20.06.2006
Alcool + Imagination = perception très personnelle
William Trevor – Ma maison en Ombrie
Phébus, 1994
A 11h45 le 5 Mai 1987, une bombe explose dans un train italien. Emily Delahunty, rescapée miraculeuse de cet attentat, recueillera dans sa maison en Ombrie trois autres survivants. Trois personnes très différentes, que rien d’autre que le drame ne réunit, réapprennent à trouver du sens à la vie, ensemble. Chacun est un principe de force pour ses compagnons.
Petit à petit, par minuscules touches brumeuses et noyées dans un flot de paroles, Emily se dessine. Personnage atypique, elle s’est installée en Ombrie la cinquantaine venue, comme une sorte de retraite de sa vie de cocotte. Ses rapports aux autres sont déroutants, le cours de ses réflexions est tout sauf linéaire mais c’est exactement comme ça qu’éclatent les vérités absolues.
Sous le soleil italien, dans une maison d’hôte particulière et avec beaucoup de grappa, l’intelligence des êtres et des choses nous offre un bout de voile à soulever…
Ah comme j’ai aimé ma rencontre avec William Trevor ! C’est ce genre de roman sujet à plusieurs interprétations, jamais de précision ni de remise en contexte, des mots qui ouvrent sur d’autres et qui sont d’une générosité incroyable.
Le tout servi par une plume d’une acuité sidérante.
Un grand Monsieur.
Traduction (Irl.) de Cyril Veken
187 p.
15:00 Publié dans Bien bien ! | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : retraite
13.03.2006
On a toujours 20 ans
Mercure de France, 2001

Stella est arrivée à l'âge de la retraite, après une belle carrière d'anthropologue, qui l'a menée de par le monde. Elle décide de s'établir dans la campagne anglaise, pleine de projets de lecture, de culture etc... Mais son indépendance farouche se heurtera à son nouvel environnement...
C'est un joli livre, rempli des souvenirs de Stella, de son étonnement face à ses 65 ans "réels" alors qu'à l'intérieur elle est toujours jeune... On retrouve beaucoup ce thème tout au long du livre et ça me plait bien. Comment voir quelqu'un d'étranger dans son miroir parce que toute sa vie on reste la même jeune fille de ses 20 ans... Toutes les relations de l'héroïne sont très bien décrites, son métier également, c'est intéressant.
Par contre, il ne se passe pas grand chose. La psychopathe de voisine apparaît bizarrement par moment sans que son histoire n'existe vraiment à aucun moment...
Mais cependant le tout a ce charme un peu suranné "so british" qui est fascinant, languide...
A lire au bord de l'eau, seule dans sa chaise longue, par les fins d'après-midi qui se trainent, sans autre but que de passer un moment ...
Traduction de Anne-Cécile Padoux
248 p.
15:00 Publié dans Heu... | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : retraite, campagne anglaise, introspection

