26.01.2011
Est-ce que tu n'es pas fatiguée d'avoir toujours les mêmes épaules ?
Et si tu essayais les extensions ?

C'est un temps où les enfants sont achetés sur catalogue : vous me mettrez mes yeux, la bouche de son père et pour tout le reste mettez tout comme tel acteur. Hop, on fabrique. On ajoute une belle interface qui de fait grandit si intimement reliée au cerveau qu'elle en devient un organe à part entière, indissociable. En permanence, elle pousse à la consommation, toujours, elle pallie à tout effort. Pourquoi apprendre, quand toute information se présente d'elle-même en tête, pourquoi discuter quand on peut tchatter en temps réel, pourquoi se toucher quand on peut ressentir en téléchargeant les souvenirs des autres, pourquoi penser, à quoi cela pourrait-il bien servir ?
Titus est un pur adolescent de son temps. Il rencontre Violet, dont les parents ont refusé - dans un premier temps - de subir l'interface. Elle l'a donc eu plus tard, quand elle était déjà une enfant. Trop tard pour que la greffe prenne tout à fait...
Quand le meilleur moment de la soirée consiste à placer le mot "flacon" à bon escient, c'est vraiment le signe que vous prenez du bon temps.
Interface est une histoire d'amour, tragique, déchirante, dans une Amérique moribonde, où tout fait froid dans le dos et où la séduction des choses brillantes (au sens bling bling) et futiles s'exerce malgré tout. Toute la subtilité est là, dans le paradoxe constant d'une attraction aussi tangible que totalement vaine.
Interface - M.T. Anderson
Ed. Gallimard Jeunesse 2004 @ collection Pôle Fiction (poche) 2011, 294 p.
Traduit de l'anglais par Guillaume Fournier
Titre original : Feed (2003)
Lu également par : Cachou (qui l'a trouvé trop manichéen).
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13.10.2010
Flashforward - Robert J. Sawyer
Ecrit en 1999 par Robert J. Sawyer, ce roman est à l'origine de la série dont j'ai déjà parlé, et il en diffère sur bien des points, qu'il serait fastidieux d'énumérer.
Le roman est beaucoup plus profond, mais moins haletant. Le fait que les visions concernent le futur dans 21 ans offre des aspects écartés dans la série, comme la difficulté pour un enfant de 7 ans à comprendre ce que son moi adulte vit, ou la fameuse idée qu'en 2030 les voitures voleront, j'en passe. L'ensemble s'agite énormément autour de notions assez ardues de science et de philosophie, et les rebondissements sont inattendus (par exemple, on évoque la possibilité de recréer volontairement le flashforward, avec toutes les précautions possibles).
Le roman a un vrai épilogue, toute question a une réponse, l'ensemble tient complètement la route et on se demande au final pourquoi les scénaristes de la série se sont embêtés à ajouter des éléments improbables quand la base contenait déjà bien des choses pour gamberger. Pourtant malgré toutes ses qualités le roman n'a pas le charme de la série, on aime souvent les gens et les choses pour leur défauts, étranges êtres que nous sommes...
J'ai beaucoup aimé cette petite pointe d'humour, dans les FW postés sur le site web Mosaïc :
"Indianapolis, Indiana: Please stop sending me email saying that I will be the President of th United States in 2030; it's flooding my mailbox. I know I'll be President - and when I come to power, I will have the IRS audit anyone who tells me again..."
Lu également par Hydromielle.
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13.09.2010
Les fragmentés - Neal Shusterman
Il y eut une guerre civile, qui a débouché sur La Charte de la Vie. Absolument interdit d'attenter à la vie

d'un enfant, de sa conception au jour de son treizième anniversaire. Là, entre 13 et 18 ans, peut intervenir la fragmentation. On utilise alors toutes les parties de son corps pour greffer ceux qui en ont besoin. On ne peut donc plus avorter, mais on peut refuser son enfant. On le dépose alors simplement devant n'importe quelle porte, charge à ceux qui le trouvent de s'en dépatouiller.
Les parents signant l'ordre de fragmentation sont nombreux, pour des raisons diverses. Certains vont même jusqu'à destiner un nouveau-né à la fragmentation, pour "servir" le bien commun, "offrir" des organes à ceux qui en ont besoin. Ces enfants sont des "décimés", élevés dans la louange de leur sacrifice.
Ce roman s'attache à deux figures principales, Connor et Risa, deux fragmentés qui ne vont pas accepter leur sort. Ils croiseront un décimé, qui mènera une route parallèle.
Une fois le décor planté, et l'action lancée (la fuite des 3 adolescents), on regarde le nombre important de pages restantes et on se dit qu'on voit le truc, happy end, ils se cachèrent, connurent moult péripéties et eurent un jour 18 ans, ouf, tranquilles.
