02.03.2011
Le caveau de famille - Katarina Mazetti
La suite du Mec de la tombe d'à-côté ! Enfin ! C'est peu dire que je l'attendais. Trop, faut croire.

Sept ans racontés à tour de rôle, toujours Désirée et Benny, évidemment, plus quelques autres amenés à traverser leur histoire. Des prises de parole courtes, nerveuses, toutes les trois pages on change d'interlocuteur. Ils ne vivent pas heureux séparés, ils sont à des années-lumière ensemble. Rien ne change, et tout change, parce que la vie avance, on se marie, on a des enfants, on essaye tous de faire de notre mieux mais il n'a pas la même forme pour tout le monde.
Désirée à la ferme ? Benny qui ne comprend pas "qu'avant", il y avait sa mère, sa grand-mère et sa tante pour faire tout ce que fait Désirée. Les enfants à qui il arrive malheur. La fatigue, la fatigue, la fatigue.
J'ai eu un peu de mal à "entrer" dans ces pages, mais fort heureusement me suis laissée entraîner au bout d'un moment, parce que ce qu'évoque Katarina Mazetti est assez universel : le rôle de la femme dans un foyer. Les fins de mois fragiles, qu'un rien peuvent totalement déstabiliser. La façon dont on s'éloigne l'un de l'autre imperceptiblement.
Le ton reste vif et l'angle toujours humoristique, il y a toujours ce côté légèrement abrupt, cette société suédoise qui étonne souvent, mais j'ai moins apprécié que le premier tome, n'y trouvant pas complètement mon compte. Benny fait des efforts, oui, mais je l'ai pris en grippe, ça a été plus fort que moi, et j'ai crié "tire-toi, tire-toi, tire-toi" tant que j'ai pu, mais Désirée ne m'a pas entendue. Maintenant si vous avez aimé le premier tome, je ne vois pas comment vous pourriez résister à lire cette suite, de toute façon :)
Ed. Gaïa, 2011, 238 p.
Traduit du suédois par Lena Grumbach
Titre original : Familjegraven
Merci Cathulu ! (Qui est beaucoup plus enthousiaste), Tamara est pile entre nos deux avis,
07:59 Publié dans Livres : Je n'aime pas | Lien permanent | Commentaires (44) | Envoyer cette note | Tags : suède |
13.02.2011
Hors-Service - Solja Krapu
Eva-Lena a 39 ans, est prof de suédois et d'anglais en collège, et triste comme un régime alimentaire :
elle a un grand sens du devoir, n'arrête pas de la ramener tout le temps et à tout propos, elle, elle sait ce qu'il faut faire en toutes circonstances et comment il faut le faire. D'ailleurs sa vie est parfaite, un mari, 3 enfants, une salle de classe attitrée, une belle maison bien entretenue, elle est mince, en bonne santé, pas laide. Elle n'est pas du tout prétentieuse ou grande gueule, juste pas marrante, politiquement correcte des pieds à la tête. Elle ne s'en rend pas du tout compte, d'ailleurs, c'est bien le propre des gens de son espèce. Elle ne s'est jamais interrogée sur la notion de bonheur, ou comme ça en passant, pour se dire que c'était une belle connerie et qu'elle avait bien d'autres choses en tête.
Et, ce vendredi soir, (elle me dirait qu'on ne commence jamais une phrase par "et", tiens) alors qu'elle a commencé à préparer le repas, elle se dit qu'elle a le temps d'aller faire ses photocopies au collège, ça l'avancera pour lundi. Elle part en vélo, fait une course sur le chemin, et le laisse devant le magasin (pas son supermarché habituel) parce qu'il s'est mis à neiger et qu'elle ira plus vite à pied.
La porte du local photocopies se ferme, et ne s'ouvre pas de l'intérieur. Coincée, un vendredi soir, dans le collège désert, sans que personne ne sache où elle est...
Le temps d'un week-end, elle va mettre à plat sa vie, et nous livrer un fort joli portrait d'une suédoise d'un âge moyen. Elle évoque sa seule et unique amie, la fantaisie qu'elle apporte dans sa vie, le calme plat de son mariage, l'enseignement, les élèves...
Des choses qui font gentiment écho dans notre propre quotidien, un ton plutôt désenchanté mais qui se termine sur une note d'espoir.
Juste de bout en bout et fort plaisant à lire.
Ed. Gaïa, 2011, 271 p.
