27.08.2008

Régis de Sa Moreira - Mari et femme

Pantoise. Scrabble et mot compte triple.


Ils sont en train de se séparer. La dernière année a été catastrophique, ils sont devenus des étrangers l'un pour l'autre. Lui, il a perdu la boule dans une sorte d'intégrisme littéraire : comme il ne parvient pas du tout à écrire son nouveau roman, il a viré la télé, le téléphone, les livres, tout, il s'est viré lui-meme, d'ailleurs. Elle, son boulot d'agent littéraire elle l'aime, mais ça ne cartonne pas, elle est méchante avec son assistante, elle est froide.
Un matin, ils se réveillent chacun dans le corps de l'autre. Et ça dure. Alors...

Ecrit entièrement à la deuxième personne du singulier, on s'accroche parfois pour éviter le vertige, mais qui parle, de qui, pas toujours évident; pourtant on se fait cueillir complètement, c'est tout simple, pas d'effet de manche, pas d'entourloupe, mais une histoire à laquelle on peut très facilement s'identifier. J'ai marché à fond et été émue aux bons moments, englouti en une heure et médité beaucoup plus longtemps !

Ah si j'étais un homme...

Ed. Au Diable Vauvert, Août 2008, 182 p. 15 €

 

Les avis de : Lily, Amanda, Le Bookomaton, Emeraude, Joëlle,

02.05.2007

There is Something in the Woods

Tatiana TolstoïLe Slynx1-tolstoi.jpg

Robert Laffont, collection Pavillons, 2002

 

Ceci est un roman.
Ceci est à la fois de la fantasy, de la science-fiction, de la poésie, un conte, une satire, un pamphlet, un écrit révolutionnaire.
Ceci est une traduction qui tient du travail de forçat, mêlant le français du XVI° siècle aux explications de tous les termes russes, en passant par les références de toutes les citations.
Ceci est avant tout formidablement réussi, ciselé, drôle, pointu et d’une impertinence totale.

Nous sommes donc longtemps après l’explosion nucléaire qui a anéanti la civilisation, dans ce qui était la Russie. Notre héros c’est Benedikt, il est copiste, c'est-à-dire qu’il est chargé de recopier sur l’espèce de papier qu’ils utilisent les textes qu’écrit le Grand Mourza. Enfin, c’est ce qu’il dit. Sauf qu’il reste encore quelques anciens, survivants « avec séquelles » de l’ancienne époque. Une de leurs particularité est de ne plus vieillir, d’être restés bloqués à l’âge qu’ils avaient au moment de l’explosion. Et puis bien sûr ils sont remplis d’amertume et de tristesse, ont beaucoup de mal à s’adapter au quotidien, très proche de l’âge de fer, des nouveaux hommes. Leur nourriture, leur langage, leurs comportements les répugnent. Sans parler des mutations physiques, légion et impressionnantes.
Or donc, Benedikt apprend un jour qu’il existe encore des anciens livres, qu’ils ne sont pas contaminants comme le pouvoir l’affirme, et découvre que rien ne compte plus pour lui que de se plonger dans ces mondes parallèles.
Seulement, il vit au premier degré. Et lit donc de même.
Passés à la moulinette de sa vision pour le moins binaire du monde, nous pénétrons à notre tour dans cet univers si particulier…

Enormément d’humour tout au long de ces pages enchanteresses, souvent très caustique et qui décrit à la perfection la Russie de l’après-perestroïka (la scène du versement de salaire et de l’imposition, par exemple, avec son explication géniale de l’expression « avoir le bras long »). Mais pas seulement, et loin de là.
Les interprétations de Benedikt, si erronées et terre à terre, m’ont aussi beaucoup renvoyée à mon propre profil de lectrice, et ça c’était très désagréable :)
Et puis enfin le travail magnifique du traducteur, un peu comme dans Alvin d’Orson Scott Card, on se régale.

J’ai aimé à la folie chacune des pages, l’histoire et le contexte, le style et les milliers de petites allusions qui y sont disséminées ici et là.
Superbe.

 

Traduction (Russe) de Christophe Glogowski
403 p.

16.10.2006

Ecologie, mon amie

Nancy KressLes hommes dénaturés

Flammarion, Imagine, 2001

 

2034, les effets des émanations chimiques dont sont truffés nos produits de consommation courante ont gravement altéré nos hormones. La population est très vieillissante, et les jeunes sont une espèce rare et protégée. Avoir des enfants est devenu tellement difficile que les gens ont rabattu leurs besoins de protection et de tendresse sur les animaux domestiques, s’attirant l’appellation de Tégés (Tarés Graves).

