22.09.2010

Mockingjay (The Hunger Games III) - Suzanne Collins

"Under better conditions, on a day with fewer horrors and more rest, someone would surely know what to say."

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Mais en l'état, là, je ne serais pas celle-là. Incapable d'attendre la traduction française, j'ai profité de l'exemplaire en VO de Fashion (merci !), et je peux affirmer qu'il est tout à fait accessible à un niveau moyen d'anglais. Je lis lentement en anglais, 20 mn par chapitre, mais les derniers m'ont fait atteindre une vitesse de lecture jamais égalée, tant ils sont impossibles à lâcher.

Ce troisième et dernier opus est à mon sens le meilleur, dans la mesure où il reprend les éléments des deux premiers en leur apportant une densité et une vision d'ensemble, mais il s'éloigne radicalement de l'univers Jeunesse et laisse définitivement la noirceur l'habiter tout entier.

A un moment Katniss va voir Haymitch pour qu'il l'éclaire sur un point très important, mais il est soûl, et lui demande quels petits problèmes avec les garçons elle a encore; elle part, constatant à quel point il ne peut l'aider, combien elle est à des années lumière de ces considérations adolescentes.

Mockingjay, c'est ça. Il n'y a plus de Team Peeta ou Team Gale, plus de beaux gestes, d'émotion facile, de happy end que l'on attendrait le coeur battant et le rose aux joues; on est dans la cour des grands, c'est la guerre, c'est la remise en question des fondements de toute société, ce sont de vraies valeurs et de vraies interrogations qui sont en jeu.

Ce qui n'empêche pas un suspens de folie, des alliances qui se nouent, une confiance qu'on ne peut pas - ou plus - accorder, des petites vexations idiotes. Le personnage de Prim est bien développé, pas qu'elle soit super présente non plus, mais ses interventions sont fortes, notamment la dernière (je n'en revenais pas). Elle m'a évoqué Dawn, dans Buffy. 

Le seul petit point faible, c'est l'accumulation. Il se passe une multitude de choses, parfois résumées en un écoulement du temps qui ne sonne pas hyper juste. Mais c'est un détail, tant l'univers créé est fort. J'ai carrément pensé à Orson Scott Card, par moments.

J'ai trouvé l'épilogue magnifique. Il a un impact sur le lecteur, physiquement on se sent épuisé, triste, mais apaisé en même temps.

Une trilogie hautement recommandable, pas avant un bon 12-13 ans, à mon sens.

 

Scholastic Children's Books, 2010, 455 p.

26.12.2008

Champs d'ombres - Cornelia Read

Madeline a épousé Dean, et le couple est heureux. Elle est journaliste en charge des menus articles sur des sujets futiles, et s'ennuie à mourir read.jpgdans le bled de Syracuse d'où est originaire toute la famille de son mari, d'autant plus que ce dernier s'absente de longues périodes au Canada pour le boulot. Du côté de sa propre famille, c'est plutôt distendu, et étrange. Grande lignée de Wasps de Long Island, les Dare sont farfelus et fauchés. Ainsi son grand-père paternel, par exemple, prédisait que toute bataille de boules de neige tournerait à la catastrophe en concluant "et il faudra t'emmener à l'hôpital et l'anesthésie ne marchera pas". Ou encore la formule d'adieu traditionnelle de sa mère est "Parle aux inconnus !". Avec des gènes pareils, vous avez intérêt à surveiller de près tout ce qui fait vibrer vos antennes, dit-elle, et effectivement, son intuition va être mise à rude épreuve.

Son beau-père lui donne un jour des plaques d'idendité militaires retrouvées en labourant un champ, à l'endroit où 19 ans plus tôt ont été découverts les corps de deux jeunes filles assassinées. Ce double meurtre n'a pas été élucidé, et les plaques appartiennent à son cousin, Lapthorne, le seul qui ait jamais eu ses faveurs dans sa drôle de famille. En cherchant à en savoir plus, Madeline se fourre dans un guêpier inextricable...

