11.10.2008
Leena Lander – Vienne la tempête
« Bien sûr je crois au grand amour. Ou enfin bon. Oui et non. Plus précisément : non. »
Dans les années 30, en Finlande, Eero rencontre Vida dans une petite ville minière, et de nos jours leur petite-fille Iris est en plein chaos : son mari, père de leurs deux fils, l’a trompée, et elle ne veut pas conserver ce bébé qui grandit dans son ventre. En reportage sur les lieux même de son histoire familiale, elle va tenter de lire la trame de ce qui fut, essayer de comprendre un peu mieux son père et sa place dans le canevas familial…
Comme Cathulu a raison d’inciter à zapper la 4° de couverture : j’ai rarement lu texte qui dessert plus un roman que celui-là ; « Tellurique au sens bachelardien et d’une bouleversante rigueur, ce roman exhume de leurs profondeurs minerais précieux ou substances fatales etc. »
Mais non, pas du tout, ce roman est avant tout une sacrée bonne histoire, qui plus est racontée magistralement.
Il passe à un chouïa de l’excellence, peut-être en raison d’un sentimentalisme un poil trop exacerbé, à certains passages qui ne m’ont pas soulevée.
Mais suivre la famille Harjula est palpitant, tout autant qu’assister, très ému, à la mise en place des petites pièces qui viennent éclairer l’histoire au compte-goutte.
Une histoire d’amour avant toute chose, nourrie par des drames et des maladies non identifiées à l’époque, un souffle romanesque qui prend le lecteur dans ses bras, lui parle de l’âme des pierres, des dangers du conformisme et qui le promène de la Finlande en Irlande, sur cinquante ans, pour son plus grand bonheur.
Ed. Actes Sud, 1997 & Babel, 2008 394 p., 9,50 €
Traduit du finnois par Anne Colin du Terrail
« Seuls les imbéciles se ruent tête baissée dans le mariage et peuplent la terre de nouveaux imbéciles. Comme moi, qui tombe amoureuse folle d’un homme uniquement parce qu’il ne reste pas à attendre sur le bord du trottoir que le signal piéton passe au vert, mais jette juste un coup d’œil à droite et à gauche : Et allons-y les gars, si on ne peut pas avoir confiance en soi où va-t-on ! Sur le champ séduite. Ou plutôt emballée jusqu’aux oreilles. Je lui fais confiance, parce qu’il a confiance en lui. Je trouve cela admirable, je me résigne à sentir le lait vomi pendant des années, à tenter, des sacs à provisions à bout de bras, d’arracher des marmots hurlants aux étalages de bonbons, avant de comprendre, trop tard, de quoi il retourne : cet homme passe toujours au rouge, il ne supporte pas qu’on lui dise ce qu’il a le droit de faire ou non. »
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