11.07.2011

D'une certaine hauteur, on ne voyait plus que la présence des gens, et non les gens eux-mêmes.

Le bureau des tags est fermé,qu'elle a dit fashion,j'obéis,moi,Un restaurant huppé aux Pays-Bas, deux frères qui dînent ensemble, avec leurs épouses. Paul, le narrateur, renâcle à y aller, il récrimine sur tout ce qui bouge (avec beaucoup d'assertions idiotes sur la restauration, d'ailleurs), et le style est plat, plat, plat, me suis demandée si j'allais aller au bout.

Petit à petit, les contours s'affinent, la situation se précise, les apparences étaient - comme toujours - trompeuses. 

On a donc deux frangins, certes, mais pas n'importe qui. L'un deux est en passe de devenir premier ministre, son épouse vient visiblement de pleurer dans la voiture en venant. Paul et Claire, eux, semblent parfaitement solidaires et sur la même longueur d'ondes. Mais laquelle ?

Il leur faut donc maintenir le jeu des apparences - on dîne sous les yeux d'électeurs -, tout en abordant à un moment ou à un autre un sujet douloureux : leurs fils respectifs ont commis un acte très grave, ils en ont eu connaissance et doivent décider d'une ligne de conduite...

Et alors là le style n'a plus rien de plat (bien qu'il ne soit pas non plus littéraire) : c'est typiquement le genre de roman qu'on termine en apnée, la main sur la bouche pour s'empêcher de crier (ou gémir, tellement c'est insidieux ce qu'on apprend), additionnant 2 + 2 et refusant d'en croire les déductions de notre cerveau.

Le thème central est bien la violence, mais pas tout à fait celle annoncée par la 4° de couv. Il s'agit en fait de la pire qui soit au monde, à mes yeux, et je ne peux absolument rien révéler de plus. Le traitement est politiquement incorrect, et Herman Koch parvient à nuancer sa charge (malgré tout féroce) en proposant quelques explications, à défaut de justifications.

Absolument glaçant et diablement efficace. 

 

Le dîner - Herman Koch

Belfond, 2011, 330 p.

Traduit du néerlandais par Isabelle Rosselin