Une narration farfelue et des moments incongrus rendent ce roman noir attachant. On se fait ballader en pensant renifler la réponse d'un côté, tout concorde et pourtant non, roulés dans la farine. Original et différent, à tenter !

 

Ed. Actes Sud, Actes Noirs, 2007, 507 p., 23,80 €

Traduit de l'américain par Laurent Bury

Titre original : A field of Darkness

 

L'avis de Polar noir.

 

03.11.2008

Seul le silence - R.J. Ellory

"L'espoir est une commodité terriblement surfaite"

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Nous sommes en Géorgie, en 1939, Joseph Calvin Vaughan a 12 ans,  il voit une plume blanche voleter jusque dans sa maison. Cet objet délicat et innocent se charge alors d'une funeste signification, l'annonce de la mort. A chaque fois qu'elle viendra - si durement - frapper son entourage, il en verra une.

Bien sûr, il y a une histoire dans ce roman. L'évoquer serait pourtant maladroit, tant elle n'a finalement que peu d'importance. R.J. Ellory pourrait nous raconter n'importe quoi, on le lirait jusqu'au bout de toutes les nuits jusqu'à avoir passé le point final.

Dès les premiers mots, il y a une qualité d'atmosphère, une oppression subtile et une mise en place de l'action si lente et si délayée qu'on en oublie complètement la 4° de couv qui nous annonçait (en gros) un thriller. Mais on est véritablement rivé à chaque mot, chaque instant est si intensément ressenti qu'on s'installe aux côtés de Joseph, on dissèque avec lui chaque évènement, on se réjouit, on tremble, mais le plus souvent, on compatit, pire, on est bouleversés.

Il y a du Stephen King dans cette écriture-là, celui qui faisait trembler les coeurs d'enfants avec des affichettes toutes simples sur des poteaux de bois, du Truman Capote qui décrypte minutieusement le fait-divers, il y a du sang, de l'horreur, des émotions fortes, des grandes aussi, des belles, des gamins sortis du lot par leur institutrice épatante, un écrivain qui étale ses tripes pour survivre, de la folie, des amitiés, des bébés qui ne naissent pas, New-York, des petits bleds paumés et des culs-terreux que la peur pousse à la bêtise....

Il y a ... tellement de choses, une telle injustice et tout un univers qui s'enflamme au contact de nos yeux éperdus, que oui, vraiment, lire cette histoire est une expérience qui laisse un souvenir impérissable. (The Guardian).

C'est une plongée en enfer avec un brave petit gars qui n'emmerdait personne, que la nature avait plutôt gâté au départ en lui octroyant un don, celui d'écrire. Son père meurt, sa petite ville devient le théâtre de meurtres indicibles, des petites filles violées puis démembrées. La peur s'installe, la peur de son voisin, car le monstre est parmi eux, forcément. La vie passe, la vie frappe, et devenu adulte, Joseph est poursuivi par l'horreur. Les meurtres de petites filles continuent, un peu partout dans l'état, mais lui est intimement (dans sa vie privée) rattrapé par les plumes blanches, et il ne comprend pas, le rapport, pourquoi, comment, qui.

On sait pourtant qu'il a fini par trouver "une" réponse, puisqu'il nous raconte tout ça rétrospectivement...

Indispensable et merveilleusement douloureux.

 

Ed. Sonatine, 2008, 498 p., 22 €

Traduit de l'anglais par Fabrice Pointeau

Titre original : A Quiet Belief in Angels

 

 

12.08.2008

Flashs et trous noirs

tapply.jpgWilliam G. Tapply - Dérive sanglante


Le tome où l'on fait connaissance avec Stoney Calhoun, homme mystérieux s'il en est. Il a passé de longs mois à l'hôpital, n'a plus aucun souvenir de qui il était. On lui a dit qu'il n'avait aucune famille, que physiquement tout était redevenu fonctionnel. Il aurait été foudroyé en montagne, et son compagnon lui aurait sauvé la vie en pratiquant sur place massage cardiaque & co. Mais de ce sauveur, aucune trace. Une forte somme d'argent arrive par magie chaque mois sur son compte bancaire, et un homme en costume gris passe régulièrement voir l'avancement du retour de sa mémoire... Calhoun s'installe dans le Maine, bosse dans une petite boutique de pêche et fait le guide. Cette vie apaisante semble pas mal lui convenir, s'il n'y avait pas ces rêves étranges et ces visions. L'assassinat de son nouveau meilleur ami va faire ressortir d'anciens réflexes et capacités dont il n'avait nulle idée...