Traduit du suédois par Max Stadler et Lucile Clauss
Titre original : Mogen för Skrubben (2005)
Lu également par : Véronique, Azi-lis, Anna, Agathe, Nathalie, ...
"Il voulait rencontrer des gens heureux. Qui apportaient quelque chose de nouveau à sa vie, qui donnaient plus qu'ils ne prenaient. Qui ne posaient pas d'exigences démesurées. Qui ne se plaignaient pas de mille choses. Qui riaient quand quelqu'un disait quelque chose de drôle."
06:00 Publié dans Livres : Pourquoi pas | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : suède, tiens gaïa a arrêté les pages roses?, dommage, je trouve, ah, et, fashion, elle parle des copies aussi |
24.09.2010
l'Hypnotiseur - Lars Kepler
Lars Kepler est le pseudonyme du couple d'écrivains Alexander et Alexandra Abndoril, ils signent ici ensemble la première enquête de l'inspecteur Joona Linna.
"Sans une véritable volonté de faire carrière, Joona Linna a gravi les échelons. Il apprécie les tâches difficiles et ne renonce jamais. Depuis neuf ans, il est inspecteur principal à la Rikskrim de Kungsholmen. Son insigne est orné d'une couronne royale ainsi que de deux rangées de feuilles de chêne, mais il lui manque la barrette de divisionnaire. Le pouvoir, quelque forme qu'il prenne, ne l'intéresse tout simplement pas et il refuse de rejoindre la Riksmordkommissionen."
Il sait par ailleurs se battre (physiquement), est gentil, et a une certaine tendance à dire deux choses : "Je vous l'avais dit" et "j'avais raison, ou pas ?".
Il est ici aux prises d'une enquête qui se complique au fil des pages. Un psychiatre est réveillé en pleine nuit pour porter secours à un môme dont la famille a été sauvagement assassinée. Il est le seul survivant, dans un état catastrophique. D'abord réticent, Erik (le psy) accepte de l'hypnotiser afin de recueillir n'importe quel indice quant au meurtrier, car une grande soeur manque à l'appel. Cette hypnose va voir de lourdes conséquences, et la vie d'Erik devenir un enfer...
Le tout fonctionne bien et on tourne les pages de plus en plus fébrilement. A titre personnel, j'ai trouvé le long passage sur le passé du psy pénible, et quelque peu incongru après toute la première partie volontairement dirigée dans une autre direction. La suite mêle par contre les deux voies habilement, en ce qui concerne l'avidité à connaître la suite. la résolution de l'affaire n'est pas fluide, dans le sens où plusieurs éléments nous sont révélés à postériori, tout ça manque un poil de liant.
Mais impossible de lâcher ce gros pavé une fois commencé !
Ed. Actes Sud, collection Actes Noirs, 2010, 510 p.
Traduit du suédois par Hege Roel-Rousson et Pascale Rosier
Titre original : Hypnotisören
Lu également par Emeraude,
05:23 Publié dans Livres : J'aime | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : suède, suspens |
04.06.2010
Laisse-moi entrer - John Ajvide Lindqvist
Wow.

Premier roman de John Ajvide Lindqvist, il en a également signé l'adaptation au cinéma (Morse), après des années de prestidigitation et de stand-up.
"Laisse-moi entrer" est un roman de vampires, de la bit-lit mais pas du genre mignonne-polie-jolie-urbaine. Il est question de la Suède des années 80, d'alcoolisme, de paumés, d'un petit garçon extrêmement solitaire et malheureux, brutalisé par les autres, d'adultes qui ne savent pas se gérer, et de leur rencontre avec un vampire. C'est violent, gore, âpre et overprenant. Il y a une espèce de beauté qui sourd de la laideur même, un côté page-turner redoutable. Avec une économie d'effets, on se prend tout en pleine figure et dire qu'on y croit serait bien en-dessous de la réalité : on est physiquement au bord de la nausée, des larmes, de l'émotion.
Ce qui se dégage le plus c'est une infinie tristesse, une désolation qui sonne immensément juste, et qui est ryhtmée par de l'angoisse, de la frousse totale, une pincée de tendresse... Pour ceux qui aiment être déstabilisés et qui n'idéalisent pas les vampires...
Ed. Télémaque, 2010, 547 p.
Traduit du suédois par Carine Bruy
Titre original : Lät den rätte komma in
Mika a aimé également.
