24.09.2010
l'Hypnotiseur - Lars Kepler
Lars Kepler est le pseudonyme du couple d'écrivains Alexander et Alexandra Abndoril, ils signent ici ensemble la première enquête de l'inspecteur Joona Linna.
"Sans une véritable volonté de faire carrière, Joona Linna a gravi les échelons. Il apprécie les tâches difficiles et ne renonce jamais. Depuis neuf ans, il est inspecteur principal à la Rikskrim de Kungsholmen. Son insigne est orné d'une couronne royale ainsi que de deux rangées de feuilles de chêne, mais il lui manque la barrette de divisionnaire. Le pouvoir, quelque forme qu'il prenne, ne l'intéresse tout simplement pas et il refuse de rejoindre la Riksmordkommissionen."
Il sait par ailleurs se battre (physiquement), est gentil, et a une certaine tendance à dire deux choses : "Je vous l'avais dit" et "j'avais raison, ou pas ?".
Il est ici aux prises d'une enquête qui se complique au fil des pages. Un psychiatre est réveillé en pleine nuit pour porter secours à un môme dont la famille a été sauvagement assassinée. Il est le seul survivant, dans un état catastrophique. D'abord réticent, Erik (le psy) accepte de l'hypnotiser afin de recueillir n'importe quel indice quant au meurtrier, car une grande soeur manque à l'appel. Cette hypnose va voir de lourdes conséquences, et la vie d'Erik devenir un enfer...
Le tout fonctionne bien et on tourne les pages de plus en plus fébrilement. A titre personnel, j'ai trouvé le long passage sur le passé du psy pénible, et quelque peu incongru après toute la première partie volontairement dirigée dans une autre direction. La suite mêle par contre les deux voies habilement, en ce qui concerne l'avidité à connaître la suite. la résolution de l'affaire n'est pas fluide, dans le sens où plusieurs éléments nous sont révélés à postériori, tout ça manque un poil de liant.
Mais impossible de lâcher ce gros pavé une fois commencé !
Ed. Actes Sud, collection Actes Noirs, 2010, 510 p.
Traduit du suédois par Hege Roel-Rousson et Pascale Rosier
Titre original : Hypnotisören
Lu également par Emeraude,
05:23 Publié dans Livres : J'aime | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : suède, suspens |
03.02.2010
Cadres noirs - Pierre Lemaitre
Troisième roman de Pierre Lemaitre (voir Travail soigné et Robe de marié), ce "Cadres noirs" tient toutes les promesses des deux premiers : c'est bien écrit, on veut absolument connaître la suite, on est baladés, surpris, rivés aux pages.

Alain Delambre a 57 ans. Il était DRH, il en est réduit à cumuler les petits boulots pourris pour tenter d'assurer les traites de l'appartement, il ne leur reste pas grand chose à payer, ce serait dommage de le perdre maintenant. En apparence, sa vie est toujours plutôt réussie. Son couple est heureux, ses filles sont autonomes, il arrive à un âge où ne pas travailler peut sembler normal, il pourrait aller bien malgré ses 4 ans de chômage. Mais en réalité il est au bout du rouleau.
Un matin, le petit chef qui le supervise dans un de ses jobs d'appoint lui met un coup de pied au cul. Il réagit violemment et le frappe. Viré, encore une fois, et la boite semble décidée à porter ça en justice, ça va lui coûter cher. Au même moment, sa candidature est retenue pour un vrai poste dans ses cordes. Il devient prêt à absolument tout pour obtenir le poste, même si sa femme n'est pas d'accord. Au départ, il s'agit juste de se prêter à un simulacre de prise d'otage, dans un de ces jeux de rôle dont sont si friands les dirigeants actuels.
Mais monsieur Delambre comprend vite que les dés restent toujours pipés pour les mêmes, et n'entend pas cette fois laisser passer sa chance...
