24.05.2011
Mel B au pays de la traduction (3)
L'année du DESS de traduction littéraire : "Je respirais, je mangeais et je dormais traduction".
Les cours se déclinaient ainsi :
- Traduction des textes de "non-fiction"
Biographies, essais, récits de voyage, livres d'art, documents... Chaque genre était étudié sur deux séances, avec recherche documentaire dans la première, et traduction d'un passage dans la seconde. Il fallait élucider toutes les références littéraires (dates, évènements, faits, etc. Exemple : la traduction des titres de tableaux) et dans l'exposé, présenter le texte, les difficultés rencontrées, analyser le style...
- Références cuturelles américaines
L'Ouest et la frontière, legal culture, la religion : un extrait cadrant dans ces thèmes était étudié et traduit, avec entraînement au repérage de certains "lieux communs" de la vie et de la littérature américaine.
- Références culturelles britanniques
Même chose parmi les thèmes : société (Establishment, classes sociales...), monarchie, système éducatif, religions, "régions" (Angleterre, Ecosse, Pays de Galles, Irlande du Nord et Irlande), vie quotidienne (qui comprenait également le sport), médias, histoire et folklore, textes de référence (la Bible, Shakespeare, "Alice in Wonderland", limericks), arts.
- Traduction de la presse
Chaque semaine, à rendre, tout ou partie d'une traduction d'un article de presse, sur des sujets variés. L'occasion d'étudier les verbes déclaratifs, à propos desquels Stephen King était monté au créneau dans "On writing", et qui sont au contraire les grands amis d'Harlequin.
- Critique de la traduction
Etude critique et comparée des diverses traductions d'un même original visant à dégager les options majeures de chaque traducteur.
- Atelier de traduction
Assuré par Françoise Cartano (la traductrice du Prince des marées hiiiiiiiiii) qui donnait les orientations suivantes : Lire d'abord le texte comme un vrai lecteur, s'attacher au sens, relire ensuite "côté cuisine" (comment l'auteur s'y est-il pris ?), commencer par suivre le texte - respecter l'ordre, vérifier que tout ce qui est dans l'original est dans la traduction et vice-versa. D'après elle, il existe deux écoles de traducteurs : les mot à mot, et ceux qui mémorisent la phrase et la donnent en français, avec rapprochement au maximum de l'anglais dans un deuxième temps (elle se rangeait dans cette catégorie).
De là, Mélanie a dégagé ces deux approches de la traduction :
* Faire en sorte que le premier jet soit le plus définitif possible, quitte à passer des heures sur une phrase (approche F. Cartano)
* Se souvenir que le premier jet n'est qu'une étape et avancer dans le texte en gardant ses options ouvertes jusqu'au bout, et en ne cherchant pas à tout élucider sur-le-champ et à tout prix; Le travail se fait au gré des multiples relectures, de toute façon il faut toujours retravailler le début plus que le reste, et souvent ce qui était obscur dans les premiers chapitres s'éclaire à mesure que l'on progresse dans la traduction.
"Je tiens à dire que la première approche m'a longtemps bloquée lorsque j'ai recommencé à traduire après le DESS. A force de croire qu'il fallait faire juste et parfait du premier coup, je n'avançais pas et me décourageais. J'ai fini par comprendre que je fonctionnais différemment : pour moi, le premier jet est un vrai brouillon, j'ai d'ailleurs toujours été terrifiée à chaque nouvelle traduction à l'idée de mourir à cette étape de mon travail. Si quelqu'un était tombé sur ce premier jet, je serais morte - une deuxième fois - de honte."
A suivre...
"Ce sont toujours ceux qui parlent le plus fort qu'on entend. Ca ne signifie pas pour autant qu'ils ont tort, ni qu'ils ont raison à tous les coups !"
Publié dans Traduction | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : la traduction technique paye mieux, bien mieux, que la trad littéraire