"- Nous ne pouvons pas être amis. Juste pour que tu le saches.
Oskar croisa ses bras devant sa poitrine. Il sentait l'étui du couteau sous son blouson sous l'une de ses mains.
- Et pourquoi donc ?
L'un des commissures des lèvres de la fille se releva et dessina une espèce de sourire.
- Est-ce qu'il te faut une raison ? Je te dis simplement les choses telles qu'elles sont. Pour que tu saches.
- Bien, bien.
La fille se retourna et s'éloigna d'Oskar en direction de sa porte.
- Tu crois que je veux qu'on soit amis, alors ? Tu dois vraiment être stupide.
La fille s'arrêta et resta immobile un instant. Puis elle se retourna et revint vers Oskar avant de se planter devant lui. Elle croisa les doigts et laissa ses bras retomber.
- Qu'est-ce que tu as dit ?"
06:00 Publié dans Livres : J'aime | Lien permanent | Commentaires (15) | Envoyer cette note | Tags : premier roman, suède, violent, désespéré, vampires, page-turner |
14.03.2010
Les chaussures italiennes - Henning Mankell
"Les bruits, ici, paraissaient contraints de faire la queue avant d'être autorisés à entrer dans le silence."

Fredrik était chirurgien orthopédique, avant. Un jour, il a commis une grave erreur. alors, il a tout plaqué, pour vivre seul sur une petite île. Douze années passent. Il ne se pardonne pas. Il a soixante-six ans. Il ne met pas à profit son existence solitaire pour réfléchir à sa vie. Une petite silhouette aggripée à un déambulateur sur la glace vient tout changer : c'est Harriett. Ils se sont autrefois aimés, et fidèle à lui-même il l'avait abandonnée sans un mot. Avec elle arrive le temps de la vraie introspection, tout autant que celui d'agir, enfin, l'espace de quelques solstices...
Un roman magnifique et vibrant, tout en retenue et pureté. Des personnages qui explosent de présence, Louise qui croit en un monde où l'on résiste ou Jansson l'hypocondriaque qui peut prédire la météo grâce à ses pouces, de l'entraide, une douceur qui est tout sauf triste, un univers douillet et précieux que l'on quitte à grand regret.
Je ne connaissais pas la plume d'Henning Mankell sous cet aspect, je suis complètement sous le charme.
Ed. Seuil, 2009, 341 p.
Traduit du suédois par Anna Gibson
Titre original : Italienska skor
Un grand merci à Cathulu !
Des avis contrastés : Jostein, Thierry Collet, Calepin, Ma, A propos de livres, Yv, Dominique, ...
08:36 Publié dans Livres : J'aime | Lien permanent | Commentaires (24) | Envoyer cette note | Tags : suède, île, solitude, se racheter, revivre, vieillesse, famille |
08.02.2010
L'écho des morts - Johan Théorin
Nous sommes sur une île, en Suède. Joakim et Katrine viennent de racheter une vieille ferme, Aludden, qu'il retapent peu à peu, un
évènement familial les ayant fait quitter Stockholm. C'est l'hiver, l'ambiance est pesante, il fait très peu jour, le moral est incertain dès le départ. Et puis Katrine se noie. Joakim sombre dans la dépression, tout en tentant de garder le cap pour ses deux enfants. Tilda, jeune policière qui se débat dans une histoire d'amour sans avenir, ne crois pas à la noyade accidentelle. Mais elle a également fort à faire avec une vague de cambriolages qui sévit dans les maisons de l'île. Au-dessus de tout ça plane l'histoire d'Aludden, pleine de morts et de revenants, avec un phare qui ne s'illumine que pour annoncer une mort à venir...
Évacuons tout de suite ce qui fâche : ça n'avance pas. Les circonvolutions sont interminables, on revient en arrière, on fait mine de donner une information pour la recouvrir aussitôt d'insignifiant, on fait durer et durer l'ambiance avant que quelque chose se passe enfin et qu'on comprenne les quelques points obscurs qui avaient été annoncés à grand renfort de redondances.
Par contre ce roman fait peur, oui, si vous aimez les maisons hantées, les planches de Oui-Ja, les bruits dans les murs, alors que la nuit tombe dès 14h30 et que le temps est épouvantable, comme moi vous frissonnerez et irez jusqu'au bout de ces 408 pages.
A tenter.
