu'il ne s'en remettra jamais.

Et puis d'autres maisons sont aussi occupées illégalement. Et puis il semblerait que Vida ait un petit peu menti, sur quelque chose qui n'a rien à voir. Et puis...

Dieu que ces pages passent trop vite ! Tout m'a plu, dans ce roman qui exhale ce que j'aime tant dans la plume de Véronique Ovaldé, ces consonances espagnoles, ce flou savant, ces petits éclats qui viennent se ficher en plein coeur, ces gens juste comme il faut, ni tops ni nazes, juste eux, debouts, vrais, faillibles.

Un petit bonheur de la rentrée littéraire.

 

Des vies d'oiseaux - Véronique Ovaldé

Ed. de l'Olivier, 18 août 2011

236 p.