03.01.2008
C'est un travail de toute une vie de se voir tel qu'on est réellement et même alors on risque de se tromper
Cormac McCarthy - Non, ce pays n'est pas pour le vieil homme

C'est l'histoire d'un gars qui tombe par hasard sur le reste d'une exécution, avec un blessé agonisant parmi de nombreux corps, et qui se taille avec une mallette remplie d'argent. Dans la nuit, tourmenté, il revient sur les lieux avec de l'eau, mais le blessé est mort entre temps, et la drogue qui était dans un des coffres a disparu. Il sait qu'il doit fuir vite et loin. Alors...
C'est un résumé plus que succinct, mais très franchement la chasse à l'homme qui pourrait sembler tenir lieu d'intrigue est plus que secondaire; Cormac McCarthy pourrait nous raconter n'importe quelle histoire, d'ailleurs, on s'en fout, ce qu'il a de réellement remarquable c'est la capacité bluffante de nous plonger en complète intranquillité.
Avec un style sec et cassant, il nous tourneboule jusqu'aux tréfonds de nous-mêmes, nous plonge dans un monde noir où la résignation pèse de toute sa saloperie de force sur nos esprits malléables.
Ce sont pourtant les Etats-Unis dans les années 70, et il n'est pas toujours très clair pour le lecteur d'appréhender la logique des évènements, mais on tremble et on saigne avec le brave shérif en italiques, et on sait très bien, dès les premières pages, qu'on va pouvoir se brosser pour un happy end.
Délicieusement dur, et du genre qui s'imprime en rouge fumant dans la mémoire...
"Il faut très peu de chose pour administrer des braves gens. Très peu. Et les gens malhonnêtes de toute façon on ne peut pas les administrer. Ou si on peut c'est la première nouvelle."
"C'est un beau merdier, n'est-ce pas shérif ?
Si c'en est pas un ça fera l'affaire jusqu'au prochain."
"Il y a deux sortes de gens qui ne posent pas de questions. Les uns sont trop bêtes pour en poser et les autres n'en ont pas besoin."
C'est un résumé plus que succinct, mais très franchement la chasse à l'homme qui pourrait sembler tenir lieu d'intrigue est plus que secondaire; Cormac McCarthy pourrait nous raconter n'importe quelle histoire, d'ailleurs, on s'en fout, ce qu'il a de réellement remarquable c'est la capacité bluffante de nous plonger en complète intranquillité.
Avec un style sec et cassant, il nous tourneboule jusqu'aux tréfonds de nous-mêmes, nous plonge dans un monde noir où la résignation pèse de toute sa saloperie de force sur nos esprits malléables.
Ce sont pourtant les Etats-Unis dans les années 70, et il n'est pas toujours très clair pour le lecteur d'appréhender la logique des évènements, mais on tremble et on saigne avec le brave shérif en italiques, et on sait très bien, dès les premières pages, qu'on va pouvoir se brosser pour un happy end.
Délicieusement dur, et du genre qui s'imprime en rouge fumant dans la mémoire...
"Il faut très peu de chose pour administrer des braves gens. Très peu. Et les gens malhonnêtes de toute façon on ne peut pas les administrer. Ou si on peut c'est la première nouvelle."
"C'est un beau merdier, n'est-ce pas shérif ?
Si c'en est pas un ça fera l'affaire jusqu'au prochain."
"Il y a deux sortes de gens qui ne posent pas de questions. Les uns sont trop bêtes pour en poser et les autres n'en ont pas besoin."
Ed. de l'Olivier, 2006 293 p., 21 €
Traduction (Etats-Unis) par François Hirsch
Les avis éclairés de Maxence Grugier sur Fluctuat.net , de Pascal Gibourg sur Inventaire/Inventions.com, de Julie Coutu sur Chronicart, et de Laurent, qui lui n'a pas aimé.
Sortie du film le 23 Janvier 2008, réalisé par les frères Coen, avec Tommy Lee Jones. Je n'en peux déjà plus d'attendre...
Sortie du film le 23 Janvier 2008, réalisé par les frères Coen, avec Tommy Lee Jones. Je n'en peux déjà plus d'attendre...
Publié dans Livres : J'aime | Lien permanent | Commentaires (17) | Tags : introspection, aride, sec