01.03.2011

Le Léopard - Joe Nesbo

Il en est au sein des blogueuses comme dans la vie, il y a des chasses gardées. Certaines ont leur Davids (car il en existe plusieurs), d'autres leur Coliiiin, leur Matthew ou leur Patounet, Harry Hole, avant toute chose, que ce soit bien clair, est le chouchou de Tamara. J'aurais pu (et dû, certainement) commencer par le début et lire dans l'ordre les opus consacrés à ce policier norvégien, mais voilà, dame Amanda (merci !) a placé entre mes mains "Le Léopard", et c'est par celui-ci que je suis tombée foudroyée.

 

norvège,alex fouillet,excellent traducteur,thriller,

 

Harry Hole est craquant, je confirme. Véritable déchet humain, laminé par le sort et jouet de toutes les addictions, il est l'archétype de celui qu'on suivrait n'importe où, dangereusement séduites par ses avertissements, il tombera et nous fera tomber avec lui. Alors oui, on veut bien croire qu'un tel homme est capable de se sortir au final de n'importe quelle situation (oh cette fin rien moins que Jamesbondienne...), et on a tellement foi en ses déductions qu'on se fait avoir avec lui à chaque fois.

Dans cette enquête où l'on prend l'avion comme qui rigole, on passe de Hong-Kong au Congo en passant par les quartiers d'Oslo ou les refuges en haute-montagne, sur fond de guerre des polices. Il s'agit de trouver un tueur en série, et de comprendre son mobile. On tâtonne à qui mieux-mieux, Joe Nesbo, le retors, excellant dans l'art d'élaborer des théories convaincantes pour les exploser aussitôt, nous laissant plus d'une fois dépourvus : mais alors, si... De quoi cogiter et se perdre (et détester quelqu'une au passage, oh la s....., me suis-je épanchée par mail auprès d'Amanda) (car je n'ai jamais rien vu venir). Riche en surprises, en scènes marquantes (l'avalanche comptant parmi celles qui m'ont le plus impressionnée), ce roman possède surtout un ton véritablement particulier. On sent du fond, je trouve, on sent une immense humanité derrière le suspens, c'est envoûtant, c'est prenant, j'en redemande.

 

Ed. Gallimard, Série Noire, 2011, 761 p.

Traduit du norvégien par Alex Fouillet

Titre original : Panserhjerte

 

Les avis de : Amanda, Jean-Marc Laherrère, Moisson Noire

15.02.2010

La Ferme des Neshov - Anne B. Ragde

On avait quitté toute la famille réunie pour l'enterrement de la mère. Après avoir noué ou renoué connaissance les uns avec les autres, ragde 2.jpgchacun est retourné à son propre quotidien, tout en maintenant un lien ténu. Tor et ses truies, Margido et ses cercueils, Erlend et Krumme dans leur Danemark, Torunn et sa clinique vétérinaire à Oslo. Et la vie avance...

Second volet de la saga des Neshov (après La Terre des mensonges), cet opus donne dans le pur divertissement. On suit le quotidien de chaque membre de la famille, ils ont leur lot de tristesse (voire de désespoir) mais c'est pourtant une certaine gaieté, une légèreté qui domine. On a toujours de grands passages sur les animaux, des liens familiaux timides, des solutions miracles qui déboulent comme par magie. On est clairement dans un registre sympathique, un peu à la Armistead Maupin, le froid et la neige en plus. Il se passe beaucoup de choses, ça bruisse, ça pleure, ça rit, ça tombe amoureuse, c'est un peu beaucoup, tout ça. En même temps ça fonctionne vraiment, on se souvient instantanément du premier volume, nos personnages existent pour leur lecteur.

La dernière page se ferme sur un épisode dramatique dont on voudrait la suite immédiatement ! Vivement le dernier volume de la trilogie :)


Ed. Balland, 2010, 380 p.

Traduit du norvégien par Jean Renaud

Titre original : Eremittkrepsene

29.09.2009

Madame la Présidente - Anne Holt

Snapshot_20090929.jpgPour faire la connaissance de Vik et Stubo*, c'est dans "Une erreur judiciaire", dans "Cela n'arrive jamais", leur couple s'affirme, et un bébé vient le couronner. Dans ce troisième volet de leurs aventures, on en apprend un peu plus (un peu) sur le passé de Vik aux Etats-Unis, et pour cause !

Nous sommes en 2006, c'est une femme qui vient d'être élue Présidente des Etats-Unis. Pour son premier voyage officiel, elle choisit la Norvège, ce petit pays calme et tranquille. Et elle y disparaît. Genre mystère de la chambre jaune.

L'Amérique entière est en émoi, toutes les agences déboulent en Norvège : Secret Service, CIA, FBI, NSA, tout le monde est sur les dents. La police norvégienne n'entend pas vraiment collaborer, chacun son territoire. Mais Stubo va se trouver "affecté" à celui qui avait été l'instructeur de Vik...

Au risque de me répéter, c'est encore rivée aux pages que j'ai pris grand plaisir à lire ce roman d'Anne Holt. L'intrigue est ici plus compliquée, on navigue dans une atmosphère d'espionnage et de terrorisme, mais nos héros sont toujours présents et je les trouve décidement très attachants.

 

Ed. Plon, 1er Octobre 2009, 335 p.

