26.08.2011

Le pire de tous les défauts est de n'en avoir aucun

Balzac, La Comédie Humaine, Études de moeurs, Scènes de la vie privée

 

2. 1829 Le Bal de Sceaux

Écrit quelques années après la parution française d'Orgueil et préjugés, ce roman comporte assez de points communs avec celui de Jane Austen pour que ce ne soit pas une coïncidence. Une jeune héroïne pleine de caractère et de fougue, un amoureux fier et secret, des dialogues pénétrants mais hélas, une triste issue : Balzac est cruel.

Elle est jeune (mais déjà mariable depuis quelques années), elle est drôle, elle a un avis sur tout, et surtout sur ce qu'elle attend d'un mari : Émilie ne se mouche pas du coude, elle préfère rester vieille fille plutôt que de transiger; son époux sera beau, mince, grand, spirituel, riche et noble ou ne sera pas. Lors d'un bal, elle l'aperçoit. Ils se fréquentent. Maximilien reste très secret sur son identité et ses occupations. Néanmoins, lorsqu'elle le questionne directement, il lui fait une réponse énigmatique qu'elle interprète selon ses désirs :

"Quelque ambigüe que fût cette réponse, Mlle de Fontaine en ressentit une joie profonde; car, semblable à tous les gens passionnés, elle l'expliqua comme s'expliquent les oracles, dans le sens qui s'accordait avec ses désirs"

Et puis patatras : elle s'aperçoit qu'il travaille, et pire, dans les tissus (Oh !). Elle lui tourne alors le dos avec une incroyable impertinence (j'adore ! On sent que c'est le truc de folie à ne pas faire à l'époque :)) et passe son temps à le railler partout avec une langue acérée.

Or, le destin lui offre une seconde chance, lors d'un second bal. Mais la belle n'a jamais appris à museler sa langue et à reconsidérer ses opinions. Amoureux, Maximilien l'est, mais il ne supportera pas tout...

Et voilà comment on termine malheureuse et dans une triste vie, dont aucun détail ne nous sera épargné. Quel gâchis !