29.12.2011
Les fous sont seulement des gens éreintés que la nuit ne secourt plus.
Sollicciano d'Ingrid Thobois (Zulma, 2011, 216 pages) est un roman au charme envoûtant. On en tourne les pages avec une certaine urgence, avides de savoir, de comprendre, le suspens accentué par une chronologie erratique. Une quinquagénaire professeur de philosophie, en couple depuis deux ans avec son thérapeute. Un couple qui fonctionne selon d'autres critères que ceux du commun, un couple fragile. Un ancien élève détenu dans une prison italienne, une visite chaque jeudi. Et la folie qui monte lentement, le malheur poisseux pour chacun d'entre eux que l'on sent planer dès les premiers mots. Avec ceci une écriture recherchée, des rimes parsemées, des phrases au fort pouvoir évocateur. Je n'ai pas été complètement séduite, mais j'ai été déroutée. C'est bien aussi.
"Pour ceux qui n'ont jamais fait l'expérience du désamour, un point est une virgule. (...) Le pire réside ailleurs, dans la continuité d'une respiration que l'on ne partage plus, dans les mouvements d'un corps que l'on ne localise plus. Il est là, quelque part, désirant, il a peut-être chaud, soif, froid mais on ne saura plus rien de ses états. A tout moment on peut le recroiser, il pourrait même téléphoner, se manifester et qui sait, revenir sur ses pas. L'attente nous a ferrés. L'espoir gangrène. Quelqu'un sans lequel vivre est un vertige qui poursuit sa route au coin de la rue, le pas léger, d'oublis en lendemains."
Publié dans Livres : Pourquoi pas | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : à la joie impatiente éclairant d'autres yeux, à la fébrilité des mains, on voyait qu'une attente prenait fin, un couple allait se retrouver, ils se seraient manqués, ils avaient un peu peur, -comme toujours avec le bonheur.