Trois personnages prennent tour à tour la parole pour nous raconter une bien étrange histoire, dont la vivifacture, les manipulations génétiques, et l’éthique sont le coeur. Shana Walders, impertinente jeune fille qui veut intégrer l’armée, Cameron Atuli, danseur étoile homosexuel qui vient de se faire effacer la mémoire, et Nick Clementi, illustre scientifique qui prépare sa mort, vont devoir se rencontrer et s’entraider, pour…

Prenant, cohérent, flippant, ce roman plaira même à ceux qui ne goûtent guère la science-fiction habituellement.

Une histoire efficace et bien menée, manque juste la petite touche d’éclat qui en ferait un coup de coeur.

 

Traduction (USA) de Jean-Marc Chambon
262 p.

16.09.2006

Seul l'oiseau moqueur chante à l'orée du bois


Walter TevisL’oiseau d’Amérique

Presses de la renaissance, 1980
Rééditions J'ai lu, 10-18 et Folio

 

25° siècle, le monde est régi par les droits sacrés à la Solitude et à l’Individualisme. Les gens sont élevés en dortoirs, on leur serine à longueur de temps de petits mantras qui s’ancrent profondément dans leur esprit :
« Sexe vite fait protège », « Dans le doute, n’y pense plus », « Etre seul, c’est bien », « Pas de question, relax ».
Gavé de joints et de calmants, chacun est dans sa petite bulle, coupé des autres.
Plus personne ne sait lire, ni bien sûr écrire.
Mais certains, de plus en plus nombreux, s’immolent par le feu… Pourquoi ?

Bentley apprend seul à lire, en tombant sur de très anciens livres pour enfants. Ca intéresse Spofforth, un robot perfectionné, intelligent et capable de sentiments, pour son malheur. Mais moins finalement que Mary Lou, la rebelle qui revisite Adam & Eve avec une pomme en plastique…

La préface, fort bien faite, d’André-François Ruaud, nous présente Walter Tevis et donne envie de lire tous ses romans. Hélas il y en a peu, les choses sont mal faites. Pour vous le situer un peu, je citerais « L’arnaqueur » ou « La couleur de l’argent », il n’a pas fait que dans la SF.

J’adore la science-fiction de cette qualité-là, sans trop de jargon technologique, située dans un univers futuriste mais cohérent, bourrée de clins d’œil et de personnages attachants. Il se dégage une mélancolie tranquille, tour à tour désespérée ou pleine de vie, des moments de grâce pure.

Bentley découvre vite qu’il n’a aucun goût pour la fiction, mais qu’il est parfois touché par certaines phrases éparses qui trouvent en lui une résonnance, sans qu’il puisse vraiment les interpréter : il apprend à lire. C’est là où je me dis que je n’en aurai jamais fini moi-même.

Un roman captivant qui est tout entier une belle allégorie de la lecture.

Traduction (USA) de Michel Lederer
386 p.

L'avis de Chimère

30.08.2006

Si Guillaume II était assassiné...

Michel PagelL’équilibre des paradoxes

Denoël, 2004 (pour l'édition intégrale)

 

Connaissez-vous le steampunk ?

« Cette appellation quelque peu barbare désigne un sous-genre de la science fiction actuelle : l’action des récits « steampunk » est généralement située au XIXème siècle, époque chère aux nostalgiques de Jules Verne et d’Herbert George Wells. Les auteurs fondateurs du genre steampunk ne cachent d’ailleurs pas leur admiration (et leur dette) envers ces deux pionniers de la S.F. Le steampunk, c’est en quelque sorte la science fiction d’hier, vue avec un regard actuel et légèrement décalé : un mélange d’uchronie, de technologie rétro et d’atmosphère victorienne. Avec le steampunk, la science fiction se conjugue au futur antérieur.
Il semble que le terme « steampunk », formé sur « steam » (vapeur), ait été inventé à la fin des années 80 ou au début des années 90, en référence au genre cyberpunk, dont il serait en quelque sorte l’équivalent victorien. »

Olivier Legrand pour Les sentiers de l’imaginaire


A la sauce Pagel, c’est d’un moelleux incomparable.

Prenez une année 1905, un journaliste plutôt à gauche, un militaire pétri d’honneur et leurs épouses (ou presque). Ajoutez un scientifique venu du futur, une princesse russe du passé, un mastodonte d’une autre planète, un cyborg, un soldat d’une autre dimension, et une jeune fille de 1969 en plein trip rebelle. Mélangez avec leurs doubles, négatifs d’une réalité numéro deux. Et faîtes-les converger vers une hégémonie allemande.

Voilà une sacrée recette pour des paradoxes temporaux de toute beauté, me direz-vous.

Hé ben non.
Pas seulement en tout cas.

Sous forme de journaux intimes, ou de récit sur cassette pour la jeune Sophie, 4 protagonistes nous racontent, jour par jour (enfin presque, disons leur quotidien, qui passe par le passé et le futur), les aventures qui les emmènent à rétablir « une » réalité.