Un roman qui se dévore et dans lequel on entend chanter les oiseaux, glouglouter les truites et soupirer les chiens. Au final il nous démontre encore la laideur de la nature humaine, mais on est fermement harponné et on brûle d'en savoir plus sur ce personnage intrigant. Une fois commencé, impossible de le lâcher, comme de ne pas commander la suite, Casco Bay, sortie au mois de Juin. Un peu comme chez Indridason, mais en (beaucoup) moins froid...

Ed. Gallmeister, collection Noire, 2007, 268 p., 22,90 €
Trad. (USA) par Camille Fort-Cantoni
Titre original : Bitch Creek

Elles ont aimé aussi  : Amanda, Marie, Laure, Patricia

25.05.2008

N'abordez jamais un écrivain qui fait ses courses

Donald Westlake - Le contrat

D'un côté, un romancier à succès qui traverse une panne : il est train de divorcer à grand fracas et ça lui pourrit la vie. Il n'a rien en chantier, or il est déjà très en retard pour livrer un nouveau roman à son éditeur. De l'autre, un romancier qui ne vend plus, malgré la publication sous pseudonyme (secret). Les deux sont de bons auteurs, ils se sont connus plus jeunes. Tombant par hasard l'un sur l'autre, ils vont se mettre d'accord sur un contrat profitant à chacune des parties. Mais quels sont les termes exacts du contrat ?!...

C'est tout ce que je choisis de dire à propos de ce roman. Comme bien souvent, si par bonheur, à mon exemple, vous n'avez pas encore lu ce petit diamant brut de noirceur ne lisez absolument rien d'autre à son sujet : précipitez-vous en librairie, prenez votre après-midi et ne bougez plus du fauteuil : ça ne souffre aucune interruption !

Vous verrez comment un lecteur peut avoir le souffle coupé par un changement de rythme miraculeux (p. 95, 7° ligne, je ne m'en remets pas !), constaterez, admiratifs (et bouillonnants d'envie de les lire) que Westlake insère ses autres titres, ou morceaux d'intrigue, au récit, que l'édition est devenue une jungle avant tout commerciale, et ne pourrez lâcher le tout avant le dernier mot, redouté mais malgré tout surprenant (plus dans sa narration qu'intrinsèquement, je vous l'accorde).

En fait, on nous fait sans cesse espérer une amélioration, un retour à la normale, c'est tangible, tout autant que la lente spirale vers le fond. L'un s'empare de l'autre, en quelque sorte, et au moment où l'antipathie change de camp, pan.

Très fort.

Merci encore, Amanda !


Ed. Payot & Rivages, 2000 et 2003 pour l'édition poche, 316 p., 8,40 €
Trad. (USA) par Daniel Lemoine
Titre original : The Hook

12.03.2008

"Qu'est-ce que je dirais ? Vous n'avez qu'à lire le bouquin, connards ! Tout est dedans. Tu crois que ça marcherait, putain ?"*

Karin Alvtegen - Ténébreusesalvtegen.gif


Voici les apparences : un écrivain moribond mais universellement connu : il a reçu le Prix Nobel pour l'ensemble de son oeuvre, Axel Ragnerfeld. Un fils, Jan-Erik,  qui perpétue sa renommée en assurant de nombreuses conférences et lectures autour de l'oeuvre de son père. Un jeune homme paumé et perturbé, Kristoffer, qui tente d'écrire sa seconde pièce de théâtre. Quelques personnages féminins, aussi, tout aussi préoccupés (dévorés ? hantés ? torturés ? compliqués, en tous les cas) : les mères, épouses, fille, maitresse. Mélanger, secouer, servez : on plonge dans l'horreur totale.

