15.04.2006
La thaumaturgie par excellence
Richard Powers – Le Temps où nous chantions

"Ca nous traverse, et nous réordonne"
Ne cherchez plus ce que vous allez lire, c’est ce roman ci et plus un autre, c’est fini.
Il a tout, il est prodigieux. Dieu sait que je m’emballe facilement, mon panthéon d’écrivains est déjà bien rempli, mais celui-ci m’a mise à genoux, je suis laminée, l’herbe ne repoussera plus jamais après Richard Powers.
Bien évidemment vous devrez l’acheter, on n’emprunte pas un tel chef-d’œuvre, et en plus vous le relirez, vous qui, comme moi, n’aimez pas ça en général.
De toute façon une seule lecture serait une hérésie pure et simple, c’est la mise en bouche, l’histoire prise au premier degré, le cœur qui bat, chante, danse, pleure, rit, s’ouvre, se ferme et se soulève pour la famille Strom, sur soixante ans d’histoire américaine.
Je ne parle pas du reste, les deux sujets de fond, le racisme et la musique, pour en savoir plus sur le contenu du roman, la très belle critique de François Busneldans le magazine LIRE
Le Temps ne s’écoule pas, il est, et comme la boucle qui unit Délia, David et le petit Ode, on se retrouve au point de départ, époustouflés.
Que quelqu’un puisse écrire un truc pareil est miraculeux. Heureusement que ça n’arrive pas tous les jours, mon cœur ne tiendrait pas le coup. Et un grand coup de chapeau aussi à Nicolas Richard, qui signe là une traduction enchanteresse.
"Mais en fin de compte, personne ne voit les autres. C’est notre tragédie et c’est ce qui, en définitive, nous sauvera peut-être. On ne se guide que d’après les points de repère les plus grossiers. Continuez tout droit jusqu’à atteindre « désespoir ». Arrêtez-vous à « oubli total », faites demi-tour, et vous y êtes."
Traduction de Nicolas Richard
763 p.
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