Lost et Les pirates des Caraïbes peuvent aller se rhabiller, ici on trouve de l’île déserte pas déserte, des pirates méchants et idiots, des pays étrangers où il ne faut jamais, jamais, boire de l’eau, et des aventures palpitantes toutes en Diantre, Peste et Patafiole !

L’expression la plus utilisée de tout le roman : A tout le moins.
A tout le moins voilà un roman idéal pour débloquer vos zygomatiques, si besoin en était.

*Petit bijou*

429 p.

Prix Rosny Aîné et prix Julia Verlanger 2000.

L'avis de Chimère

26.08.2006

Un classique... de la SF !

Orson Scott CardLe cycle d'Ender
Traduction (USA) de Daniel Lemoine

1/ La stratégie Ender

Orson Scott Card, 1977-1985
Editions J'ai lu, 1994

Les toutes premières lignes exercent déjà un ascendant certain sur le lecteur : on sait qu'on va aller au bout de cette science-fiction là, on se réjouit, on frissonne de plaisir !

Une terrible menace d'anéantissement pèse sur la terre. Un peuple d'Alliens, les doryphores, a déjà tenté par deux fois de la coloniser. Leur deuxième attaque a montré des adversaires ayant énormément progressé technologiquement, sans qu'aucune communication ne soit possible.

Andrew Wiggin, surnommé Ender, est un petit garçon de 6 ans exceptionnellement intelligent. Dans sa famille, c'est le lot commun. Son grand frère Peter s'est révélé trop « méchant », sa soeur Valentine trop « tendre », on a autorisé exceptionnellement ses parents à concevoir un « troisième », violant les lois de contrôle des naissances. Ender est donc intégré à l'Ecole de guerre, jouissant d'un statut particulier, pour son malheur, objet de toutes les espérances. Se montrera-t-il à la hauteur, et en aura-t-il seulement le temps ?...

Suivent des pages rien moins que passionnantes, toutes basées sur la manipulation. Quand on se sait manipulé, et qu'on est supérieurement intelligent, cela aide-t-il à l'élaboration d'une stratégie ? La quête initiatique d'Ender passe en premier lieu par lui-même.

Petit clin d'oeil du traducteur page 61, avec une moqueuse note de bas de page :
Il prononçait son nom avec l'accent français du fait que les Français, avec leur séparatisme arrogant, tenaient à ce que l'enseignement du standard ne commence pas avant l'âge de quatre ans, alors que les structures du français étaient déjà fixées. [...] Bernard le traita un jour de « maladroit* », et le surnom lui resta.
* En français dans le texte. Nous passerons avec indulgence sur « séparatisme arrogant ». (N.d.T.)

La stratégie Ender a obtenu les prix Nebula et Hugo, respectivement en 1985 et 1986.

383 p.

 

2/ La voix des morts

Orson Scott Card, 1986
Editions J?ai lu, 1995

Ender a pris 26 ans dans la vue, mais 3000 pour les autres (paradoxe de la relativité du temps). Il est devenu Porte-parole, et est appelé sur Lusitania, la planète des piggies. Pourra-t-il comprendre ce peuple, et établir une alliance permettant aux humains, piggies, et doryphores de vivre ensemble ?...

Il faut une fois pour toutes, apprendre dès le début quatre termes très importants :

Utlänning : Etranger d'un autre pays ou d'une autre ville, considéré comme un être humain
Framling : Etranger considéré comme humain mais venant d'une autre planète
Raman : Etranger considéré comme humain mais appartenant à une autre espèce
Varelse : Etranger avec qui la communication est impossible. Il vit mais ne peut saisir les causes ou objectifs qui le font agir. Peut-être intelligent, peut-être conscient, mais on ne peut pas le savoir.

Le tout étant de définir pour Ender le framling, si les piggies sont des ramen ou des varelses !

Une merveille de chez merveille, ce deuxième tome. Je ne chercherai même pas à en raconter un quart du tiers, tant il est riche et foisonnant, mais je peux dire qu'il change radicalement de ton par rapport au premier. Finies les stratégies et le combat, nous entrons dans l'anthropologie et les rapports humains.

Je me suis dit que Bernard Werber s'en était fortement inspiré pour sa trilogie des fourmis, sans égaler tout de fois la puissance d'Orson Scott Card, qui m'aura fait verser des larmes tout à la fois pour les piggies et la famille de Novinha. Voyez le tableau ? Moi, dans la nuit noire, incapable de m'endormir, le coeur déchiré par les ravages de l'incompréhension entre un peuple extra-terrestre et un personnage de fiction crucifié par la douleur... Pauvrette.

Récipiendaire, pour la seconde année consécutive (fait rarissime !), du prix Hugo.

446 p.

