06.09.2006

Plongée dans l'humour noir

Brigitte Aubert

La mort des bois
Seuil, 1996

Nooon, rien de rien, non je ne révèlerai rien.
Au niveau de l'intrigue, moins vous en savez, plus vous savourerez.
L’héroïne est pour le moins atypique, paralysée des pieds à la tête, aveugle, muette. Elle peut tout juste acquiescer à ce qu'on lui dit à travers le mouvement de son index, et son monde intérieur n'est pas du tout celui d'une Miss Marple qui utiliserait son immense temps libre à cogiter. Mais alors carrément pas. Elise est une marrante, une jouisseuse, et elle sait parfaitement nous faire entrer à fond dans son enfermement terrible.
Certains moments sont pétrifiants d'angoisse, imaginez-vous totalement perdus ne comprenant rien à ce qui se passe, ne voyant rien, n'ayant pas un odorat particulièrement développé, mais sachant qu'on vous veut du mal... J'avais rarement ressenti la qualité de proie à ce point. Chapeau.
Par contre le dénouement est invraisemblable, trop tiré par les cheveux, c'est dommage, vraiment, parce que tout le reste nous tient en haleine avec virtuosité !

255 p.

 

La mort des neiges
Seuil, 2000

Aie, aie, aie ! Brigitte Aubert a décidé de s'amuser, et produit ici une sorte de pastiche de roman policier, où tout est à grosses, énôôrmes ficelles, et avec l'intonation des  clowns, vous savez, cette accentuation bon enfant qui sonne faux...
Donc Elise part à la neige, comme Martine au zoo, ou Fantômette contre les vampires, non ça c'est Buffy, bref je m'égare... Comme elle, parce que tout est sur ce ton, les pires horreurs sanglantes et gores sur fond de ciel azuré et pur, des morts en veux-tu en voilà, et Elise toujours qui comprend avec un temps de retard, qui comprend surtout qu'elle ne comprend rien, et dialogue dans sa tête avec son psy imaginaire...
Je reconnais que ça se laisse lire avec entrain, j'ai même franchement ri au moment où Elise se croit enfermée seule à double tour et cogne tant et plus son fauteuil contre la porte, paniquée, et entend Yvette lui dire avec lassitude "Pourquoi voulez-vous absolument entrer dans le placard ...?" Mais ceci dit ce n'est clairement pas dans la lignée du premier !

290 p.

 

Ténèbres sur Jacksonville
Seuil, 1994

Des cafards, d'horribles cancrelats dégoûtants, répugnants et doués d'une forme de vie étrange et irrationnelle, une odeur infecte de puanteur immonde, des problèmes, des tas d'ennuis de plus en plus énormes, des gentils, très peu, des méchants, tout plein, et la terreur, l'épouvante qui monte, qui monte et nous prend à la gorge jusqu'au mot final.
Epouvante, donc, Brigitte Aubert varie les genres, mais réussit ici un très honnête roman, tout y est : L'humour, le sens du rythme, les enfants, les péquenauds, le surnaturel...

A ne pas lire seule la nuit.

308 p.

Laurence a beaucoup moins aimé ce dernier !