Traduit du norvégien par Alex Fouillet

Titre original : Presidentens valg

 

(le "o" barré en oblique se prononce "eu" comme dans "bird", apprend-on à un moment, autant Vik, bon, ça doit se prononcer Vik, autant Stubo doit donner un truc comme Stoubeu. Dans tout le roman, on joue beaucoup sur la langue utilisée, et le norvégien a l'air particulièrement coton à prononcer :))

22.09.2009

La Terre des mensonges - Anne B. Ragde

L'histoire est très simple (encore qu'elle connaisse un rebondissement final surprenant) : Norvège, une famille aux liens distendus, la mère qui a ragde.jpgune attaque, les membres qui sont contraints de revenir et de se revoir. C'est l'hiver, il fait très froid, la ferme est sale, l'élevage de cochons pue, les frères ne savent plus se parler.

Mais ce roman possède quelque chose de tout à fait particulier, qui nous penche sur chacun des protagonistes, nous plonge au coeur même de leur vie tout en ne parlant que de leurs agissements. C'est prenant comme tout, on apprend plein de choses sur les animaux, on s'immerge totalement dans une ambiance pragmatique qui nous fait tout oublier.

Une saga familiale qui après un très grand succès dans quinze pays verra une suite paraître en 2010, j'ai hâte !

 

Ed. Balland, 2009 371 p.

Traduit du norvégien par Jean Renaud

Titre original : Berlinerpoplene

 

Ca a moins plu à Cathulu (pourtant, ce grand passage sur les vaches ! :))

29.02.2008

Vegard Krogh tenait un blog, un de ces trucs incompréhensibles, nombrilistes, où il ne fait pas un pli que la personne qui gère ça se pense immensément intéressante aux yeux du monde.

holt.jpgAnne Holt - Cela n'arrive jamais


Pardon pour le titre à rallonge, mais comme c'est le seul sourire de tout le roman, je voulais vraiment le mettre en avant. Parce que sinon, on ne rigole pas trop dans ce roman qui parvient pourtant à nous attacher à son intrigue, ficelés comme des saucisses : j'ai lu les dernières pages en grappillant des minutes dans des situations pas possibles, je l'ai trainé partout, ce bouquin ! Il ne m'était tout simplement pas possible de le laisser m'attendre jusqu'au soir, j'étais engluée (plus que volontairement !) dans son atmosphère si particulière.

Bien sûr, il y a des meurtres. En série, même. De gens connus. Bien sûr l'enquête avance, s'égare, stagne, à un moment on connait le (la ?) coupable, et ça ne change rien, au contraire, on se met à flipper deux fois plus (l'épilogue, d'ailleurs, remplit d'effroi. Encore pire !). Mais il y a, à mon sens, trois éléments très différents qui font toute la force de ce roman :

Le style d'Anne Holt. J'ignore si c'est dû à sa nationalité, mais il y a effectivement une froideur, une objectivité glaciale et déstabilisante qui me plait, me plait, me plait.

Les passages parlant d'une mystérieuse personne, que l'on suit dès le début, et au sujet de laquelle on se perd en conjectures.

Et puis ce couple tout  à fait hors-normes, que j'ai eu une immense joie à retrouver, les très abimés Stubo et Vik, notre enquêteur de choc et sa profileuse de compagne, qui se débat dans une nouvelle maternité loin de l'épanouir...

C'est vraiment un univers à part, du très bon dont je ne me lasse pas un instant !

Ed. Plon (Policier)  Février 2008, 342 p., 21 €
Trad. (Norvège) par Alex Fouillet
Titre orginal : Det som aldri skjer

19.05.2007

Anne Holt - Une erreur judiciaire

Anne HoltUne erreur judiciaire1-Holt.jpg

Plon, 2007

Je découvre Anne Holt avec ce thriller, et je me réjouis très fort qu’il débute une nouvelle série mettant en scène les superbes personnages que sont Inger Johanne Vik et Yngvar Stubo.
Elle est chercheuse, et on survole un passé américain de profiler au FBI, mais sans en avoir la clef. Lui est inspecteur principal, et a connu une tragédie personnelle : sa fille est morte en tuant sa mère dans sa chute. Quarante-cinq ans, brisé, mais heureux grand-père d’un petit garçon de trois ans qui le raccroche à la vie. Elle, divorcée et maman d’une lumineuse petite fille de sept ans qu’il est bien difficile de qualifier ; elle pourrait souffrir d’une forme d’autisme, si ce n’était sa formidable capacité à communiquer.
Lui, possédant une sorte de don, une intuition hyper développée dont il peut difficilement parler. Elle, tenace, organisée, consciencieuse, et tellement – trop – prévisible, dit-on.
Ensemble, ils vont tenter de mettre la main sur le serial killer qui s’en prend à des enfants, dans cette Norvège contemporaine…

Voilà, le décor est planté, et on suit l’enquête presque en second plan, parce que ce qui nous cloue, nous rive et nous enchaîne aux pages, ce sont bien Inger Joanne et Yngvar, la façon dont ils se frôlent, se contournent, s’allient, cherchent ensemble.
Une histoire sombre et beaucoup de souffrance, mais la naissance d’un duo qui me promet une nouvelle addiction tout à fait volontaire.

Traduction (Norv.) d’Alex Fouillet
329 p.