 

3/ Xénocide

Robert Laffont, 1993

Certes, Xénocide répond à quelques questions posées dans La voix des morts, (encore que pas toutes, il faudrait lire le 4° tome : les enfants de l'esprit), et en continue l'histoire, mais le ton est radicalement différent encore une fois. Terminée, l'émotion qui nous étreignait en compagnie des piggies.

L'intrigue est simple, mais n'avance pas. Constamment alourdie de verbiage technologique, à tendance philosophique, on se perd dans le pourquoi et le comment, et du coup, on perd de vue les personnages, ceux qui par leur épaisseur et leur charisme parvenaient à nous faire vibrer.

Donc il faut ici trouver une solution à la descolada, virus mutant qui déjoue tous les antidotes. La famille d'Ender (ancienne et nouvelle) continue à se déchirer à belles dents, jamais d'accord sur rien, et se greffe une nouvelle planète d'intelligences supérieures mais soumis à l'état d'esclaves par une sorte de TOC génétiquement implanté. Un poil de théologie, les dialogues entre La Reine et Humain en début de chaque chapitre, comme une connivence supérieure, et le mélange est assez indigeste, en fait.

Il n'y a que le personnage de Jane qui m'a toujours intéressée, j'aurais aimé de plus nombreuses interventions de sa part.

Je m'étais déjà constituée un petit stock d'Orson Scott Card avec le quatrième tome et les romans parallèles sur Peter, mais du coup je suis un peu refroidie et vais sans doute laisser passer un peu de temps.

 

Traduction (USA) de Bernard Sigaud
572 p.

17.08.2006

Apprendre à désécrire


Michel ArrivéUne très vieille petite fille

Editions Champ Vallon, Août 2006

 

Les centenaires n’étaient que cinq cent en France au début du XX° siècle, ils seront quarante-cinq mille en 2020, et une petite fille née en 2000 a une chance sur deux de vivre encore en 2100. Forte de ces constatations, Geneviève Briand-Lemercier décide de réunir toutes les conditions pour viser l’immortalité. Après tout elle n’a que 91 ans en cette année 2005, et n’en parait physiquement qu’à peine 70. Elle prend conseil auprès de sa prof de graphologie et d’astrologie transcendantale, qui la prie de « désécrire » plus qu’elle n’écrit, les caractères lui étant nocifs. D’ailleurs c’est étonnant qu’elle soit passée entre les mailles du filet, elle aurait du mourir jeune, de toute évidence. Geneviève s’applique à respecter cette consigne, mais bientôt elle tentera même de la comprendre, et là….

Une splendide réussite que ce roman de Michel Arrivé, qui allie à une histoire solidement plantée de nombreux thèmes sous-jacents : l’enseignement tel qu’il était dispensé au XX° siècle, la grande vieillesse, la linguistique, la naïveté totale et ceux qui en abusent… Le tout avec une plume très agréable et sans aucun pédantisme.

Geneviève est super attachante, et représente un mélange vraiment impayable de gaminerie et de liberté : ses carnets « désécrits » sont une mine, descendez-y !

241 p.

 

* Lu pour la rentrée littéraire Fnac, c'est celui que j’ai préféré (des 5 reçus !)

Les avis de Cathulu, Chimère, et Dominique

24.05.2006

Un peu de science-fiction ?

James LovegroveDays

Editions Bragelonne, 2005

 

Days est un gigastore, probablement le plus beau au monde, (quoi que tout au long du livre entre parenthèses on hésite à ce sujet), en tout cas le premier. Il a vu le jour grâce à la puissance de la volonté de son créateur, Septimus. Pour feu ce dernier, 7 est un chiffre magique, qui assure l'équilibre en toutes choses; Logiquement, il a donc construit son gigastore en fonction de ce chiffre, a eu 7 fils, qui portent chacun le nom du jour de la semaine où ils sont nés, et assurent ensemble sa succession. Le hic c'est qu’eux sont moins convaincus de l'importance du 7, et apportent petit à petit des modifications, qui, pour être mineures, ne mettent pas moins en péril l'édification paternelle. Ainsi, Franck Hubble de la sécurité tactique, va se trouver mêlé de très près à une attaque terroriste toute droite déclenchée par l'inadvertance des 7 frères...

J'ai eu beaucoup de plaisir à faire une incursion dans la science-fiction "soft". En effet, pas de vaisseaux spatiaux et autres noms de planètes imprononçables ici. Juste une vision à peine poussée et néanmoins très caricaturale de notre société de consommation, où la couleur de notre carte bancaire reflète tout notre statut social, où le bonheur c'est d'avoir, de l'avoir plein nos armoires, comme disait Alain. Et ce qui fait particulièrement froid dans le dos, c'est de pouvoir reconnaître certains de nos propres mauvais penchants dans la description précise et détaillée de la fièvre qui s'empare même des plus modestes à l'évocation d'une bonne affaire...

Un très bon roman !

Traduction (GB) de Nenad Savic
318 p.