Ce roman m'a collé aux doigts dès les premières pages : C'est retors et très prenant. J'ai trouvé la première partie, "Avant", très réussie, l'écriture m'a plu immédiatement, la mise en place est très fluide. Exemple :
"Depuis quatre ans qu'on se connaît, forcément, je considère mon conseiller du Pôle emploi comme l'un de mes proches. Il m'a dit récemment, avec une sorte d'admiration dans la voix, que j'étais un exemple. Ce qu'il veut dire, c'est que j'ai renoncé à l'idée de trouver du travail, mais que je n'ai pas renoncé à en chercher. Il croit voir là le signe d'un fort caractère. Je ne veux pas le démentir, il a trente-sept ans et il faut qu'il conserve ses illusions le plus longtemps possible. Mais en fait, je suis plutôt soumis à une sorte de réflexe d'espèce. Chercher du travail, c'est comme travailler, comme je n'ai fait que ça toute ma vie, ça s'est incrusté dans mon système neurovégétatif, quelque chose m'y pousse par nécessité, mais sans projet. Je cherche du travail comme les chiens reniflent les réverbères. Sans illusion, mais c'est plus fort que moi."
Les deux parties suivantes "Pendant" et "Après", pour haletantes qu'elles soient, s'éloignent de cette réussite. Pierre Lemaitre a une imagination de folie, et ses analyses comportementales sont passionnantes, mais il est difficile de réellement suivre Alain Delambre, et on ne sait pas trop comment l'interpréter. Est-il un stratège instinctif ou a-t-il de monstrueux et répétés coups de bol ? on le situe plutôt entre les deux, alors parfois la règle du "plus c'est gros et plus ça passe", justement, ça coince un peu. L'épilogue est un poil longuet, et à mon sens décevant.
Mais qu'importe, "Cadres noirs" est un vrai thriller français de très bonne facture.
Ed. Calmann-levy, fevrier 2010, 350 p.
L'auteur cite en fin d'ouvrage quelques références : je n'en ai vu aucune. On peut soit penser que je suis une grosse truffe inculte, soit considérer que l'immersion dans le suspens a été totale :)
06:02 Publié dans Livres : J'aime | Lien permanent | Commentaires (22) | Envoyer cette note | Tags : thriller français, suspens, page turner |
20.02.2009
Plage de Manaccora, 16h30 - Philippe Jaenada
Vacances : il fait chaud, il fait beau, c'est le bullage intensif et tout le monde est détendu. Lors du petit-déjeuner sur la terrasse (salami et
gorgonzola trempés dans le café) on sent une odeur de barbecue, ça donne envie de merguez... Sauf que c'est le début d'un gigantesque incendie de forêt, et que très vite c'est panique à bord : la mort est partout. La route est coupée, il faut fuir à pied vers la plage, le vent ne cesse de tourner, il faut prendre des décisions, la fumée et les flammes gagnent du terrain.
C'est très fort de parvenir à faire rire tout en soutenant une tension dramatique qui sonne juste. Jaenada y parvient pourtant, et j'ai vraiment ri à deux endroits (l'anecdote sur le plateau de fruits de mer, et l'accident au ski). C'est un roman réussi, qui est à la fois tendre et mordant, léger et plus profond qu'il n'y paraît.
C'est rempli de très jolies déclarations d'amour pour le personnage d'Oum, l'épouse, des célèbres doubles parenthèses (en récession, me semble-t-il), et l'on passe un très bon moment entre ces pages.
Ed. Grasset, 2009, 280 p., 17,90 €
Amanda (merci pour l'envoi !) en parle plus en détails.
06:13 Publié dans Livres : Pourquoi pas | Lien permanent | Commentaires (18) | Envoyer cette note | Tags : jaenadien, bien foutu, drôle, suspens |
14.12.2008
La tendresse des loups - Stef Penney
Ce qui caractérise le plus ce roman, c'est sa puissance d'évocation : pendant quelques heures vous êtes au XIX° siècle, dans les grandes étendues enneigées du Canada, le froid est assassin et les regroupements en communautés épars. A Dove River, ce sont des écossais. Un trappeur français est retrouvé scalpé dans sa cabane, et des représentants de la compagnie arrivent pour élucider le meurtre. L'enquête mènera plusieurs personnes à la découverte d'une communauté religieuse Norvégienne, et surtout chacun à s'interroger sur le sens de sa vie...
