28.08.2009

Cartes postales de l'enfer - Neil Bissoondath

Avez-vous lu le très joli "Tous ces mondes en elle" de Neil Bissoondath ? Ce roman-ci n'a vraiment rien à voir, en dehors d'être du même auteur (et n'était à l'origine qu'une nouvelle, d'ailleurs).bissoondath.jpeg

Nous sommes au Canada. Trois parties distinctes. Dans la première, le narrateur ne se nomme jamais et même dans sa façon de se raconter, reste neutre et impénétrable ce qui nous le fait ressentir comme extrêmement froid, voire même cliniquement insensible. En réalité c'est juste quelqu'un qui a pour le secret et le cloisonnement un goût très prononcé, voire même pathologique.

Dans la deuxième partie, c'est avec le personnage de Sumintra que nous faisons connaissance. Jeune fille d'origine indienne, elle est écartelée entre ses parents très attachés aux traditions et son amie Kelly qui représente le monde moderne. Sue ne sait pas très bien ce qu'elle veut, quelle direction donner à sa vie.

Et très logiquement dans la troisième partie notre malade du secret rencontre Sue et ils se plaisent. Vont-ils faire plein de petits secrets et vivre heureux très longtemps ?...

Ce n'est clairement pas l'ambiance de ce roman, non ! Ambiance que je serais bien en peine de définir, car elle est assez insaisissable. L'intrigue est bien menée et sait capter le lecteur, la prose ne m'a pas convaincue. En même temps ça reste une histoire très banale, et ce qui nous fait rester ce sont quand même les ruptures de style suffisamment déconcertantes pour donner envie de voir plus loin (oui je suis devenue une vraie normande !).

A tenter par vous-mêmes !

 

Ed. Phébus, août 2009, 217 p.

Traduit de l'anglais (Canada) par Lori Saint-Martin et Paul Gagné

Titre original : The Soul of All Great Designs$

 

Lu également par Cathe.

 

16.08.2008

A Zidane, d'abord

Brigitte Smadja - Le Jour de la finalesmadja.jpg

Marianne a la cinquantaine, elle vit dans une maison qu'elle a laissé se délabrer à Aubervilliers, en région parisienne. Matthias l'a abandonnée, très abruptement, avec ses trois enfants, alors que le petit dernier, Simon, était encore tout jeune, et voici qu'aujourd'hui même Simon se marie.  La tête encore tintante des reproches qu'il lui adressait (au mot près), elle redoute de "le" revoir. Dans un geste spontané, dont elle est coutumière, elle place dans son sac à main une arme chargée. Des envies de meurtre que le temps n'a pas calmées...

Mais c'est aussi le jour de la finale de la coupe du monde de foot, la France est en finale, les gens vibrent depuis le petit matin, et si on réitérait l'exploit, on ne sait jamais. Maurice, le vieux voisin, ami de toujours, Bechir, le patron du bar où ils ont leurs habitudes, Clémence, la fille de Marianne, Fabien, le fils ainé, qui ressemble tant à son père, tous sont différents aujourd'hui. Même les indifférents au foot.

Et Marianne doit traverser ces 24 heures, aller au bout en donnant, aujourd'hui plus que jamais, l'image d'une normalité sereine qui n'a jamais été son fort, elle qui ne tient pas en place, jamais. Il y aura des surprises, mais on finit toujours par pardonner, à Zidane d'abord...

Un roman fort honnête à la fragrance légèrement désenchantée, qui décortique et va gratter dessous, là où on n'a pas soulevé le meuble. L'héroïne est fort sympathique, le petit monde qu'elle nous présente prends corps sous nos yeux et l'épilogue est surprenant : quelques heures en banlieue parisienne...

Ed. Actes Sud, 2008, 174 p., 18 €