Mais pas du tout.
Car il suffit parfois d'une seule personne pour tout changer...
Je ne suis pas plus enthousiaste que ça alors qu'objectivement le roman tient la route. Peut-être est-ce dû à l'écart entre les réactions des personnages et le ton résolument "jeunesse", un petit quelque chose qui grippe les rouages, j'ai du mal à le déterminer. Mais après la première moitié ça s'intensifie, le suspens nous prend, il y a des effets de surprise qui fonctionnent bien.
Pas mal.
Ed. du Masque, 2008, 446 p.
Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Emilie Passerieux
Titre original : Unwind
Merci à Chiffonnette pour le prêt et à Stéphanie pour le relais !
06:00 Publié dans Livres : Pourquoi pas | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : jeunesse, sf |
05.09.2010
Royaume-Désuni - James Lovegrove
L'Angleterre a mal géré la crise économique et s'est retrouvée mise au ban de la communauté
internationale. Le gouvernement a fichu le camp au soleil et les anglais survivent, dans le chaos le plus total. A Londres, des bandes rivales ont pris le contrôle des quartiers et font subir la terreur. En province, selon les endroits, c'est pire encore. Là où vivent Fen et sa femme Moira, il n'y a plus d'eau courante, plus d'électricité, on est revenu à un système de troc. Leur couple se désagrège après une grossesse dramatique. C'est alors que les femmes du village sont enlevées. Sans véritable raison autre que le sens du devoir, Fen entreprend d'aller les récupérer. C'est un long voyage jusque Londres...
Après Days, James Lovegrove signe un second roman tout aussi bon. L'univers SF est consistant et réaliste, une pincée de Fantastique avec la récurrence de l'Homme vert, mais ce sont surtout les personnages qui donnent prise à l'attachement. Fen et Moira se racontent à tour de rôle, et on ne pourrait vivre les choses plus différement. L'alternance de leurs points de vue et expériences entretient un vrai suspens quant à l'issue de cette quête, et on s'en veut presque de trouver nous aussi les compagnons qu'ils rencontrent sur leur route aussi intéressants. Un peu comme si des possibilités d'histoires parallèles s'ouvraient régulièrement, et qu'on était partagés entre revenir à l'objet principal du livre et plonger tout entier dans les nouvelles pistes.
En épilogue on obtient un joli mélange de frustration et d'apaisement. Vivement le troisième roman !
Ed. Bragelonne 2008 & J'ai lu 2010, 595 p.
Traduit de l'anglais par Nenad Savic
Titre original : Untied Kingdom
06:00 Publié dans Livres : J'aime | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : sf, angleterre, londres, id est coliiiiin, james marsters, qui prend tellement bien l'accent anglais, et de là "let me rest in peace", que j'écoute en boucle, love you james |
26.08.2010
Au nord du monde - Marcel Theroux
"Quelque chose a frétillé en moi comme un poisson pris au filet. C'était l'espoir. Même si j'ai tendance à dire du mal des gens et à penser les pires choses sur leur compte, au fond j'attends toujours qu'ils me surprennent. J'ai beau essayer, je n'arrive pas à désespérer du genre humain. Même si à quatre-vingt-dix-neuf pour cent c'est des fumiers, de temps à autre ils sont capables de faire quelque chose d'angélique. Je ne peux pas dire que ça me redonne la foi vu que je ne l'ai jamais vraiment eue, mais c'est toujours déroutant quand ça se produit."

On est en Sibérie, dans le futur. Ces contrées hostiles et loin de tout ont été colonisées par des gens qui souhaitaient revenir à une vie simple et pure et pendant un temps, ça a fonctionné. Mais petit à petit ils ont vu débouler des êtres faméliques et harassés qui sont devenus tellement nombreux que tout a basculé. Il reste une seule personne, qui n'a pas vraiment compris ce qui avait bien pu se passer, et qui vit solitaire dans une ville morte. Un jour passe un avion, espoir total, il existe encore des endroits où on fait voler les avions ... Makepeace entreprend d'aller voir...
Je marche sur des oeufs pour tenir ma langue correctement et laisser toutes les surprises de ce roman intact (même la 4° sait se taire) (et moi je suis hyper bon public, j'ai marché à fond et sursauté et tout). Défini comme une contre-utopie, il nous montre un monde dévasté et nous explique peu à peu comment on en est arrivé là. Il nous offre surtout Makepeace, personnage charismatique et en permanence surprenant.
Il sait éviter les écueils du genre et mêler le western à la survie, évoquer une grande variété de choses différentes (les quakers, les camps soviétiques, les natifs, l'écologie, la foi, la torture, les besoins primaires...). Une fois commencé, on plonge, et on espère très fort que d'autres traductions de Marcel Théroux suivront !