Ca commence gentiment, par une employée municipale chargée de régler les successions; Marianne Flokesson est une brave personne, elle a à coeur de faire correctement son travail et met un point d'honneur à chercher au maximum à retracer la vie de Gerda Persson. 92 ans, une longue vie d'employée de maison chez les Ragnerfeldt. Elle fait de Kristoffer son unique héritier (de pas grand-chose en réalité). Mais pourquoi ? Quel rapport peut-il bien avoir avec elle ?...

A partir de là, on entre très progressivement dans une noirceur de plus en plus opaque et étouffante au fil des pages. Il y est question de réputation, des choix que l'on est amenés à faire au fil d'une vie, de folie, de renoncements, d'actes signifiants et de manquement, surtout. D'énormes, d'immondes, de terribles manquements, qui giflent les grandes idées et intentions, qui rabaissent l'intellectualisation à un rang presque minable, quand la perspective, fût-elle louable, fait oublier ceux qui sont là, autour, concrets et vivants.

Au premier tiers je me suis demandée si ça valait la peine de continuer, je voyais l'intrigue déroulée d'avance et il n'y avait guère de suspens possible. Je le termine en fait les joues en feu, c'est d'une puissance psychologique assez inouïe. Remuant, déstabilisant, bousculant. Un très bon roman !

Ed. Plon, Mars 2008, 315 p., 20 €

Trad. (Suédois) par Magdalena Jarvin
Titre original : Skugga

*"En plus, je suis moche."

08.05.2007

Mon Blockinou !!

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Lawrence BlockLes fleurs meurent aussi

Seuil, 2006
Points, 2007

 

Où l’on retrouve Matt Scudder, presque en retraite, rien n’a changé, mais rien n’est plus exactement pareil. Il a vieilli, se traine un peu, manque de réflexes, ne pulse plus aussi bien et pour tout dire, ne nous surprend en rien dans ce dernier opus. Pas vraiment remis du 11 Septembre, toujours fidèle aux réunions des AA, il se retourne souvent sur tous ceux qui l’ont accompagné des années durant et qui ne sont plus là. A ce propos, c’est une de nos vieilles connaissances qui va lui faire des misères. Elaine et TJ manquent eux-aussi de peps, pas une seule vanne de notre jeune ami, présent d’accord, mais fantomatique, particulièrement transparent.

Et pourtant, on retrouve ses marques, on a l’impression de renouer avec un vieil ami, ce monde-là, on le reconnait, dès les premiers mots on se réchauffe le cœur, aucune importance si l’intrigue n’est pas retorse. Le sale type de l’histoire, quand même, dans ses parties en italique, m’a donné la nausée, avec force descriptions : sale tordu.

Allez, Matt, tu t’en es sorti encore une fois, des plumes en moins, mais tu ne lâches pas, hein…

 

Traduction (USA) d’Etienne Menanteau
393 p.

 

En parlent aussi : Thierry Godefroid et Tamara

 

04.12.2006

Silence, on tourne

Chantal PelletierNoir caméra !

Fayard Noir, 2006

 

Quatorze nouvelles, dont certaines ne dépassent pas les deux pages, d’autres beaucoup plus longues. Leur point commun, c’est l’image, et la distorsion qu’elle induit, dans le registre du noir, du glauque, du moche et de l’inquiétant.
L’image, donc, qu’elle soit télévisuelle, mentale, en trompe-l’œil, par le biais de la caméra, de la célébrité ou qu’on se cache derrière un corps qui est tout, sauf nous, le nous « du dedans » qui finalement, seul compte, et tant pis pour le cliché.