Ed. Albin Michel, février 2010
Traduit du suédois par Rémi Cassaigne
Titre original : Nattfak
Lu également par : Marie,
06:00 Publié dans Livres : Je n'aime pas | Lien permanent | Commentaires (36) | Envoyer cette note | Tags : suède, île isolée, hiver, revenants, ambiance froide et effrayante |
03.01.2010
L'inconnu du nord - Anna Jansson
C'est une terrible histoire de grippe aviaire. Elle commence par un pigeon, deux, trois pigeons, se transmet à leur éleveur, puis à sa
voisine, puis à leur ami chauffeur de taxi qui la transmet à son tour à ses clients et très vite, vraiment super rapidement, les gens tombent comme des mouches, foudroyés en quelques jours. D'être sur une île pourrait être un atout, contenir l'épidémie, mais c'est un peu la panique au niveau des autorités et on laisse partir quelques personnes, supposées n'avoir eu aucun contact avec un malade. Le plus gros problème, c'est que les médicaments disponibles n'ont aucun effet sur cette grippe, et que la Suède semble bien mal préparée à faire face à un ennemi aussi dangereux...
On aurait déjà eu bien du grain à moudre avec juste cette histoire de grippe, mais on a aussi droit à une machination diabolique, à des meurtres, des histoires d'amour, et le quotidien de quelques personnes pour nous ancrer dans une humanité pleine de détails : c'est trop. En tous les cas, moi, quand la mule est chargée comme ça je n'accroche pas, et je m'esclaffe pour des détails, comme "la fine raie de lumière grise", ouarf ouarf.
Ed. du Toucan, 2009, 431 p.
Traduit du suédois par Carine Bruy
Lu également par Ingrid Barnay, et pas plus apprécié !
08:08 Publié dans Livres : Je n'aime pas | Lien permanent | Commentaires (18) | Envoyer cette note | Tags : suède, grippe aviaire, sombre machination |
19.12.2009
La chambre close - Maj Sjöwall & Per Wahlöö
Ce n'est pas le premier opus de la série mais ce n'est pas grave, c'est un vrai plaisir de découvrir ce duo d'auteurs suédois qui ont été les précurseurs du polar nordique tellement à la mode actuellement. En préface, Michael Connolly nous assure qu'on ne va pas le lâcher et il dit vrai.

Le héros s'appelle Martin Beck, c'est un enquêteur d'une cinquantaine d'années qui reprend le boulot après avoir été salement blessé dans une affaire précédente, et par sa faute, apparemment. Il se sent mal, comme emprisonnée dans sa propre chambre close mentale. L'affaire qu'on lui confie est destinée à une reprise en douceur, de quoi gamberger assis tranquillement à son bureau, le classique cas d'un mort dans une pièce fermée de l'intérieur. En parallèle, ses collègues sont très focalisés sur les hold-up.
Nous sommes dans les années 1970 à Stockholm, et c'est une société totalement inopérante qui nous est décrite. Les policiers sont bêtes à bouffer du foin, occasionnant quelques scènes véritablement burlesques, les habitants n'ont d'autre choix que d'émiger ou de se suicider. Pour ceux qui ne peuvent faire ni l'un ni l'autre, la vie est dure, sombre, injuste.
L'opposition entre l'humour et la noirceur renforce encore l'effet addictif aux pages, et Martin Beck se sort avec brio de tout ceci. Ni un superman ni un bas du front, c'est quelqu'un qui se débat dans une époque, et il est très doux, en sa compagnie, de faire connaissance avec Rhéa.
J'ai hâte de me procurer d'autres enquêtes !
Ed. 10-18 1987 & Payot & Rivages 2009, 413 p.
Traduit du suédois par Philippe Bouquet
Titre original : Det Slutna rummet
13:55 Publié dans Livres : Pourquoi pas | Lien permanent | Commentaires (30) | Envoyer cette note | Tags : suède, les pionniers du polar suédois même, marrant et méchant, et très prenant, ce qui ne gâte rien |
01.11.2009
Hiver - Mons Kallentoft
"Hiver est le premier volume d'une série où chaque titre est articulé à une saison", et il donne clairement envie de lire la suite. Nous faisons ici la connaissance du commissaire Malin Fors. Elle a la trentaine, est mère célibataire d'une ado de quatorze ans (qu'elle présente ainsi : "Les seules fois où Tove s'avise de se lever tôt, c'est juste pour finir un de ces bouquins qu'elle avale avec frénésie. Elle a des goûts assez bizarres pour son âge. Jane Austen. Quelle ado de quatorze ans lirait ce genre de choses à part Tove ?"), a un petit problème avec l'alcool, et surtout, passe sa vie au boulot, dans lequel elle est plutôt brillante.
