27.05.2010
Le ciel est partout - Jandy Nelson
Comment fait-on face à un deuil ? Il n'y a pas de réponse unique, il n'y a aucune situation identique aux autres, y compris et peut-être surtout pour une même perte.
Pour Lennie, adolescente, la disparition de sa soeur est tragique. Il lui faut pourtant continuer à vivre...
Sujet grave s'il en est, l'univers de la mort a de tous temps donné lieu à de formidables pulsions de vie. C'est terriblement humain, c'est salvateur, c'est sans doute la seule façon de s'en sortir, et dans ce premier roman Jandy Nelson sait à merveille faire ressentir au lecteur le goût de la vie.
C'est un roman rempli d'humour (entre mille choses, la voiture de la copine nommée "Ennui", que Lennie se croit poney de compagnie, la fantaisie de l'oncle et de la grand-mère...) qui exprime avec une grande justesse la période adolescente : les tics de langage, l'exaltation, les délires, l'exagération, le côté immensément égoïste aussitôt claqué par une bien trop grande sensibilité... La traduction est très réussie, tant on croirait entendre les ados qu'on peut côtoyer soi-même.
Lennie, dans un amalgame brumeux, doit encaisser la vie sans Bailey, gérer son chagrin, celui de ses proches, accepter la déficience de sa mère en cessant de l'idéaliser, se mettre au clair avec son talent de musicienne, et tomber amoureuse. Ca ferait beaucoup pour n'importe qui, et on est prêt à beaucoup lui pardonner. En tout cas, je le suis. Et j'ai beaucoup aimé sa propension à écrire des petits poèmes et morceaux de vie semés au vent.
Conseillé sans réserves !
Ed. Gallimard Jeunesse, collection Scripto, 2010, 330 p.
Traduit de l'américain par Nathalie Peronny
Titre original : The Sky is everywhere
D'autres avis que j'aime bien : Amanda (merci !), Lily, Fashion.
Publié dans Livres : J'aime | Lien permanent | Commentaires (21) | Tags : jeunesse, premier roman, perte, tomber amoureuse, s'affirmer