C'est un roman riche et foisonnant, où l'on s'attache aux pas d'une multitude de personnes, chacune douée d'un formidable charisme. Madame Ross est le fil conducteur, femme dure, au lourd passé (asile), à la recherche de son fils adoptif, suspecté. Mais chaque être ici mis en scène se révèle bien plus complexe qu'il n'y parait, et sur chacun d'eux flotte une menace immanente et permanente. Le pognon, ce sale moteur, mène encore et toujours la danse finale, mais il est bien chétif face à l'immensité hostile de la nature. Et c'est sans doute ce qui ressort le plus fortement de ces pages que l'on dévore, le décalage entre la petitesse des hommes (au sens propre comme au figuré) et la toute puissance des éléments. Avantage indéniable à ceux qui les respectent...
Le cruel désenchantement des pensées des uns et des autres, la brutale force de vie, et une intrigue solide et nourrie font de ce premier roman (!) un moment très fort de lecture. Je recommande !
Ed. Belfond, 2008, 446 p., 22 €
Traduit de l'anglais (Ecosse) par Pierre Furlan
Titre original : The Tenderness of Wolfes
(Par contre, les loups sont vraiment juste dans le titre, ou une pensée vague omniprésente...)
07:34 Publié dans Livres : J'aime | Lien permanent | Commentaires (30) | Envoyer cette note | Tags : premier roman, canada, 19°, grands froids, indiens, survivre, suspens |
12.11.2008
Les gènes de la violence - Michel de Pracontal
"On ne pensait plus et on ne s'en rendait même pas compte."
Trois mondes bien distincts se tournent autour dans ce roman - Médias, Scientifique, et Policier - chapeautés par le monde politique : cocktail explosif !
Lorsque l'on retrouve des cadavres de jeunes femmes écorchés et auxquels il manque le coeur (l'organe), la France, entraînée par une chaîne de télé hyper trash et l'ensemble des journalistes prend peur; un serial killer à l'américaine sévit dans nos rues, tremblez citoyens. Or il se trouve qu'un scientifique très médiatisé a une théorie : il aurait isolé le gène de la violence, une protéine, et travaillerait à l'élaboration d'un vaccin. Un petit tour dans ses laboratoires nous en apprendra de belles sur les pratiques scientifiques...
Mais c'est Paul Bertillon, un journaliste scientifique du genre vieux de la vieille, qui garde le plus les pieds sur terre. N'hésitant pas à user de méthodes peu orthodoxes, il enquête dans l'ombre, et ce qu'il découvre...
Super bien ficelé, ce thriller se dévore avec un effet suspens en spirale. On est fermement harponné, notant au passage les noms étonnants choisis par l'auteur (Albemuth pour le président de la République ? En emprunt à Jérôme Leroy (le candidat Albemuth) nous dit-il. Je pensais à Philippe K. Dick et me demandais... Witold Gombrowicz est ici un "post-doc" polonais, un des méchants se nomme Lewinsky, un autre Trotsky...). On sent un véritable avis sur les sujets évoqués, une grande maîtrise de la vie politique, mais tout ça se met au service d'une histoire vraiment prenante.
Beaucoup aimé.
Ed. Le Cherche Midi, Collection Neo, 2008, 283 p., 19 €
06:00 Publié dans Livres : J'aime | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : thriller, france, fortement politisé, suspens |
20.07.2008
Que savez-vous du conflit Serbo-croate ?

Brendan et Chloé sont heureux : confortablement installés dans la banlieue de New-York, au milieu d'une nature luxuriante et amicale, ils vaquent chacun à leurs occupations (il est historien et elle illustratrice). Leur fils, Toby, 21 ans, mène de brillantes études pour lesquelles ils économisent, leurs revenus sont assez faibles. Les petites-amies qu'il leur a présentées n'ont jamais déclenché leur enthousiasme, et Salomé, la dernière en date, ne fait pas exception. Chloé ressent même un fort sentiment de rejet immédiat, pressentant une personnalité forte et problématique. Salomé est Croate, réfugiée en Louisiane dans son enfance. Intelligente, sans aucun doute, mais elle dégage un aura dangereux. Seulement Toby est amoureux, vraiment amoureux, et il faudra bien compter avec cette jeune femme et sa famille, qui réserveront leur lot de surprises et de découvertes...
