25.11.2011

To recognize if a man speaks truth, cut his tongue out and feed it to a yellow dog; no dog will eat a liar's tongue.

A Dance With Dragons

Book Five of A Song of Ice and Fire, Harper Voyager 2011, 959 p. de George R.R. Martin

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Merci Fashion pour le prêt. 

Est donc le tome 5 du Trône de Fer, pas encore traduit en français. Pour ceux qui hésiteraient à se lancer en VO, je témoigne que le niveau est vraiment facile, ça se lirait presque plus vite en anglais qu'en traduction, que je ne voulais de toute façon pas attendre puisque ce ne sera plus Jean Sola qui officiera et que moi, c'était sa traduction à lui que j'appréciais.

Globalement, on ne peut pas dire que l'action y progresse beaucoup puisqu'on s'intéresse pendant deux bons tiers du tome aux personnages absents du tome 4 (à qui il arrive tout de même pas mal de choses, rassurez-vous) et que la jonction se fait en fin de volume uniquement. D'autre part, on est toujours dans une mise en place, les éléments prennent position mais LE TRUC, l'action proprement dite n'est toujours pas pour ce tome (c'est frustrant, oui). Cependant il y a UN évènement majeur, celui qu'on n'aurait justement surtout pas voulu voir arriver.

Mais alors pourquoi j'aime ça, le TDF ? Qu'est-ce qui m'a donc rivée aux pages pendant tous ces jours de lecture haletante ? Tentative de décryptage, sans spoiler mais avec une certaine dose de mauvaise foi :

J'aime les répétitions. Oui, moi ça me fait plaisir, dans 1000 pages pleines de personnages aux ramifications complexes, de toujours me voir rappeler que tel chevalier blanc entend tout et voit tout même si on croit qu'il n'est pas là, ou de savoir que tant qu'il n'est pas écrit noir sur blanc "et là il/elle est MORT-décédé-plus jamais-t'en-entendras-parler" on peut espérer, qu'il y aura toujours un truc qui fera que, ah ah, c'était pas définitif.

J'aime le peuple libre. J'aime qu'ils marchent à la testostérone, qu'ils ne reconnaissent que la force et le bon sens pour guide, et que leurs femmes ne soient pas en reste.

J'aime la puissance des scènes. Dans ce tome, il y a une brute sadique absolument monstrueuse, les tortures qu'elles inflige sont hallucinantes, et répétées, nuits agitées consécutives, ouch.

J'aime être émoustillée. Bon, là, pas grand chose à se mettre sous la dent (un peu tout de même), ce n'est clairement pas la tonalité du tome.

J'aime les rencontres hasardeuses. Que dans l'immensité des territoires, celui-là tombe sur l'autre et que ça fasse des étincelles. Et que RR nous cligne de l'oeil  "How strange, to encounter them again half a world away."

J'aime le mélange de créatures extraordinaires aux noms délicieux (aaaah, Wun Weg Wun Dar Wun, "Wun Wun" pour les intimes...) avec de vrais éléments de cirque (type Carnivàle) qui allègent le terrible "winter's coming" toujours présent.

J'aime que ça fonctionne. J'aime être totalement immergée dans les pages, sursauter quand on entend la corne sur le mur, compter les coups, un pour un Ranger de retour, oh non, en voici un deuxième, ce serait alors des Wildlings, y en aura-t-il un troisième, qui annoncerait... On attend, on ne respire plus, on frémit. J'aime avoir les larmes aux yeux devant le comportement impeccable et si courageux d'un vieux, très vieux chevalier qui n'en peut, mais... J'aime pester tant et plus quand deux de mes préférés se retrouvent et repartent en UN QUART DE PAGE, oh, hé, y a moquationnage, là, RR, j'aime juger du fond de mon fauteuil que nan, vraiment, xx tu déconnes total, moi à ta place... J'aime glousser aux réparties de la langue la mieux pendue des sept royaumes, j'aime même, silly me, crier NOOOOOOOoooooooOOOOn page 913.

Par-dessus tout, j'aime les litanies incantatoires, les mélopées, ces petites et grandes choses répétées et répétées. La présentation de Daenerys, le "You know nothing" d'Ygritte, le "Reek, Reek, it rhymes with sneak"..., et ce aussi bien en français qu'en anglais.

The wow of the Night's Watch :

Night gathers, and now my watch begins.

It shall not end until my death.

I shall take no wife, hold no lands, father no children.

I shall wear no crowns and win no glory.

I shall live and die at my post.

I am the sword in the darkness.

I am the watcher on the walls.

I am the fire that burns against the cold, the light that brings the dawn, the horn that wakes the sleepers, the shield that guards the realms of men.

I pledge my life and honor to the Night's Watch, for this night and all the nights to come.

 

La classe. C'est tout.