Comme dans La grosse, Claire à l’intérieur de Lisa, rempart contre le souvenir de soi par rapport à l’œil du père, qui survit cahin-caha jusqu’à ce qu’un appel à la télé remue trop.
Ou Des lettres et des chiffres, quand un écrivain de 72 kg, au cours d’un salon du livre provincial et morose va enfin arrêter de se pourrir la tête avec tous ces chiffres comparatifs, normatifs, pour décider de profiter, vivre, tant qu’il est temps.
Ou encore comment dans Urgence, se servir de la télé pour obtenir ce que la simple décence aurait du nous fournir d’office.

Bref, un petit tour d’horizon pas tendre, pas gentil, qu’on lit d’une traite. A éviter les jours de spleen, quand même.

 

191 p.

* MAJ du 19/07/2007 : Du même auteur, je conseille très très fortement "Tirez sur le caviste", Editions La Branche collection Suite Noire, qui est un régal jouissif.

06.07.2006

Matt Scudder, des plumes perd...

Lawrence Block

 

Même les scélérats

Seuil, 1997

Un éditorialiste du Daily News, journal à sensation, a titillé par ses articles un tueur en série : Will, qui s’est autoproclamé La Voix du Peuple, lui envoie des lettres ouvertes dans lesquelles il annonce ses prochaines victimes, toutes des personnalités dont la disparition, selon lui, assainira la société. Lorsque Adrian Whitfield, grand avocat New Yorkais, est désigné comme future proie, il demande un coup de main à Scudder

Tous les indices sont là très rapidement pour nous désigner le coupable, et quand vers la page 200 on en a la confirmation, on se sent un peu floué : c’était trop simple. On enchaîne alors avec une intrigue parallèle, qui elle est trop technique. Je me suis un peu perdue dans les méandres des investissements financiers.

Heureusement la personnalité de Matt aussi est toujours là pour faire passer bien des choses, et l’épilogue nous montre une nouvelle facette du bourru : la générosité.

Traduction (USA) de Robert Pépin
335 p.

 

Ils y passeront tous

Seuil, 1999

1997, tout soudainement Mick Ballou et Matt Scudder deviennent la cible de tueurs inconnus : Agressions, bombe, et assassinats divers dans leur entourage, aucun doute, on cherche à leur passer un message, et ce dernier est très clair : Vous y passerez tous.

Avant de chercher à comprendre qui est derrière tout ça, pourquoi et qui les renseigne, nos deux amis envisagent de partir se mettre à l’abri. Juste une seconde, en fait, avant de commencer à fureter…

Un opus où on panique un peu quand les personnages emblématiques des aventures de Scudder commencent à tomber comme des mouches : Oh non pas lui ! Attention à l’autre ! Comme les « importants » ne sont plus hors d’atteinte, on se met à sérieusement craindre le pire et du coup on lit chaque page avec précaution, sur la pointe des pieds.

Autant vous dire qu’on est assez malmené dans les rues de New-York par les temps qui courent. Finalement comme dans la vie (enfin presque…).

Traduction (USA) de Robert Pépin
388 p.

 

Trompe la mort

Seuil, 2002

Tout se renouvelle ici, la construction et le genre, qui penche plus vers le thriller que vers le polar classique. Néanmoins Matt reste Matt, et faut pas l'énerver.

63 ans, notre ami, et toujours réfractaire à l’informatique. 18 ans qu’il n’a pas touché une goutte d’alcool, qu’il se rend fidèlement deux à trois par semaine aux réunions des AA. Mais son passé le rattrape avec la mort de sa première femme, l’occasion pour lui de voir ses fils. Il croyait avoir réglé ses problèmes de conscience, constate que le temps pose juste un voile, sans rien effacer.

Alors pour secouer un peu ce bourdon qui ne veut pas dire son nom, il se lance tout seul dans une enquête, bouclée par la police, dont il trouve la solution trop commode pour être honnête.

Et en effet, il semblerait que l’assassin court toujours. Il joue au petit malin, sans en avoir complètement la carrure cependant, et son goût pour Internet pourrait bien le perdre. Mais qui est-il, que cherche-t-il ?...

