29.07.2006
Relecture : Pat Conroy, mon adulé
Pat Conroy – Le Prince des Marées
Pat Conroy, 1986
Presses de la Renaissance, 1988 pour la traduction française
Belfond, 2002
Pocket, 2005
Incontestablement, mon roman préféré entre tous.
Je me suis encore laissée prendre sans aucune retenue dans les filets de Pat Conroy, m’avalant ces plus de 1000 pages sans m’en rendre compte, un passage après l’autre, l’esprit neuf quant aux péripéties pourtant sues et connues de la famille Wingo.
C’est décidé, je le relirai chaque été et y trouverai sans nul doute un plaisir toujours renouvelé et pourtant différent, ce doit d’ailleurs être le livre que j’ai le plus relu dans ma vie de lectrice.
Le 4 octobre 1944, (une des nombreuses coïncidences de mon histoire d’amour avec Pat Conroy, je suis née le même jour que mes héros chéris), par une nuit de tempête monstrueuse, et quelques petites années après leur frère Luke, Savannah Constance et Thomas Catlett Wingo voient le jour, jumeaux merveilleux et terribles, dans une petite île de la Caroline du Sud, par marée montante.
Quelques 36 ans plus tard, Tom vient passer l’été à New-York, autant pour aider la psy de sa sœur à comprendre cette dernière - qui une fois de plus a cédé à ses psychoses et a tenté de se suicider - que pour faire le point sur sa propre vie, qu’il s’obstine à gâcher.
Quand son enfance est qualifiée d’ «Hiroshima », sa vie d’adulte de « Nagasaki », et l’histoire entière d’ "Histoire d’Auschwitz", on a beau s’aimer tous très fort, il y a de nombreux points à évoquer, en intercalant le présent et les épisodes chronologiquement narrés.
Le tout dans un lyrisme débridé, une ode aux marais sudistes, à la crevette, à l’élément aquatique, aux tigres du Bengale et aux marsouins blancs, aux mamans qui font se coucher le soleil dans un paysage à nul autre pareil, aux coachs qui révèlent les adolescents, au sport qui magnifie le racisme le plus primaire, j’en passe, et j’en passe.
Oh on a aussi notre lot de saloperies, de parents tordus et manipulateurs qui passent leurs nerfs sur plus faibles que soi, de snobisme puant, de petites lâchetés médiocres, de viol, de meurtre, et là aussi, j’en passe, et des pires.
Maintenant je veux relire Beach Music aussi, qui raconte finalement la même histoire mais différemment, puis Le Grand Santini qui me fera aimer un peu quand même ce père à l’ancienne, et Saison noire pour me gorger du jeune Pat que j’imagine sous les traits de Nick Nolte du temps de sa sobriété, je veux même trouver The Prince of Tides en VO et tenter pour la première fois l’aventure de la Vo, je veux retrouver aussi l’épisode des tortues et cette autre Caroline, ces personnages infects et merveilleux à la fois de parents, ces dialogues cyniques qui me font glousser à haute voix, cette gorge qui se sert en se tançant d’être vraiment trop sentimentale.
Quand dans un dialogue je vois le nom de l’interlocuteur répété tant et plus, ça m’agace, puis je lis à haute voix, et j’y suis, oui Pat Conroy en fait des tonnes, mais ça marche, bon sang, ça marche du feu de Dieu et j’adore ça à un point que vous ne pouvez imaginer.
Voilà tout mon univers littéraire.
Tout.
Traduction (USA) de Françoise Cartano
1069 p.
D'autres avis à la pelle : celui de Flo, de Plume salée, de So, et bientôt celui de Frisette.
15:00 Publié dans Livres : J'adore | Lien permanent | Commentaires (37) | Envoyer cette note | Tags : pat conroy, saga familiale, génial |

