30.10.2011

La misère est peut-être le plus puissant de tous les liens

BalzacLa Comédie Humaine, Etudes de moeurs, Scènes de la vie privée

8. La Vendetta (1830)

Lorsqu'il écrit "La Vendetta", Balzac débute. Le thème central du roman est inspiré de Roméo et Juliette (Shakespeare était très en vogue en 1830), mais les détails sont directement empruntés à la réalité, à ce qu'il a pu voir autour de lui, ses transpositions sont assez maladroites et certains détails appesantis. Alors qu'au fond c'est hyper simple (et court, en fait, comme roman) :

Deux familles corses en vendetta l'une contre l'autre, deux descendants qui tombent amoureux l'un de l'autre, refus tranché des parents : c'est non, jamais, impossible. Mais là où ça devient plus étonnant, c'est que Ginevra tient bon. Elle aime et elle choisit l'amour. Ca s'explique en un certain sens, fille unique, ses parents l'ont élevée à Paris, loin des histoires familiales corses et en la maintenant dans l'ignorance du drame initial (ils s'étaient tous entretués). Ses parents la renient, elle se marie, ils sont très heureux mais très vite dans la misère. Ils sont courageux, méritants, unis, mais ils meurent de faim et d'épuisement au moment même où les parents allaient céder et leur venir en aide.

La leçon à tirer d'une telle histoire serait quelque chose comme la passion est destructrice, s'opposer à ses parents n'apporte rien de bon ou quiconque méconnaît son passé est condamné à le revivre, ça fait un peu beaucoup, surtout quand on considère le traitement apporté et l'épilogue affreux.

Mouais.

(Ce roman termine le tome 1 de l'édition en Pléiade)