Un dénouement qui nous donne l’eau à la bouche, on veut la suite, vite, vite !

Traduction (USA) d’Etienne Menanteau
424 p.

19.06.2006

Block un jour, Block toujours !

 

Lawrence Block

Editions du Seuil
Traductions de Robert Pépin

 

La balade entre les tombes

(1994)

Un an et demi après le sale épisode des snuffmovies, Scudder est engagé par un trafiquant de drogues; sa femme a été enlevée, et rendue contre rançon, mais découpée en morceaux. Alors même s’il n’a pas une grande passion pour les dealers, ce dernier point rend Matt certain qu’il a là affaire à des tueurs en série. Il plante ses crocs dans l’histoire, et comme d’habitude, ne lâchera pas avant d’avoir posé un point final…

En parallèle, TJ qui prend de l’importance, Mick en séjour en Irlande (« C’est un chouette pays, l’Irlande, mais je vois pas qui pourrait avoir envie d’y vivre. »), et Elaine, notre belle Elaine, qui…Ah il faut le lire vous-mêmes !

Sans oublier toujours le côté social, les States toujours en avance d’un métro sur la France (débat sur la légalisation des drogues douces, par exemple, en 1992…)

408 p.

 

Le diable t’attend

(1995)

Commençons tout de suite par ce qui m’a gonflé, coup sur coup dès les premières pages :
urban legend traduit par, tenez-vous, « folklore citadin ». Héé si.
« Notre chambre comportait un lit à baldaquin, une table de toilette et un sceau hygiénique »
En cire ?
Pfff.
Mais je reviens à mes légendes urbaines. C’est quand même Robert Pépin, le traducteur. Pas le premier venu, directeur de collection, tout ça, alors si ça se trouve il a voulu faire de l’humour. Va savoir. Un truc pour initiés, genre second degré d’intello, chais pas.
C’est le genre de petit détail qui me turlupine des jours, ce truc.
Je me fatigue moi-même.

Ceci dit tout le brio de Monsieur Pépin ne lui aura pas épargné THE boulette, le truc que décidemment, je ne peux lui pardonner.

Non, Monsieur Pépin, l’acronyme célèbre dans la police n’est absolument pas BOTONCUVAFAP pour Bouge Ton Cul et Va Frapper Aux Portes, non.

Rosine Fitzgerald l’a beaucoup mieux rendu en 1985, par AGOPAPAP pour Assez Glandé On Passe Au Porte A Porte.

Alors bon, déjà qu’il faut se retaper tout l’historique des personnages à chaque nouvelle enquête, si en plus la traduc ne tient pas compte des précédents opus…

Je milite fermement pour Rosine Fitzgerald seule traductrice officielle de Lawrence Block, messieurs de chez Seuil.

Sinon cet opus est bon, comme toujours, un sdf est accusé d’avoir tiré 4 balles à bout portant sur un avocat dans la rue. Lui-même n’ayant pas les idées très claires, son frère embauche Matt pour voir si c’est avéré, ou pas. Jan ressurgit, mais subrepticement, car…

Suite dans le roman !

370 p.

 

Tous les hommes morts

(1996)

De tout temps, les hommes ont aimé les confréries, les réunions d’initiés avec rites immuables. Ce club-ci remonterait parait-il au roi Salomon, et sa seule obligation tient en un dîner annuel. Au départ 31, ses membres se voient rétrécir comme peau de chagrin. Alors malchance particulièrement centralisée ou autre explication ? Scudder va accepter de se pencher sur la question, qui va l’emmener pour une fois dans un New-York un peu plus huppé.

D’ailleurs il se fait un peu pépère, notre Matt. Il a passé le cap des 10 ans de sobriété, s’embourgeoise tranquillement avec Elaine qui tente (maladroitement, pour ce que j’en ai pensé) de pimenter leur relation, voit arriver la soixantaine mais ne se retourne guère sur sa trajectoire.

Et ce n’est pas la conclusion qui va réveiller tout ça….

340 p.

 

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