09.03.2011
Dôme - Stephen King


Un petit bled américain (du Maine, where else ?), dans les deux mille habitants. Tranquille, limite végétatif, un fonctionnement à l'ancienne (ce n'est pas pour rien que la genèse de ce roman date de 1976) inscrit dans une période très actuelle (nombreuses références), complètement dysfonctionnel : un homme a un peu la main mise sur la ville, dans l'ombre, un fonctionnaire qui trafique la drogue à grande échelle et a laissé les institutions et infrastructures de base se déliter. Soudain, d'une micro-seconde à l'autre, un dôme recouvre toute la ville. Aussi haute que profonde, totalement invisible, une barrière surgit de nulle part en suivant très précisément les limites de la commune. Elle coupe net en deux tout ce qu'elle traverse (avions, oiseaux, humains...), s'en approcher fait exploser tout appareil électronique (bonjour les peace-makers), les enfants sont pris de "petit mal" et ont des visions effrayantes, j'en passe, les effets du dôme se découvrent chaque jour.
C'est immédiatement le chaos. La situation ne s'installe pas, elle bout dès le premier jour. Qu'est-ce que c'est que ce machin ? D'où ça sort ? Pour combien de temps ? Et le climat ? La nourriture ? Un vrai médecin ? Etc.
Une situation de siège, en plein milieu des Etats-Unis, que le reste du monde comtemple d'abord stupéfait avant de tenter de plus en plus vainement des trucs désespérés. Un ridicule mur invisible qui sépare des familles, fait se suicider les animaux (pour commencer) et permet à un abject personnage de révéler l'insondable profondeur de son IMMENSE CONNERIE (ouh qu'il m'a énervée, celui-là).
Parce que, comme dans Lost (évidemment que j'y ai pensé tout plein beaucoup) (mais le dénouement n'a rien à voir, je vous rassure tout de suite), il y a la situtation de base (on est coupés du monde, on ne comprend pas pourquoi ni comment) et la vie des naufragés (car c'est un naufrage, au sens figuré du terme). Et les gens coincés sous ce dôme sont terrifiants. Pas tous, évidemment, et je vous garantis sur facture des rires, des pleurs, des beurks, des c'est pas vrai ? Mais c'est pas VRAI ?, des couinements, et plus encore.
Que dire que je n'aie pas encore dit sur Stephen King ? Que ces deux tomes de 600 pages et des brouettes valent la peine (et comment) de débourser 44 euros, même si la version originale a été éditée en un seul volume, parce que la traduction de William Olivier Desmond est parfaite (ainsi que ses notes de bas de page, toujours éclairantes) (comme d'hab, de toute façon, il est la voix française de King). Que c'est super, pas littérairement, mais en terme de bonheur offert au lecteur. Qu'on retrouve tout ce qu'on aime dans Stephen King, les gimmicks, la façon de raconter inimitable (qui peut irriter, je le conçois, tout en plaignant les insensibles), les ploucs, le sexe, une pointe de vulgarité, la drogue, les enfants (Joe m'a tellement semblé sortir de Dickens, c'est dingue) (et si Big Jim n'est pas un Macquart tout droit issu de Zola, qu'on me pende), le rock'roll, la spirale, la vitesse, la nature humaine, le fantastique, les grands sentiments, la honte, oh c'était tellement BON.
Ils en parlent aussi : Le Canard Migrateur, Laurine, (attention spoilers ici) Dark Planneur (attention spoilers ici), Frédéric Fontes, ...