17.03.2009

La solitude des nombres premiers - Paolo Giordano

"On reste impuissant face à certains aspects de sa propre personne"giordano.jpg

 

En 1983, Alice subit une grave dégradation physique, alors même que le mal qui va la ronger toute sa vie était déjà à l'oeuvre. En 1984, Mattia signe sa perte en éliminant consciemment une part de lui-même. En 1991, ils se rencontrent. Nous les suivons jusqu'en 2007...

C'est un roman qui parle de la difficulté de vivre, de communiquer. Au fond d'eux, Alice et Mattia ont les mêmes aspirations que les autres, ils ne savent simplement pas leur permettre d'exister. Ils contiennent un gouffre, une béance, couplée à une part d'étrangeté qui leur interdit même d'essayer. Un génie des mathématiques, une photographe, perdus dans leur monde, assis à regarder se déposer la poussière, parce que c'est plus facile; Se laisser aller, couler, cesser de faire semblant...

La plume de Paolo Giordano est un piège qui rend captif dès les premières pages. Ce roman se lit d'une traite, offre au détour d'un paragraphe des instants de vérité pure, nous rend amoureux de ses personnages et nous fait doucement mal, sans aucun pathos, comme sans vouloir déranger. Aérien et triste. Beau.

 

Ed. du Seuil, 2009, 329 p.

Traduit de l'italien par Nathalie Bauer

Titre original : La solitudine dei numeri primi

 

Merci Chez les filles ! Les avis de : Virginie, Armande, Cryssilda, Aifelle, YueYin, Hathaway, Bettina Soulez, Crapouillaud...