26.09.2011

Je ne vise pas l'amour à l'horizon, je tire l'amour à bout touchant.

"je me suis levée,le froid m'a apaisée,j'ai regardé le ciel par la fenêtre,"bla bla,bla bla,184 pages dans ce style,moi,je n'aime pas,J'adore Stéphie. Je la connais un peu, dans la vie, comme on dit, et on s'entend plutôt pas mal. Mais alors quant à nos goûts littéraires, on ne pourrait être plus opposées (avec quelques exceptions, comme il se doit, Zola en étant une). Elle a adoré "L'unique objet de mon désir" de Frédéric Teillard (Editions Galaade, 2011) et son billet m'avait donné envie de le lire : erreur.

Grosse erreur même, tant ce roman m'a énervée. Un couple, la quarantaine descendante, lui écrivain, elle a un amant, les enfants sont grands, c'est la période de Noël. Elle part la passer avec celui qui lui met le coeur à l'envers, tandis que monsieur reste à Paris et est supposé écrire.

"... Je crois que je ne sais faire que des livres qui agissent sur leur lecteur comme la nouvelle d'un suicide, quelque chose qui frappe de paralysie les pensées conquérantes, galopantes, tournoyantes, et rend le mouvement aux autres, les tétraplégiques, les comateuses, les endormies, pour quelques heures au moins, quelques jours. Ce qui n'intéresse pas grand monde."

Moi j'aurais bien aimé, sincèrement, que Gilles me remue un petit quelque chose, mais je l'ai juste trouvé ennuyeux à en périr, avec sa façon de décortiquer le moindre micro embryon de truc qui lui traverse l'esprit, totalement à côté de sa vie. Et long. Je l'ai trouvé très, très longuet quand c'était son tour de s'exprimer. Alix est plus touchante, forcément, quadra totalement ravagée d'amour, mais elle passe elle aussi son temps à s'auto-analyser d'une manière que j'ai trouvée insupportable. Enfin, Nino, l'amant, n'a le droit à la parole qu'en épilogue, pour le très attendu coup de théâtre qui n'a rien de surprenant.

Rien que de très banal, vu sous un angle beaucoup trop intellectualisé pour la lectrice que je suis, avec un ton désenchanté qui a provoqué de l'agacement chez moi, plutôt que de se communiquer.

Stéphie, je le répète, en pense exactement le contraire. A vous de tester.