24.11.2009

Le Propre de l'homme - Robert Merle

Lorsqu'Edmund Dale, anthropologue, accepte d'accueillir et d'élever chez lui un bébé chimpanzé il se doute bien des difficultés qu'il va merle 2.jpgimmanquablement rencontrer. Mais outre le fait que refuser serait condamner ce bébé (sa mère, née en captivité, n'a eu aucune expérience de la maternité, et tue sauvagement ses enfants dès leur naissance), toute la famille Dale est unie et enthousiaste à l'idée d'apprendre le langage à un chimpanzé. D'autres expériences ont été menées, les résultats sont contradictoires et les Dale mettent tout en oeuvre pour communiquer avec Chloé.

Ce qui fonctionne très bien. Chloé fait partie intégrante de la famille, elle est intelligente et très attachante. Mais être un chimpanzé seul au milieu des humains n'est pas prudent, et c'est ce que ce roman va nous démontrer...

Écrit 22 ans après "Un animal doué de raison", "Le Propre de l'homme" s'en différencie en se restreignant dans les limites des faits connus, sans aucune science-fiction. Son intrigue est prenante et sa conclusion frappe comme une gifle, dans une concision et une vitesse totalement inattendues. J'ai regretté que le style soit aussi daté, les dialogues comme empesés et le tout pris dans une chape d'extrême politesse et de bienséance qui semblent réellement anachroniques (y a-t-il encore un enfant au monde qui ressente de la honte de perdre un bouton, par exemple ?).

Celle qui tire admirablement son épingle du jeu c'est Chloé, son personnage atteint une densité et une vérité qui la font sortir des pages pour nous poser question longtemps après notre lecture. Qu'aurait-il fallu faire ? Bien malin qui pourrait répondre...

Ed. de Fallois, 1989 & Le Livre de Poche 1991, 408 p.