05.05.2010

One for the Money - Janet Evanovich

"Honey, you couldn't find your ass with both hands."

J'ai enfin fait la connaissance de Stéphanie Plum ! Et je suis ravie de l'avoir fait en anglais, tout en me demandant sérieusement comment on evanovich.jpgpouvait rendre le niveau très familier mais sympathique du langage employé. Je lirai le tome suivant en français, histoire d'assouvir ma curiosité.

Dans ce tome où tout commence, Stéphanie a perdu son boulot. Elle n'a plus aucune ressource et est contrainte de vendre un par un ses meubles pour pallier aux urgences (manger, mettre de l'huile dans sa voiture qui déconne à plein tubes...). Sa mère lui indique que son cousin cherche quelqu'un pour un petit travail administratif (ou qu'ils cherchent une shampouineuse au salon de coiffure du coin), mais finalement c'est un job de chasseuse de prime qu'elle accepte : mettre la main sur des récalcitrants qui ne se sont pas présentés à une convocation judiciaire.

Elle n'a aucune expérience, est la reine des gaffeuses (limite bien concon parfois) mais n'a peur de rien. Pas même de rechercher Morelli, le tombeur du coin. Elle le connaît depuis toujours, a eu deux grandes expériences avec lui, l'une dans son garage quand ils avaient six ans, l'autre à l'adolescence sur le sol de la boulangerie où elle travaillait. Qu'elle ait essayé de l'écraser suite à ça est un détail. Le sieur a une confiance en lui du tonnerre, et il n'est pas le dernier pour mettre ses neurones en action.

Epaulée par Ranger, la star des Bounty Hunters, la miss se lance bille en tête dans cette mission, qui va la confronter à un champion de boxe complètement cintré et dangereux, pour commencer...

"I'm telling you, it's fucking hard to be classy" nous dit Connie à un moment (j'adore Connie) et effectivement, classy, Miss Plum ne l'est pas. Mais marrante, oui, spontanée, fonceuse, très chanceuse, elle nous fait vivre ses aventures à un rythme effréné qui est très agréable. Je n'avais pas misé un kopek sur le vrai bad guy, bonne surprise pour moi. Par contre, côté sexytude j'ai trouvé ça extrêmement léger, vraiment pas grand chose à se mettre sous la dent. Dites-moi que ça se corse dans les tomes suivants ou je vais être déçue !...

 

Penguin Books, 1994, 290 p.

 

Croqué également par : Karine, Pimpi, Nataka, Papillon, Yue Yin, Tamara, Chimère, Stéphanie, Caro, ... Et pour mal d'entre elles, grâce au lobbying intensif de Fashion, que je remercie pour le cadeau.

 

 

12.11.2009

6 heures plus tard - Donald Harstad

harstad3.gifJ'aime ce qu'écrit Donald Harstad (déjà évoqué ICI ou LA), et ce nouvel opus des aventures du Shérif Carl Houseman ne m'a aucunement déçue.

C'est à Londres que nous retrouvons notre ami de 56 ans, envoyé "politiquement" donner la main à la police anglaise dans la disparition d'une copine de sa fille. Elles sont trois colocataires momentanément en Angleterre dans le cadre de leurs études. Emma est la plus délurée des trois, dans sa trentaine d'années elle ne se refuse pas les petits plaisirs. Jusqu'au jour où elle s'offre au mauvais cheval, un prof crétin pétri de grandes idées au service de son égo qui se révèle être une parfaite couverture à des terroristes. Ce sont des amateurs extrêmement peu doués (et par là même, très dangereux), mais à leur tête il y a de vrais méchants ("Mieux vaudrait un échec sanglant qu'un renoncement de la dernière heure". Brrr.)

En alternance, ces mondes différents (USA vs England, MI-5 vs FBI, shérif pétri d'expérience vs organisation terroriste en apprentissage) font progresser l'intrigue en nous y intéressant de plus en plus...

Ce que j'aime chez Donald Harstad est en réalité également ce qui me terrifie le plus : il décrit des évènements et des processus qui me paraissent tellement vraisemblables, d'une façon tellement posée et dénuée de tout artifice, que je sursaute aux dénouements inattendus (enfin, moi, je ne m'attendais pas à ça) et que je me pique au jeu au fil des pages, regrettant fortement que cela se termine.

Vivement le prochain :)

 

Ed. du Cherche Midi, collection "Ailleurs", novembre 2009, 348 pages.

Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Gilles Morris-Dumoulin

Titre original : November Rain

Merci Solène !

 

Lu également par : Yspaddaden (un flic original par son côté attachant et débonnaire), Cathulu (Une réussite !), Amanda (on apprécie toujours autant le style direct)

 

19.06.2008

Le premier sourire, entre deux hommes, c'est le début de la reconnaissance ou des malheurs

Pierre Lemaitre - Travail soigné


J'enrage de ne pouvoir vraiment parler de ce gros roman surprenant, mais à l'instar de la 4° de couv je crois qu'il faut rester dans une grande généralité floue, ne rien dévoiler sous peine de tout gâcher !


C'est un roman policier donc, qui a obtenu le prix du premier roman au festival de Cognac 2006 (juste avant Françoise Guérin), et pour moi c'est un critère efficient, sinon de qualité (j'en ai lu à ce jour trop peu pour en juger) mais au moins d'achat !

Il faut bien dire qu'on se fait balader pas mal, dans ce Travail soigné, et quand je dis "pas mal", sachant que la seconde partie commence page 477, on a eu le temps de se tromper sur tout !
On suit un policier, Camille Verhoeven, qu'il ne faut pas appeler commissaire, ni inspecteur, ni patron. Je dirais donc Camille tout court, d'ailleurs il l'est. Sa mère, peintre célèbre, a fumé comme une cheminée durant toute sa vie (et donc sa grossesse aussi) et notre Camille mesure 1,45 m. Handicap qu'il semble surmonter, son intellect étant intact et efficace. Déboule une affaire horrible, sanglante, monstrueuse. Il s'avère alors que...

C'est tout ! Le reste est à lire au compte-goutte ! Vous allez grimacer devant pas mal de scènes carrément dégueu, mais être, comme moi, soufflés par plusieurs choses, qui, cornichon sur le pâté, sont autant d'hommages à la littérature.

Ed. du Masque (JC Lattès), 2006 534 p. 6,50 €

Je préconise de n'aller lire aucune recension sur le net, elles en disent toutes beaucoup trop !

10.01.2008

Ses remerciements dégagaient autant de chaleur que le dernier souffle d'un pingouin agonisant

FVJ.jpg
Christopher Brookmyre - Faites vos jeux !

Est-ce que vous saviez toutes les inventions que l'on doit aux Ecossais ? Le four à micro-ondes, le timbre adhésif, le clonage de brebis, la virgule de fraction décimale, la bakélite, les ponts en fer, j'arrête là, mais il y en a deux pages pleines. C'est que c'est un sujet que maitrise Ross Fleming, lui qui perpétue la tradition et vient d'inventer un truc dément qui va révolutionner l'industrie de l'armement. Il est bien évident qu'une fuite ayant eu lieu, il ne lui est pas permis de rester en liberté : il représente un investissement bien trop élevé, ou une menace ingérable, selon l'angle sous lequel on se place. Enlevé, donc, l'employé du midi de la France. Mais l'équipe du glaçant, super pro et bien mystérieux Bett est sur le coup. Il réquisitionne la maman de Ross. Une grand-mère écossaise de quarante-six ans (oh, je vous en prie, elle a eu Ross sortie des langes, c'est tout !). Surprenant, isn't it ? Et on n'est pas au bout de nos surprises....

D'abord, il faut dire et répéter que Christopher Brookmyre est gé-ni-al. On dévore encore son petit pavé sans reprendre haleine, on tombe encore amoureuse du nouveau héros (si, si, vous verrez, Bett a son charme, même s'il se révèle tardivement), on se frotte les mains et on joue aux espionnes dans les casinos, relookés de pied en cap et avec un aplomb insoupçonné (et puis on flingue un peu à tout va, mais ça c'est le boulot, pardi).

Mais si on veut chipoter, on peine quand même à adhérer à la partie love affair, il y a du simplisme vers la fin qu'on aurait bien facilement pu tourner autrement, merde, Christopher, tu vaux mieux que ça !!

Je n'ai perdu qu'un index dans l'histoire (l'ongle, je veux dire), c'est peu cher payé face à l'onychophagie habituelle lors de lectures de bons thrillers, mais comme je le termine le sourire jusqu'aux oreilles, je pardonne tout, allez vite, le prochain, cher écossais de mon coeur !

Ed. de  l'Aube (noire), 2007 489 p. 23,50 €
Traduction (Ecosse) par Emmanuelle Hardy