"Mais ils devaient également suivre d'autres pistes, s'intéresser à chaque indice qui pourrait se révéler important. D'innombrables enquêtes piétinent parce que les policiers se mettent eux-mêmes des bâtons dans les roues en partant avec des idées préconçues, ou pire, en s'entichant de leurs propres théories." Malin explore toutes les pistes, méthodiquement, elle ne se fie pas seulement à son instinct, elle est tenace, voire obsessionnelle.
Nous sommes en plein hiver, en Suède, le froid est terrible, Malin n'a pas un instant à elle entre son enquête (un obèse a été retrouvé, atrocement mutilé et nu, pendu à un arbre), sa relation purement physique avec un journaliste et le copain de sa fille ("Tu ne trouves pas qu'il est mignon ? - Il est bien élevé. - Mais pas trop. - Non, Tove, pas trop. Mais assez pour que tu doives faire attention. Les mieux élevés sont toujours les pires.")
A cette ambiance pesante s'ajoutent les pensées du mort, que l'on entend s'adresser aux enquêteurs...
Un rythme très lent qui met en lumière indistinctement tous les protagonistes, par petits morceaux, très en détails, dans une progression linéaire. On se prend dans les filets de cette ambiance très quotidienne, et on est en pleine empathie avec Malin que l'on a l'impression de bien connaître quand prend fin cette enquête : les secrets de famille dépassent l'imagination.
En cours d'adaptation au cinéma en Suède.
Ed. Le Serpent à Plumes, Collection Roman Noir, novembre 2009, 483 p.
Traduit du suédois par Max Stadler et Lucille Klaus
Titre original : Midvinterblod
17:50 Publié dans Livres : Pourquoi pas | Lien permanent | Commentaires (20) | Envoyer cette note | Tags : suède, glacial, meurtres, secrets de famille, enquêtrice abîmée, très noir |
08.06.2009
La plage - Marie Hermanson
"Il y a des gens qui possèdent la clé de notre âme. Qui peuvent ouvrir des pièces que nous avons toujours eues en nous, mais auxquelles nous n'avons jamais accédé. "
Le roman donne alternativement la parole à deux jeunes femmes, Kristina et Ulrika. Pour la première, on se demande longtemps ce qu'elle vient faire là, quel est son rôle dans cette histoire, et on la raccroche sans arrêts à ceci ou cela, pour finalement ne comprendre que dans les dernières pages, et j'ai toujours adoré me faire berner comme ça.
Mais ce n'est pas du tout là l'intérêt de ce roman, que l'on vit tout entier à travers la vision d'Ulrika, et surtout ses souvenirs d'enfance qu'elle parvient à rendre à la fois incroyablement vivants et tout à fait nébuleux. On se meut comme dans une sorte de brume, comme si c'était nous qui nous souvenions de vives sensations mal intégrées dans une mémoire sélective.
Deux copines d'été, Ulrika et Anne-Marie, la première qui est baba d'admiration devant l'autre, qui aime tout chez elle, y compris sa famille. La brave copine qui est restée encore pas mal enfant (vers les 12-13 ans) alors qu'Anne-Marie est déjà femme et à l'aise dans sa relation aux autres. Celle qui est trop boulotte, incolore, qui est tout le temps là sans qu'on fasse jamais vraiment attention à elle, qui observe et ressent avec force les évènements... Je trouve que tout est d'une justesse implacable.
Un drame se produit, la petite soeur adoptée d'Anne-Marie disparaît pendant trois semaines, puis est retrouvée, comme si rien ne lui était arrivé, comme si elle avait été enlevée par les trolls, enlèvements qui dont devenus le sujet de la thèse d'Ulrika adulte (ethnologue)...
Voilà, ne pas en dire plus, et inviter les gens tentés par ce roman délicat et à la lisière de l'onirique à se le procurer très vite !
Ed. Le Serpent à Plumes, Juin 2009, 318 p.
Traduit du suédois par Max Stadler et Lucile Clauss
Titre original : Musselstranden
06:00 Publié dans Livres : J'aime | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note | Tags : suède, autisme, enfance, fascination |

