04.02.2010

Les canards en plastique attaquent - Christopher Brookmyre

brookmyre.jpgQuel titre idiot (et encore, ils n'ont pas traduit le "insubmersible") et quelle couverture repoussante : le roman est pourtant infiniment prenant. Enfin, il faut passer sur quelques petites choses, comme le disait Cathulu fort justement dans son billet (et grand merci pour l'envoi !). Multi-narrateurs, on ne sait jamais qui parle (je veux dire, ce n'est pas clairement écrit, il faut lire pour reconnaître - très vite et très facilement, au demeurant -  qui s'exprime), nombreuses allusions à une précédente aventure pas traduite en français, et la première partie part un peu dans tous les sens. Mais une fois bien installé dans l'intrigue, c'est du colle-aux-doigts qui réunit pas mal des choses que j'aime !

C'est presque un scénario de Hustle : une grosse arnaque montée des mois à l'avance à laquelle les gens veulent croire de toutes leurs forces. Sauf qu'il y a des meurtres, plus d'un, mais pas ceux qu'on nous annonce... Le Brookmyre est facétieux.

En gros c'est l'histoire d'un médium, un gars qui peut discuter avec les morts. Excellent sur scène, il parvient à obtenir que son "don" soit testé de façon très scientifique à l'université Kelvin. La question divise, pour le moins, et c'est un journaliste plus que sceptique qui va enquêter très sérieusement. Jack Parlabane pense qu'il s'agit d'un imposteur, mais il a un train de retard en ce qui concerne les modes opératoires. Et si c'était vrai ? Jack est parfois à deux doigts d'y croire...

Pendant un moment j'ai regretté que ce soit si embrouillé, et puis en fait ça a ajouté à mon excitation de lecture. Ce que j'ai ressenti très fort c'est de la malice, Christopher Brookmyre adore jouer avec les "rien dans les mains, rien dans les manches" et il sait raconter une histoire, même s'il la noie un peu.

J'ai a-do-ré le personnage de Michael, qui classe les filles en Inara ou Kaylee, et porte un long manteau marron en hommage à Firefly (et on ne la croise pas souvent, cette référence, hein Fashion ! :))

Enfin j'ai trippé complètement avec l'histoire des Soeurs Fox, qui démontre à mon sens l'incroyable désir des gens à se faire duper : tout ce roman le martèle, rien ne sert d'expliquer ce qu'on veut nous vendre pour inexplicable, la puissance de la foi (en quoi que ce soit) est supérieure. C'est à la fois triste, très inquiétant et passionnant.

Et moi j'aime toujours Christopher Brookmyre, Amanda, tu devrais reprendre ta lecture ! :)


Ed. Denoël, janvier 2010, 430 p.

Traduit de l'anglais (Ecosse) par Emmanuelle Hardy

Titre original : Attak of the Unsinkable Rubber Ducks

 

Cette histoire de canards en plastique : "Les insubmersibles canards en plastique" L'expression est de James "le Sensationnel" Randi, un magicien canadien et grand sceptique devant l'Eternel, pour décrire les gens déterminés à continuer à croire au surnaturel, sans tenir compte des preuves qu'on leur apporte de sa non-existence."