13.05.2006

Le théâtre de Michel Tremblay

C't'à ton tour, laura Cadieux

Bibliothèque Québécoise, 2002

 

Il y a d'abord une préface de Manon Gauthier, comédienne, qui pour avoir interprété sur scène Laura Cadieux sait nous en parler merveilleusement bien. Alors comme je ne veux pas la plagier, je résume succinctement : Laura Cadieux nous parle, nous raconte sa vie, ses copines, ses petits soucis, ses grands bonheurs, ses crises de rire. Elle est grosse et en souffre, et tous les semaines depuis 10 ans elle va chez le médecin pour soigner sa rétention d'eau. Là-bas elle retrouve ses consœurs, et elles passent le temps ensemble en papotant.

Ah si vous saviez ! Comme c'est truculent, drôle, triste aussi, émouvant.... Comme c'est la vie, tout simplement. Quant au joual, loin de constituer un obstacle pour la française que je suis, il ajoute au charme de ce si sympathique personnage. A part quelques détails typiquement québécois (comme Cherry Blossom, mais vous voyez ce sont vraiment des trucs très précis), qu’on ne connait pas en France, c'est tellement imagé, forcément on comprend. J'ai beaucoup gloussé en lisant ça, beaucoup lu à haute voix aussi comme on nous le recommande, en tentant (pathétique !) de prendre l'accent ....

Tiens une phrase comme :"Les ciboires, de tabarnacs, d'hosties de saint-chrèmes, de chiennes sales de pisseuses, m'as toutes les tuer, calvaire ! Toute la maudite gang de trous de cuses !" Bon ben même si ce ne sont pas des mots que je connais, je comprends très bien que ce sont des insultes…

Dans la même page, soudain, un truc qui vous tue, l'émotion à l'état brut :

"Non, reste, moman. J'pas capable de parler, là, mais j'vas te parler, tantôt. Tantôt, j'vas être capable... Reste. J'ai besoin de toé.
On est restés une bonne demi-heure, pis Madeleine s'est endormie. A l'avais trop pleuré, j'pense. Chus sortie sur le bout des pieds. J'avais le cœur tout croche. Ca l'a été le plus beau moment de ma vie. Ah, oui."

Enfin, bref, j'ai aimé, beaucoup aimé, je rêverais de le voir sur scène maintenant....

149 p.

 

 

Les belles-Soeurs

Leméac, 1993


Germaine Lauzon a gagné 1 million de timbres promotionnels, et les livrets pour les y coller. Elle projette d’acquérir grâce à eux un tas de mobilier dans le catalogue joint. Elle est très contente, Germaine. Elle compte faire d'une pierre 2 coups en conviant ses voisines, sœurs, belles-sœurs etc. à venir l'aider à coller les timbres dans sa cuisine, tout en parlant de tout et de rien autour d'une liqueur. Mais voilà toute la nature humaine qui se révèle au cours de cette soirée !....

Truculent !! Non mais sérieusement, je me serais crue dans le milieu de mon enfance. Imaginez un clan de polonais implantés dans le Pas-de-Calais, même époque, fin des années 60. Les hommes sont à la mine, les femmes se reçoivent les unes les autres sous divers prétextes et c'est la même chose ! Remplacez le joual par le patois du Nord... Impayable ! Cruel ! Abject ! Adorable ! Pitoyable ! Tout y est.

En plus cette édition comprend des photos des actrices ayant interprété les rôles, une introduction d'Alain Pontaut (que j'ai trouvée très pompeuse !) et à la fin diverses critiques parues ça et là dans la presse....

Un régal je vous dis.

Même et surtout si ce qui  vous en reste en le refermant c'est un rictus désabusé....

150 p.