25.03.2011
L'amitié, c'est comme un puzzle dans lequel tu trouves ta place
C'est la louze pour Benjamin en cette année de terminale, il a du mal à croire que l'an dernier il était tellement à l'aise dans son univers. Son groupe de rock est dead, son meilleur pote a pris la tangente, l'amûûûr de sa vie ne l'a pas choisi, ses parents le croient gay. Marre. Tristesse au quotidien. Mais l'adolescence est la période bénie où (hormones j'écris votre nom) tout peut changer *Ziiiing*, comme ça, hop. No reason.
Enfin, si, une bonne raison, la musique. La venue d'une star aux lunettes noires, figure mythique du journalisme rock. La découverte de l'écriture, les bonnes personnes aux bons moments, les livres, le meilleur ami qu'on n'avait peut-être pas si perdu que ça...
(Re)play !, de Jean-Philippe Blondel (126 p.) aux éditions Actes Sud Junior (2011) est un vrai bon roman Jeunesse que l'on savoure de bout en bout. Juste, drôle, sensible, délicat et entraînant : tout bon.
" - C'est sans doute pour ça que je suis devenu batteur. Par dépit. Et puis parce qu'on pense toujours que les batteurs sont des crétins finis qui n'aiment que frapper, alors ça m'arrange.
- Je ne comprends pas.
- Quand tu es là, en retrait, et que tout le monde te prend pour un débile mental, ça te laisse le temps d'observer et de comprendre, de te forger ton opinion sur les gens. Tu sais avec qui tu perds ton temps et avec qui tu le gagnes.
- Je suis très impressionné.
- Je ne coucherai pas avec toi.
- Je suis au courant. J'en ai même été très vexé quand je m'en suis rendu compte.
- Je sais.
- En fait, personne ne veut coucher avec moi. Ni toi, ni Clara, ni les autres, c'est ça, mon drame.
- Tu vas devenir chanteur, tout ça va changer.
- Ouais. Ils vont courir vers la sortie en hurlant au feu."
Lu également par : Hélène Leroy, Thalie, ...
15.10.2010
Les Rougon-Macquart 2/20
"Être pauvre à Paris, c'est être pauvre deux fois."
"La curée" s'attache à deux des enfants de Pierre et Félicité : Eugène, qui avait dirigé son père pendant la période trouble, et Aristide, qui n'avait pas su se décider à temps (ainsi que de loin en loin leur soeur, Sidonie). "Monté" à Paris, ce dernier commence, sur les conseils de son frère qui se méfie à moitié des retombées que pourraient lui occasionner leur lien de parenté (il entend devenir ministre, ce qui arrivera), par changer de nom : le voici devenu Saccard. Il se marie, sur le schéma déjà développé dans la nouvelle de Zola "Nantas". Et c'est plus précisémment la vie de Renée, son épouse, que l'on suit.
Trois thèmes principaux dans ce roman qui, une fois passée l'introduction riche en descriptions, nous happe dans ses pages : les transactions véreuses autour de la construction de Paris, la vie complèment dissipée des nantis de l'Empire, et la déchéance nerveuse d'une femme, Renée.
Et quand je dis "vie dissipée", je fais un euphémisme semblable à celui-ci, que j'ai beaucoup apprécié : "Ce fut un tohu-bohu inexprimable". Ça couche dans tous les sens, pour n'importe quelle raison.
Aristide et Eugène sont un peu en retrait dans ce roman, toujours malveillants, toujours avides, et tout juste assez malins pour se frayer un chemin en mentant et en escroquant. Maxime, le fils d'Aristide, en prend pour son grade aussi, pâle figure qui se laisse entraîner par qui veut dans ce qu'on veut. Les Rougon, à date, ne sont guère attachants. Renée, la pauvrette, y laissera la vie, après avoir perdu la santé mentale. Elle n'est guère épargnée par la plume ultra-précise de Zola, mais on ne peut s'empêcher de la plaindre.
Le billet de : Menon,
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