04.08.2010

N'attendez pas trop longtemps - Agnès Marietta

Une maison dans le Vexin, dans un petit village très perdu, à vendre, mais attention, à quelqu'un quimarietta.gif doit plaire au propriétaire. Un agent immobilier, deux clientes. Action...

J'ai été charmée par ce premier roman d'Agnès Marietta, pendant les deux premiers tiers. Je le suis beaucoup moins par l'épilogue bien propre et gentil, qui traîne en longueur en ne nous épargnant aucune image pour bonne conduite.

Clara, la client numéro 1, est agaçante dès le départ, il faut lui reconnaître cela. Romancière à caprices et introspection, elle sautille sans arrêts et décortique tout ce qui bouge à coup de pensées définitives. Pourtant c'est elle qui entraîne tout ce petit monde romanesque, et qui nous fait tourner les pages, l'une après l'autre.

"La maison dont il parlait, le fameux "coup de coeur", est à Vaillancourt, petit village paumé, sans grand intérêt, dont il m'a fait faire le tour à pied comme s'il appartenait au patrimoine de l'Unesco. Je l'ai suivi de bonne grâce, j'aime bien les gens passionnés par ce qu'ils font, même quand ça ne m'intéresse qu'à moitié. Je manque, dans mon entourage, de gens passionnés : il y en a surtout qui s'évertuent à paraître plus brillants, plus percutants que les autres, et de tous leurs bons mots, de toutes leurs phrases, il ne reste jamais rien. Il suffit de se retrouver au lit avec un de ces énergumènes aux sourcils froncés pour se rendre compte que, dans le fond, ils savent bien que leurs paroles ne pèsent, ne sentent, ne touchent rien, ce sont juste des commentaires. Eux-mêmes ne sont que des commentateurs, et c'est ça qui leur plaît, qui les rassure, se tenir aussi loin que possible de tout ce qui brûle, tache, souille ou embaume; toutes ces sensations - froid, chaud, lisse, visqueux, râpeux -, ils se les gardent pour leur usage personnel, mais on ne mélange pas, n'est-ce-pas, on ne mélange pas."

Une rencontre entre des êtres insatisfaits, une bonne beuverie au milieu, des tâtonnements, des essais, des chieuses, si, ce roman a quelque chose qui me plaît, malgré ses défauts, et surtout malgré la maison qui représente exactement tout ce qui serait mon enfer personnel.

 

Ed. Anne Carrière 2006 & Pocket 2008, 212 p.

 

Merci Juliette !