12.10.2006
Lecture commune : Peignons le Canada

Stanké, 1978 (première parution 1961)
Ah que j’aime Gabrielle Roy. Elle m’emporte dans sa plume toute simple, délicate, si délicieusement anachronique.
Elle évoque ici, de façon romancée, la vie du peintre-trappeur René Richard.
Devenu pour le roman Pierre Cadorai, il parcourt les grandes plaines canadiennes en croquant sur le papier tout ce qui lui passe devant les yeux. Nous partageons ses rencontres, ses amitiés, ses ennuis, ses abattements, et nous retrouvons dans la troisième partie à ses côtés à Paris ; Ressentons jusqu’au fond de nous son choc lors de sa première visite au Louvres ; compatissons au décalage permanent entre ce à quoi il voudrait accéder, et les dons merveilleux qui lui courent entre les doigts.
Puis, Gabrielle Roy se détache de son inspirateur, pour donner à son personnage si fascinant une fin… logique, somme toute.
C’est assez magique, je trouve, de lire Gabrielle Roy. Ses livres sont difficiles à trouver en France, aussi faut-il souvent se rabattre sur des occasions. En l’occurrence l’édition Stanké que j’ai trouvée a très mal vieilli. Jaune, cassante, dégageant cette odeur douçâtre de vieux papier moisi que je déteste.
Et pourtant.
J’ai oublié tout ça très vite pour me retrouver en hivernage perdue dans la neige, aux prises avec un cours d’eau récalcitrant ou suant sous le poids de mon portage, moi qui ne connais absolument rien à la peinture j’ai pu visualiser chaque mot employé pour raconter cet art, j’ai eu envie de me précipiter au Louvres.
Une grande dame, un roman minimaliste mais vigoureux, et infiniment subtil.
222 p.
La participation à sa manière de Chimère
L'avis de Frisette
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