Ed. Plon, 2010, 288 p.
Traduit de l'anglais par Stéphane Roques
Titre orignal : Far North
05:52 Publié dans Livres : J'aime | Lien permanent | Commentaires (17) | Envoyer cette note | Tags : contre-utopie, sf, 1er roman traduit en france, marcel theroux vit à londres, il est romancier et réalisateur de documentaires |
15.08.2010
Alien Earth - Robin Hobb (sous pseudo Megan Lindholm)
Un jour, une voix s'est faite entendre sur la terre, annonçant que l'Homme avait définitivement compromis la planète et que toute vie allait s'éteindre d'ici à 200 ans. Alors, ceux qui le pouvaient ont accepté d'être emmenés à bord de vaisseaux vivants, et de s'inscrire dans une nouvelle vie, très ordonnée, où petit à petit toutes les caractéristiques ont changé.
Aujourd'hui, l'homme a une durée de vie d'environ 200 ans, repousse la puberté jusqu'à la première moitié, conserve un corps d'enfant la majeure partie de sa vie. John et Connie sont des navigants, à ce titre ils passent quantités d'années dans une sorte de sommeil en vol, et n'ont plus aucune attache avec leurs congénères, qu'ils voient vieillir et rétrécir à chacun de leurs passages sur les différentes planètes où on les a assignés tandis qu'eux ne comptabilisent que leurs heures d'éveil.
Leur vaisseau s'appelle Evangeline, c'est sa race qui a sauvé les humains à l'époque. Elle est parasitée par une autre race extra-terrestre, Tug, qui assure une sorte de commandement, distribuant punitions et récompenses. A bord, il y a aussi Raef, terrien de la première fournée qu'Evangeline et Tug ont gardé par curiosité.
Les rôles sont établis une fois pour toutes, c'est Tug qui a le contrôle absolu. Sauf que Connie et John ne sont peut-être pas aussi "adaptés" qu'il pourrait le souhaiter, Raef autre chose qu'un jouet, et surtout Evangeline pourrait bien posséder une intelligence qui n'attendrait qu'une occasion pour évoluer...
Premier roman de science-fiction écrit par Robin Hobb (sous pseudo), Alien Earth n'échappe pas à une certaine nébulosité. Il faut environ 300 pages pour que l'action se mette en place, on a de longues descriptions destinées à étayer l'univers dans lequel on évolue. Néanmoins la plume est toujours efficace, lentement on comprend de mieux en mieux la psychologie de chacun de nos protagonistes et lorsque l'action s'emballe, on a l'impression de faire partie de l'histoire. On redécouvre notre planète en néophyte, on ressent une espèce d'émerveillement et on se laisse complètement emporter, appréciant au passage l'importance des livres et de la littérature dans un futur aussi lointain.
Pas mal du tout pour un premier essai en SF !
Ed. SW-Télémaque, 2006 492 p. (1992 pour la parution en VO), Livre de poche 2008
Traduit de l'américain par Claudine Richetin
13:41 Publié dans Livres : Pourquoi pas | Lien permanent | Commentaires (15) | Envoyer cette note | Tags : sf, space opera, refuser tout carcan |
11.08.2010
Pontesprit - Joe Haldeman
L'action de Pontesprit débute en 2062, l'avenir tel qu'on pouvait se l'imaginer en 1976 (date d'écriture
de ce roman). Par hasard (comme nombre de grandes découvertes), on a découvert la téléportation, exploré grâce à son aide moult planètes et on cherche à en géoformer un maximum, pour obtenir des endroits où vivre en cas de destruction de la Terre.
Lors de sa première mission, le maîtriseur Jacque (sans "s") Lefarge tombe avec son équipe sur une "chose" (vivante) étrange, capable lorsqu'elle est touchée simultanément par deux personnes de les mettre en télépathie totale. Après bien des péripéties, elle pourrait se révéler le dernier espoir contre un ennemi terrifiant...
L'intrigue de ce roman est prenante, l'univers très SF est cohérent et bien mis en place, mais la progression est super alourdie par l'utilisation de différents rapports pour nous indiquer ce qui se passe (journal intime, rapport de cours, de mission, résumés de thèse, biologiques...). Je voulais absolument connaître le fin mot de l'histoire (et il n'est pas décevant) mais j'ai peiné à chercher l'humanité sous les faits.
Bof.
Ed. Denoël 1977 & Folio SF 2004, 297 p.
