04.10.2011
Elle est désirable, elle est audacieuse, et elle est absolument impitoyable, absolument insensible, incroyablement égoïste, et totalement amorale.
"De la puissance, il y en a chez elle à revendre, dit la directrice. C'est un garçon-fille. C'est une adulte-enfant. Il y a en elle une adolescente qui n'a pas grandi. C'est une naïve rusée. Mais ce n'est pas sa sexualité, en soi, qui a cet effet - c'est nous. C'est nous qui lui attribuons ce pouvoir de destruction."
Je crois bien que c'est le premier roman de Philip Roth que je termine (ne dites rien), j'ai même englouti les 122 pages en une seule bouchée (j'ai bien mâché), et j'ai trouvé ça fort riche.
Simon Axler, 65 ans, est un Grantacteur, qui perd soudain pied. Brusquement, le sens lui échappe, et pire, il se voit en train de jouer à celui qui perd pied. Il est sincère dans la mesure où sa déprime/dépression est réelle, mais même elle lui semble fausse (très jolies pages sur le sujet, d'ailleurs). Quelques temps (et évènements) plus tard, il entame une liaison avec la fille d'un couple de vieux amis, de 25 ans sa cadette, et lesbienne. Leur histoire d'amour est atypique, il voit très bien le danger, mais...
Court roman très sombre, "Le Rabaissement" est efficace par son côté ramassé et sa narration très simple. Cela tient presque du récit clinique (en trois actes), mais on arrive pourtant à prendre quelques claques par une orientation très sexuelle aussi inattendue que brève et qui est bien utilisée.
La 4° de couv évoque la démolition de nos illusions, c'est très bien vu. Simon est plus que crédible, à tous les points de vue, et c'est foutrement flippant.
Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Marie-Claire Pasquier
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