07.04.2011
Je me suis rappelé cet instant tant de fois que le souvenir est troué
C'est une histoire d'amour, en fait. Absolument pas conventionnelle, douloureuse, hâchée, et qui finit mal. Miam, non ?
Oh que oui.
Si j'en dis plus, si je plante le décor et l'ambiance, je vous gâche toute la lecture, ce serait ballot. Ca se passe à Oxford, au départ. James y entre à la suite de sa soeur, et ses débuts sont chaotiques. La masse de travail à fournir, la difficulté des relations sociales, on comprendra plus tard (à travers la vision qu'a Mark de lui) combien ça a dû être incroyablement difficile pour lui. Et puis arrive Jess, et avec elle, la constitution d'une bande d'amis dans laquelle le reste du monde va s'évaporer. C'est James qui raconte, tout le temps, et il ne s'épargne guère...
Naomi Alderman signe ici un roman extrêmement prenant, très fluide, avec des personnages qui semblent surgir des pages pour occuper physiquement notre espace. C'est ce genre de roman qui n'a pas de pause, qui rend captif et qu'on est obligés de lire d'une traite, non pas en raison d'un quelconque suspens (quoique) mais parce que ça fouille la nature humaine avec une telle précision qu'on veut savoir, encore et encore, où on va et comment et pourquoi.
"Naomi Alderman révèle la perversité cachée derrière les façades impeccables d'Oxford, ce monde faussement exemplaire qui prépare à tout sauf à la réalité", dit la 4° de couv, et c'est exactement ça.
Il était une fois Mark, un être brillant et torturé, comme on en a tous aperçu un, un jour, autour de nous. Il attire la lumière et les insectes, mais il brûle, aussi...
Naomi Alderman - Mauvais genre
Ed. de L'Olivier, 2011, 381 pages que j'ai beaucoup aimées.
Traduction (GB) d'Hélène Papot
Titre original (2010) : The Lessons.