16.11.2010
Même sans méchanceté, on peut être malfaisant
"Ma mère exagère les choses. Quand elle pleure, c'est une inondation. Quand elle rit, c'est une
explosion. Quand elle parle de ses voisins, c'est la catastrophe. Par ailleurs, elle cuisine très épicé. Elle voit la vie en grand."
Pas facile d'être d'origine indienne dans un quartier pourri d'Amiens, d'être le seul ami de la voisine du dessous, Nejma, au gabarit impressionnant et que personne n'aime. Raja est en CM2, n'aime pas le catch, et sera le seul à croire son amie quand tous les autres l'accuseront à tort. Il nous raconte cet épisode, l'enchaînement de faits en cascade qui ont fait pleurer la directrice deux fois...
Un superbe petit roman dans la collection Neuf de l'Ecole des loisirs, qui nous glisse mine de rien quelques petites choses sur l'importance de l'urbanisme, le danger de ne pas creuser au-delà des apparences, et quelques réalités sociales, mais sans jamais donner quelque leçon que ce soit, avec beaucoup de simplicité et d'humanité.
Les personnages sont géniaux, le ton résolument gai, l'histoire bien tournée. On croque le tout d'une bouchée et on en redemande, évidemment. De toute façon, quand c'est signé Marie Desplechin, c'est toujours bon. (9-12 ans)
Babyfaces - Marie Desplechin
Ed. L'école des loisirs, collection Neuf, 2010, 139 p.
Merci Cathulu !
D'autres avis : Culturopoing, Lael, Journal d'un libraire, ...