23.02.2009

Le soir autour des maisons - Muriel Levraud

"Pour les plâtres de Venise, n'oublie pas, un chiffon salé, mais sec."

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Tout commence - et tout finit - par Brune-Olive. Elle vient de s'installer à La Garde (qui, "pendant longtemps, n'avait été qu'un hameau isolé. A travers l'herbe reine, on comptait tout juste huit maisons, peut-être neuf, peut-être dix, tout dépendait de la taille de l'herbe, et si l'on se tenait accroupi ou sur la pointe des pieds. C'est discrètement que la ville s'était approchée. Une maison, puis deux s'étaient posées le long de la route, puis d'autres encore, par troupeaux (on dit lotissement pour les maisons), envahissant les champs, déssouchant les arbres, faisant reculer la campagne plus loin, dans le fond. Bientôt, le hameau devient un huitième de ville. Un quartier, pour se donner une idée par rapport aux mandarines. Toutefois, même citadine, La Garde était restée bucolique car autour des maisons, pour faire joli, on avait laissé de l'herbe, et derrière il y avait encore des chemins de promenade au détour desquels restaient des bois, des prés, une mare ici, une clairière là, et, sur le bord des fossés, des fleurs sauvages, et cela, c'était bien gentil de laisser de la place aux fleurs sauvages.") et ne trouve pas le café. il est 6h30 du matin, une lumière est allumée dans la maison plus loin, elle va frapper.

Débute alors une amitié franche entre Brune-Olive et Solange. On passe quelques temps avec ces deux amies, on apprend à les connaître ainsi que leur petit monde, et déjà la mort frappe : Brune-Olive est condamnée. Mais elle n'entend pas se laisser réduire au silence (c'est une personnalité, cette Brune-Olive !) fut-ce par la mort elle-même, alors elle s'organise. Elle prépare ainsi des tas de cartons remplis de lettres pour tout le village, envisageant toutes les possibilités de leur futur...

Un roman bourré de charme et de fantaisie qui séduit le lecteur à son corps défendant. Impossible de ne pas craquer devant les séminaires-goûters, les lettres, l'inventivité (quels personnages hauts en couleurs, quel jeu avec la langue !) et l'espièglerie de Murielle Levraud.

"Non ! Elle allait cesser de se torturer l'esprit avec cette histoire, elle allait cesser de penser, enfin, de tourner autour de ce rond-point, comme elle le faisait depuis un long moment.

- Dix minutes, madame, lui dit le gendarme qui venait de la faire stopper sur le bas-côté, vous vous croyez dans un manège ?"

En fait on enrage d'arriver si vite (trop vite, franchement !) à la dernière page, on veut encore des histoires de La Garde, plein !

 

Ed. Julliard, 2009, 148 p., 17 €

 

L'avis de Clarabel.