26.04.2010
Mansfield Park - ITV 2007
Voici donc la version ITV 2007 du roman de Jane Austen, "Mansfield Park". J'ai rarement vu une adaptation aussi ratée ! C'est une succession d'incohérences.

Évidemment, condenser un tel roman en 93 minutes tenait de la gageure, mais certains choix sont incompréhensibles, même avec la meilleure volonté du monde. Pourquoi donner les caractéristiques de la tante Norris (le chien, la somnolence, le côté abrutie...) à Lady Bertram ? Et, partant de ce choix, pourquoi alors malgré tout proposer une tante aussi inexistante pendant 1h30 ? Pourquoi faire l'impasse sur le bannissement de Fanny dans sa famille, si c'est pour le remplacer par de longues scènes montrant la pauvrette laissée seule à Mansfield ? Est-ce que l'intervention d'Henry Crawford en faveur de la carrière du frère de Fanny peut un seul instant remplacer la galanterie, le panache et la gentillesse de sa venue à Portsmouth ? Quel est le but de transformer la scène où Mary Crawford se fait renvoyer dans ses buts devant toute la famille soudée par un tête-à-tête portant, ô sacrilège, sur la petite frangine et non sur la mort de Tom qu'elle aspire de ses voeux ? C'est grave, car la clef du personnage d'Edmund est là, dans la vénalité qu'il entrevoit enfin, et non pas dans un jugement moral qui n'accepterait pas une trop grande clémence. N'im-por-te-quoi.
Le pompon étant sans nul doute la scène finale, où - et je n'invente rien -, on voit Fanny et Edmund le jour de leur mariage danser une valse enjouée, avec ce mot de Lady Bertram qui termine le film : "Oh look, they have learned a new dance !"...
Et puis c'est mal rythmé, pas joli, pas entraînant, décevant. Billie Piper reste Rose dans mon esprit, pas moyen de la voir en Fanny à un quelconque moment. C'est clairement dû à mon fort engouement pour Doctor Who, mais cette version de Fanny est fade, fade, fade à la base. On comprend d'ailleurs mal pourquoi Henry Crawford craque sur elle, tant à aucun moment il n'y a d'étincelle (cette scène du roman était si réussie !). Elle cendrillonne à outrance, laissant ponctuellement échapper le cher rire de Rose et on se prend à attendre un woosh-woosh. N'est pas une héroïne austénienne qui veut, même avec toute l'application du monde (et je ne parle pas des plans pas raccords, toute bouclée dans une pièce et hop, décoiffée-lisse en passant la porte !). La palme de la laideur revient pourtant à Edmund, petites mèches luisantes de gras, inconsistance totale, falot des pieds à la tête.
Ça m'a énervée, tiens.
Pas plus apprécié par Nataka.
(Vo et sous-titres en anglais exclusivement)
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