29.05.2009

Le Roi Arthur - Michael Morpurgo

Les légendes arthuriennes sous la plume de Michael Morpurgo, ça ne pouvait pas être mauvais ! Et de fait c'est même bon. Le roi Arthur, en compagnie de son fidèle Bercelet, attend depuis quatorze siècles que l'on ait à nouveau besoin de lui, dans un endroit hors du temps, une caverne. Visité, après un concours de circonstances, par un jeune garçon, il entreprend de lui raconter son histoire, ainsi que celle de certains de ses chevaliers (en fait il lui demande d'en choisir trois).

 

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Ce roman fonctionne mieux qu'une potion magique : commencé du bout des yeux (avant que de le ranger, lors d'une opération sauvage "débroussaillons une chambre de pré-ado") j'ai tout laissé en plan et pouf, c'était déjà le soir. Je me suis emballée, j'ai été émue, j'ai ri, j'ai la tête pleine de nobles pensées et le coeur déchiré par toutes ces amours contrariées et malheureuses.

La plume est contemporaine mais les histoires éternelles, Excalibur, Camelot, Guenièvre, Lancelot, Perceval, Gauvain, Tristan et Iseut, et puis la triste fin... Ce monde prend vie sous nos yeux, c'est sobre et prenant, franchement idéal pour une première approche (à partir de 9 ans).

Je reconnais bien volontiers un irréversible penchant à tout "entendre" à travers le prisme de Kaamelott, et si cela ne rend guère plausible l'amour de Guenièvre et Arthur, pour Perceval, c'est d'une justesse impressionnante : perceval.jpg

"La première fois que je vis Perceval, je me souviens de m'être demandé : est-ce un homme ou un enfant ? Il a le corps d'un adulte très vigoureux, mais son visage est celui d'un petit garçon s'émerveillant de tout ce qu'il voit. Bouche bée, il écarquillait de grands yeux candides. Kay fut le premier à lui adresser la parole.

- Regardez un peu ce que nous a rapporté Bercelet, ricana-t-il. Allez, filez, vous sentez aussi mauvais qu'un putois.

Perceval l'ignora. Bercelet vint s'asseoir à côté de moi, et je fis signe à Perceval d'approcher. Il continuait à regarder autour de lui.

- Je m'appelle Perceval et je cherche le roi Arthur, dit-il. Ou Lancelot : c'est un ami à moi.

Kay n'était pas au bout de ses moqueries. Il prit Perceval par l'épaule et le fit pivoter face à lui.

- C'est moi le roi, dit-il. Je suis le roi Arthur. Adressez-vous à moi, mais commencez par vous mettre à genoux.

Perceval l'examina un instant avant de déclarer :

- Non, c'est faux. Vous avez une tête de belette et des yeux de cochon. Vous caquetez comme un geai et vous claironnez comme un coquelet. Un coquelet peut être roi sur un tas de fumier, mais vous n'êtes pas le roi Arthur, suzerain de Bretagne.

En entendant cela, tout le monde éclata de rire et tapa sur la table."

 

Ed. Gallimard Jeunesse, Folio Junior, 1995 & 2007, 262 p.

Traduit de l'anglais par Noël Chassériau, Illustrations de Michael Foreman

 

Lu également par Clarabel.