24.05.2009
L'anglais n'est pas une langue magique - Jacques Poulin
Francis a une soeur, plus âgée que lui mais qu'il appelle "petite soeur", et un grand frère, l'écrivain Jack Waterman. Tous les deux veillent sur lui, car quand il écrit il n'est plus capable de vivre au quotidien. L'inspiration vient en place du sommeil, son débit est au goutte à goutte lorsque le livre avance, le quotidien n'a plus de sens, en dehors de ces mots si difficiles à capturer sur une page. Francis est aussi un "lecteur sur demande". On l'appelle et il vient, mais c'est un professionnel, il prépare ses interventions : il répète à haute voix, il se documente pour répondre à toute question concernant le roman qu'il lit, il sélectionne des passages.

Francis vit entre rêve et réalité. Cette situation est loin de l'inquiéter, d'ailleurs lorsqu'il a trop agi dans la réalité le besoin de se retrancher dans un rêve éveillé le taraude. Il n'a jamais éprouvé le besoin d'être comme tout le monde...
Tout le roman oscille entre deux eaux, comme un rêve éveillé dont on se sortirait brièvement parfois. C 'est brumeux et sans vraie direction, enfin pour ma part je n'ai pas dégagé de sens précis de l'histoire, pour autant tout le charme de la plume de Jacques Poulin est là, intact.
Il nous parle de bibliobus (lisez "La tournée d'automne" !), de lecteur, de lectrice, des livres qu'il aime (il nous offre même la couverture de "Far west" de Lewis et Clark, ainsi que de nombreux extraits), du pouvoir de la lecture (dans ses situations concrètes), de son avis sur la médiatisation (il n'en faut aucune), de l'acte d'écrire, aussi.
Bref, il nous parle de tout ce qu'on aime, avec des mots tout simples. C'est un roman qui déçoit quelque peu à la lecture au premier degré, on cherche un angle pour l'appréhender. Mais très vite, on se rend compte qu'il ne se laisse pas mettre un dans coin, qu'il continue de vivre dans notre tête alors qu'on l'a terminé. Des bribes reviennent, des sens se font jour, (par exemple, je me suis dis que cette fratrie représentait le même lecteur à différents stades de sa vie), le combat pour le français, que j'avais totalement ignoré pendant ma lecture avide et pressée, revenait me chercher.
Un roman à retardement ? :-D
Ed. Actes Sud, 2009, 156 p.
Lu de concert avec Frisette. (Reçu ton enveloppe hier ! On peut dire qu'elle aura pris son temps ! Grand merci en tous les cas :-D)
L'avis d'Allie.
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