Contrairement à Clarabel, j'ai été bluffée de bout en bout par ce roman qui est hyper prenant. Après une première partie qui nous présente tranquillement chaque personnage, avec ses failles (et elles sont nombreuses !), la deuxième nous plonge dans une histoire beaucoup plus sombre, politiquement et humanitairement. Les personnages et leur mesquinerie s'effacent alors pour laisser toute la place au drame, qui vient nous surprendre même dans leur présent. La narration qui saute de l'un à l'autre, avec un récit entrecroisé donne un rythme nerveux ponctué d'électrochocs qui rend ce roman complètement impossible à lâcher, en évitant brillamment l'écueil des chapitres courts à cliffhangers devenus insupportables dans les thrillers actuels. J'ai été emballée et j'en veux encore !
Ed. Albin Michel, 2008, 323 p., 20 €
Trad. (USA) par Françoise du Sorbier
Titre original : Trespass
15:00 Publié dans Livres : J'aime | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note | Tags : suspens, relations familiales, belle-fille |
19.05.2008
J'ai dépassé les limites, aisément, facilement...

Voici un roman prenant de chez prenant : pas exactement un thriller psychologique, comme annoncé en 4°, même s'il est vrai qu'un suspens oppressant s'intensifie de page en page. C'est plus une tranche de vie, avec un évènement horrible, très chargée d'empathie, qui vient chercher le lecteur et ne le lâche plus.
Nous sommes à Toronto, en compagnie de Célia et de sa fille, Rachel, 9 ans. Il n'y a pas de père dans le paysage, pas plus que de grands-parents, et financièrement c'est la galère : Célia cumule deux petits boulots, en plus de leçons de piano particulières. Elle est souvent obligée d'emmener Rachel au boulot, elles chantent d'ailleurs ensemble à l'occasion dans le bar où elle joue le soir. Heureusement, elle peut compter sur l'aide de son propriétaire, Mika, qui non content de lui prendre un loyer minimum garde Rachel depuis toute petite. Rachel a une particularité, elle est magnifique. Métisse, blonde, elle attire tous les regards et se voit même castée dans la rue. La relation entre la mère et la fille est bonne, fusionnelle, le quotidien forcément difficile malgré tout.
Et puis il y a Ron. Il tient un magasin de réparations en tous genres, et est perturbé depuis toujours. Il traîne aux sorties d'école, on comprendra en le connaissant un peu mieux qu'il n'a rien du pédophile type. Sa tête est un sac de noeuds, des années de boulot pour un psy.
Mais Ron croit Rachel en danger. Pour lui, Célia est une mauvaise mère, et Mika un pervers.
Alors...
C'est un pistolet chargé, ce roman. Page après page, on se fait braquer avec des phrases qui, sorties de leur contexte, ne vous diraient rien, mais qui sont d'une justesse terrifiante. Telle pensée, on connait. Telle autre, on la ressent dans ses tripes. On avance tout doucement, sur des oeufs, on tremble franchement et on se déteste d'oser même adhérer aux explications fournies.
La construction est impeccable, c'est du grand art, il me faut tous les autres romans de Barbara Gowdy, c'est sûr !
Ed. Actes Sud, 2008, 339 p., 22,80 €
Trad. (Canada) par Dominique Hollier
Titre original : Helpless
15:00 Publié dans Livres : J'aime | Lien permanent | Commentaires (17) | Envoyer cette note | Tags : tranche de vie, suspens |
30.03.2007
Du dehors tu es laid, du dedans tu fais peur
Robin Cook – Quelque chose de pourri au royaume d’Angleterre
Payot & Rivages, 2003
Rivages/noir, 2005
C’est l’histoire d’un homme, qui voyait le truc venir, mais qui n’a rien fait. Qui se croyait fort, dur, indestructible. Qui s’était fait virer de son pays en s’opposant un peu trop publiquement à l’homme qui était en train d’en prendre la tête, et qui ruminait son humiliation, en observant de loin la descente aux enfers de l’Angleterre. Dans le petit village italien où il s’était exilé avec sa compagne, il était revenu aux vraies valeurs de la vie, cultivant la terre, faisait travailler son corps. Réfléchissait, aussi, un peu, mais se croyait à l’abri dans son rôle d’observateur extérieur.
