14.04.2010

Une fois ne compte pas - Marie Charrel

"Tomas se répète le proverbe allemand : einmal ist keinmal, une fois ne compte pas, une fois c'est jamais. Ne pouvoir vivre charrel.jpgqu'une vie, c'est comme ne pas vivre du tout." Milan Kundera, L'Insoutenable Légèreté de l'être.

Partant de cette citation qu'elle place en exergue, Marie Charrel nous entraîne à la suite de quatre personnages qui, chacun, vont avoir l'occasion de momentanément recommencer un passage de leur vie.

L'une se croit maudite, élevée par un oncle nocif; l'autre voudrait être calife à la place de sa boss, le seul élément masculin avait coupé les ponts avec sa famille, petit merdeux submergé par une honte sociale idiote mais fort répandue, et la dernière, enfin, réalise que la phrase de Camus qui lui a détruit la vie ("Le monde n'est ni rationnel, ni irrationnel, il est déraisonnable") peut s'interpréter.

Soudain, les voici chacun les mêmes, mais différents. Soit revenus quelques années en arrière, soit dans une réalité parallèle... J'ai particulièrement apprécié Lorine, dont on nous dit : "Lorine a l'empathie mal placée des filles qui ne s'aiment pas assez."... A méditer.

Joli coup pour un premier roman, c'est très enlevé, agréablement divertissant, et surtout nous sont épargnés les écueils harlequinesques : nos personnages foncent droit devant, ne passent pas leur temps à élaborer des hypothèses tordues pour expliquer l'inexplicable, ne sombrent pas dans la mièvrerie et offrent chacun une aventure différente. Pas mal du tout.

 

Ed. Plon, 2010, 245 p.