Traduit de l'américain par Bruno Martin
Titre original : Mindbridge
14:42 Publié dans Livres : Je n'aime pas | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : sf, space opera, assez obscur |
07.08.2010
Le vieil homme et son double - Joe Haldeman
En 1996, John Baird, universitaire spécialiste d'Hemingway rencontre dans un bar Castle, qui lui glisse l'idée de fabriquer un faux manuscrit des nouvelles de jeunesse du grand Ernest. D'abord réticent (il n'a pas une once de malhonnêteté en lui), il trouve des dérivés à cette idée, à visées plus intellectuelles.
Le hic c'est qu'une certaine autorité, supervisant de nombreux univers parallèles, ne peut laisser faire une telle chose : d'une manière pas tout à fait déterminée, elle mettrait en péril la fin du monde de 2006, et ce dans plusieurs réalités.
C'est ainsi que John Baird voit apparaître, après avoir consommé de l'Absinthe, un Hemingway translucide qui le conjure d'abandonner son projet, sous peine de mort. Sauf qu'à chaque fois qu'il est tué, John se réveille dans un monde alternatif, toujours lui-même, mais avec toutes les mémoires de ses différents alter égo....
Ce roman a obtenu les prix Nebula 1990 et Hugo 1991, et on se régale à suivre son intrigue toujours surprenante, qui joue sur différents registres et célèbre Hemingway (ainsi, par exemple, tous les titres de chapitres, sauf le dernier, sont des titres provisoires ou définitifs d'oeuvres d'Hemingway).
L'épilogue donne le tournis, il faut s'accrocher pour suivre d'autant que les glissements dans les univers parallèles se doublent de voyage dans le temps. C'est plein de subtilité, tant au niveau des personnages qui se dévoilent en se modifiant selon les mondes, que dans l'action qui donne envie de tourner férocement les pages. Mais c'est vraiment l'hommage à Hemingway qui emporte la mise et teinte l'ensemble d'une saveur à laquelle je ne sais pas résister.
Folio SF 2002, 239 p.
Traduit de l'américain par Jean-Daniel Brèque
Titre original : The Hemingway Hoax
22:44 Publié dans Livres : Pourquoi pas | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : sf, voyages dans des univers parallèles |
02.08.2010
Le grand livre - Connie Willis

Nous sommes en 2054 et l'homme voyage dans le temps. A Oxford se prépare une expédition au XIV° siècle, contre l'avis du professeur Dunworthy. On connaît trop peu de choses sur cette époque pour y passer incognito, et surtout celui qui supervise ce voyage est un incompétent. Mais Kivrin est fermement décidée à y aller...
Tandis qu'elle se débat dans des difficultés inouïes une fois parvenue à destination, le présent doit faire face à une épidémie...
"Le grand livre" est un grand livre : impossible de le lâcher une fois commencé, son intrigue est de celles qui embarquent à mille lieux de toute autre considération. On tremble avec Kivrin, on s'exalte devant le courage et le dévouement, on se heurte à l'absurdité du monde administratif, on aime ces personnages solides et fiers, parfois involontairement drôles, souvent dramatiques et soutenus par mille petits détails qui semblent d'une véracité totale.
S'y répondent la vie quotidienne au XIV° siècle (et dans une période complètement horrible) et une espèce de futur mal dégrossi, mélange d'immobilisme et de quelques améliorations. Le rythme plutôt lent de l'action accentue l'impression d'immersion. Cela tient à la fois du roman historique (sans rien de mièvre) et du constat social, c'est brillant.
De la science-fiction pleine et entière, que je recommande sans réserves.
Ed. J'ai lu, 1994 703 p.
Traduit de l'américain par Jean-Pierre Pugi
Titre original : Doomsday Book
06:00 Publié dans Livres : J'aime | Lien permanent | Commentaires (26) | Envoyer cette note | Tags : sf, xiv° siècle, et xxi°, voyages dans le temps, formidable |
26.07.2010
De l’autre côté de l’île – Allegra Goodman
Un futur apocalyptique, après un déluge. Une « mère nourricière » qui a repris les choses en main, et qui cherche à tout contrôler, tout diriger, y compris la nature, en plaçant les îles (il n’y a plus de continents) sous une cloche.
Honor a dix ans, et ses parents sont un poil rebelles. Elle éprouve un vif désir de se conformer absolument, et pendant un temps, va s’y efforcer…
Prenant et effrayant, ce roman de pure SF est finalement trop gentil pour son bien. Pas bien grave, en même temps, on s’y plonge avec plaisir ; le monde tel qu’il est décrit est bien fignolé, Mlle Bénédiction le qualifierait « d’excellent, car précis ». On sent malgré tout en permanence qu’il est destiné à la jeunesse.
Ed. Thierry Magnier – 2009, 373 p.
Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Jean Esch
Titre original : The other side of the island
L'avis de SBM.
06:03 Publié dans Livres : Je n'aime pas | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : jeunesse, sf |