Et puis un jour la dictature le rattrape, et le brise.
C’est terrifiant, noir, la progression inéluctable est magistrale, on secoue la tête, incrédules, réveille-toi, réveille-toi, Richard Watt, ça recommence…
Mais il ne nous entend pas.
J’étais où, moi, pour ne pas connaître Robin Cook ? Heureusement que Cécile fait mon éducation (merci, jeune fille)…
Noirceur absolue, maitrise totale de l’écriture : magnifique.
Traduction (GB) de Jean-Paul Gratias
393 p.
15:00 Publié dans Livres : J'aime | Lien permanent | Commentaires (20) | Envoyer cette note | Tags : suspens, implacable |
08.02.2007
Un bébé si bien réglé
Julian Gloag – Chambre d’ombre
Autrement, Collection Diableries, 1996
Ce roman est la parfait illustration d’une citation que j’avais relevée dans Comment j’ai fumé tous mes livres, de Fatma Zohra Zamoum :
«[…] les livres importants, ceux où il advient quelque chose pour la communauté humaine : une singularité, un imaginaire, une subjectivité ou un regard. »
Il y a tout ça dans ce roman, singularité, imaginaire, subjectivité et regard. Parce que l’histoire en elle-même est – malheureusement – assez classique, bien que dramatique. Je ne peux d’ailleurs pas en révéler quoi que ce soit, même le début : ça fait partie du jeu de sentir tout de suite que quelque chose cloche, sans parvenir à mettre le doigt dessus ; de se fourvoyer dans une mauvaise direction, puis d’enfin comprendre la situation et d’assister à la débandade.
Mais la façon de le faire, complètement neutre et détachée, renforce encore l’effet de la situation et au final, on est glacé, déstabilisé et triste, surtout.
La 4° de couv a de jolies phrases pour ne pas en dire trop : « Au centre de ce roman, il y a la silence ; pesant, mais nécessaire pour taire l’impensable. Autour du silence, des personnages qui, tels des pantins, jouent la comédie de la vie. Banalité et folie se côtoient dans un minimalisme que l’auteur pratique avec talent, parce que l’extrême douleur se dit avec des mots de tous les jours. »
Et puis j’aime beaucoup aussi les deux dernières phrases :
« - Ca va aller maintenant…
- C’est vrai ? fit-elle, c’est vrai ? »
Plus ouvert et fermé à la fois, tu meurs.
Traduction (GB) de Henri Yvinec
142 p.
15:00 Publié dans Livres : Pourquoi pas | Lien permanent | Commentaires (17) | Envoyer cette note | Tags : suspens, psychologie |
28.11.2006
Il voulait trouver mieux
Tim Parks – Comment peut-on aimer Roger !
Actes Sud, 1990
Babel
Ce matin, Anna a tué Roger. Elle le lui avait dit, qu’elle le tuerait, mais elle ne voulait pas vraiment le faire. Elle est surprise qu’il soit mort lorsqu’elle a enfoncé le couteau dans son corps. Alors elle enchaîne, vite, vite, les gestes du quotidien, le bébé chez la nourrice, le bureau, la voici à son poste. D’abord faire sa journée de dactylo, elle verra ce soir ce qu’il faut faire.
Et elle nous raconte. Roger. Comme elle l’aimait, elle en était dingue. Folle amoureuse, enchaînée. Et lui l’aimait aussi, à sa façon, la manière d’un sale petit connard arrogant et infatué. Dix fois, elle lui a hurlé de se tirer. Et dix fois elle est allée le rechercher. Et lui discourait, expliquait, interprétait, jugeait, pérorait. Et revenait.
Comment peut-on aimer Roger !
C’est un mystère.
Mais on peut par contre se laisser très facilement happer par ce roman fort intrigant, impeccablement écrit, qui déroule sa langueur dans un nébuleux ennui, et pourtant, captivant.
Alchimie des mots…
Traduction (GB) de Michèle Fourquet
226 p.
15:00 Publié dans Livres : Pourquoi pas | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : suspens |

