27.11.2008

Tout le monde ment - Thierry Lentz

Lentz.jpg"Presque cinquante ans et être aussi con, ça n'avait pas de bon sens !"

 

En guise de prolégomènes (me plait beaucoup ce nouveau mot appris dans ce roman), il faut savoir que Thierry Lentz est un historien spécialiste de Napoléon qui a déjà abondamment publié sur le sujet. Il signe ici son premier roman, sur un sujet très contemporain (mais énormément déjà vu) et je me demande pourquoi, la raison de cette démarche ? Il y a un grand écart entre Nouvelle Histoire du premier empire, par exemple, et le contenu de ce roman, que j'ai dévoré.

Un couple heureux, 46 ans, un fiston de 12 ans, un bon boulot, tout bien. Monsieur flashe sur une jeune collège de 18 ans sa cadette. Il plonge corps et âme dans cette nouvelle histoire, balayant sans une seule pensée Madame et Fiston. Il ne leur veut aucun mal, c'est juste qu'ils n'existent plus, ne sont plus dans sa vie. Jeunette est à problèmes (très représentative des trentenaires), leur histoire ne cesse de cahoter, et par bribes chacun des trois nous livre ses réflexions profondes. Tout cela finira mal, très mal, il arrive de plus belles issues, qu'on se rassure.

Alors l'histoire, je l'ai dit, est somme toute banale. Le ton n'est pas intime, qui chercherait à combler son voyeurisme en serait pour ses frais. Qu'est-ce qui fait donc que l'on soit aussi captivé ? Je dirais le talent, tout simplement. Chaque personnage se pose d'entrée, prend sa place et existe avec une grande intensité. Que l'on se reconnaisse ou pas dans les petits et grands moments qui sont déroulés, il s'établit un acquiescement, oui, c'est comme ça que ça se passe, oui, ça c'est vraiment con mais ça existe, oui, tout ça fait vraiment mal et le temps qui passe n'apaise pas, ou en tout cas pas assez vite.

Et puis la distance qu'a su créer l'auteur avec son propos est très éclairante, une pudeur dans la manière de dire les choses que j'ai toujours trouvée beaucoup plus efficace que le déballage de tripes.

Un premier roman qui donne clairement envie qu'il y en ait d'autres !

 

Ed. Fayard, Octobre 2008, 191 p., 17 €